Le retour

J’ai choisi mon domaine d’études, avec en tête, l’idée de me construire une carrière à l’international. Joindre ma passion pour les voyages à ma profession est sans aucun doute mon objectif ultime et, actuellement, je crois avoir posé les premières fondations pour y parvenir. Quand j’ai décidé de mettre en branle mon projet de carrière, je savais pertinemment que j’optais pour une vie de compromis qui affecterait toutes ses sphères – relations, famille, stabilité, etc. –, mais cela me convenait, et me convient toujours parfaitement.

J’avais compris que vivre et travailler à l’étranger c’est partir à la découverte d’un nouvel environnement, faire face à des défis stimulants qui sont propres à une culture, un bel exercice de connaissance de soi, une tonne d’opportunités, des rencontres – genre a lot – incroyables, mettre à profit ses connaissances/compétences et un apprentissage continu.

Mais que c’était aussi d’innombrables appels Skype et Facetime, un réseau WiFi pas fiable pour 5 cents, des anniversaires manqués, dire au revoir aux traditions du Temps des Fêtes et hello aux nouvelles, des évènements marquants auxquels tu n’assisteras pas aka la première grossesse dans la famille, l’annonce de maladies, un intérêt insoupçonné pour la fluctuation du dollar (parce que t’es payé en canadien et que tu vis en US – abomination) et des moments de solitude où tu ne peux t’empêcher de t’ennuyer de ton monde ou de ton chien.

Je me suis préparée et conditionnée à cette réalité tout au long de mes études. Mon passage de trois mois en Haïti pour terminer ma maîtrise en fut un bel exercice. Ce que j’avais négligé, et je crois que je n’aurais pas nécessairement pu m’y souscrire, c’est le choc du retour.

Avec la date de mon départ du Panama qui approche à grands pas, je réalise que je commence à stresser. Probablement parce que je quitte un quotidien que j’ai mis tant d’efforts à construire, un pays dans lequel je me sens bien, des individus qui ont fait partie de ma vie pendant 6 mois et un mandat que j’adore. Mais surtout, parce que j’anticipe le foutu choc.

Et je sais qu’il va y en avoir un. C’est indéniable : je reviens au froid, de retour – après 6 ans à voler de mes propres ailes – chez mes parents (juste ça, c’est assez pour un choc anaphylactique), célibataire et à la recherche d’un nouvel emploi. So let’s face itit will happen.

Étant consciente de ma réalité, j’essaie de ne pas trop y penser pour ne pas gâcher mes derniers moments à l’étranger. Et quand ça me rentrera dedans, je sais que je vais pouvoir compter sur mes amies et ma famille. Après tout, ce qui m’attend est normal… I’m coming home!

E. qui stresse à essayer de ne pas stresser.

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