Ma vie virtuelle


ÉTATS D'ÂME, x / jeudi, mars 17th, 2016

Je te mens. Je te mens quand je te dis que je ne veux pas de relation. Que j’suis “bien toute seule”, que ça ne me dérange pas. OK attend. Je suis bien toute seule dans le sens où mon bonheur ne dépend pas d’un homme ou d’une relation. Être en couple pour ne pas être seule, avec n’importe qui, n’importe comment, je préfère de loin être seule. Mais on ne se cachera pas qu’à deux c’est mieux, mieux que toute seule.

Partager les choses qu’on aime avec quelqu’un qui nous comprend, qui nous complète, qui nous aime, quoi demander de plus ? On dira bien ce qu’on voudra, même quand on pense qu’un gars swipe sur Tinder plus vite que son ombre pour se trouver des douces d’un soir, secrètement, il cherche la fille qui va lui faire battre le cœur, pas durcir la…vous avez compris.

Même chose pour la fille qui passe son temps à updater ses profils dans l’espoir qu’un prince charmant la sauve à coup de likes. Parce que des belles filles y’en a. Passe une soirée à regarder les suggestions d’amis Facebook et des chicks, tu vas en voir. Et là, tu te dis que tu ne peux pas rivaliser avec la fille qui fait des compétitions de fitness trop en shape pour la ligue, ou la barmaid un peu trop refaite mais qui attire l’attention avec ses attributs généreux. Tu es juste une belle fille parmi tant d’autres.

Parce que oui, crois-le ou non, tu es belle. Pis oui, ça compte le physique, l’apparence, le paraître. Dis-moi que je suis superficielle, mais la première chose que tu te dis quand tu croises quelqu’un, ce n’est certainement pas “Ayoye, as-tu vu le gars là-bas ? Y’a l’air trop drôle pis gentil”.

Bref, tout ça pour dire que de la pression, tu t’en mets fille. Tu veux donc être aussi belle qu’une, autant en shape que l’autre, que tu oublis qui tu es. Fille, si tu es trop occupée à essayer d’avoir l’air d’une inconnue au profil attirant, tu passes à côté de bien des choses. Parce que, it’s like this, ce n’est pas parce que la belle fille en question a 215 likes sur une photo de son café (pis toi tu es pas capable d’en avoir 30 sur ta photo de profil), que cette fille-là est mieux que toi.Parce que toi, ce qui va te différencier de toutes les belles filles, c’est ta personnalité, ton humour, tes petites manies, la façon que tu ris quand tu es fatiguée, les conneries que tu dis quand tu as bu un verre (ou une bouteille) de trop.

Ce que j’essaie de te dire, c’est qu’au fond, on se préoccupe des mauvaises affaires. Si je me permets de te dire ça, c’est que j’ai déjà été cette fille-là. Celle qui veut bien paraître pour attirer le bon. Comme si une photo de profil Facebook allait faire le travail pour moi.

Un jour, j’ai décidé qu’au lieu d’entretenir mon profil, j’allais entretenir ma personne, la vraie, celle que tu croises dans un bar, dans la rue, au party d’un tel. Ça n’a pas été facile, je te le dis. J’ai même eu des sueurs froides. Eille, si je lâche Facebook et Instagram un peu, je serai plus dans la game. Est-ce qu’on va m’oublier ?

Ben non, le monde qui t’aime réellement, tu sais tes AMIS, pas tes followers, eux ils ne t’oublieront pas. Ils vont probablement t’apprécier plus. Ta face se photoshop, ta personnalité se fake bien derrière ton écran de Macbook Pro. Sauf que le vrai test, celui où tu dois t’assoir en face de quelqu’un et lui parler, lui, il est sans pitié. Ce test-là va bien au-delà des conversations futiles que tu as avec le beau Max du gym qui t’écris une fois aux trois jours entre deux leg day pour te demander si tu vas clubber samedi au nouveau bar sur St-Laurent.

Traite-moi d’hypocrite. Vas-y, fais toi plaisir. Guilty as charged. J’ai déjà, et encore de temps à autre, j’entretiens ce genre de conversations vides pour boucher un trou un petit mardi soir avec un gars qui m’intéresse plus ou moins juste pour parler. “Pis, ta journée ?” –Ah pas pire, là j’suis ben brulé tsé. Toi ? “Pareil là, p’tit gym et là j’écoute Netflix” Et puis silence. Le son du clavier ne se fait plus entendre.Chaque claquement de clavier est tombé au combat. On abandonne la mission, manque d’intérêt en vue capitaine.

Ce que j’essaie de dire, c’est que notre petite vie virtuelle confortable ne nous rend pas service. Au contraire, elle nous nuit.

L.

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