Vouloir la perfection

Ce désir de vouloir réussir tout le temps dans tout, de performer et d’exceller, cette intention de vouloir constamment plaire physiquement et psychologiquement, cette peur de l’échec et du sentiment de honte qui l’accompagne, ce besoin d’être reconnu par ses pairs… Je ne sais pas pour vous, mais moi, ils me pèsent. Malgré tout, j’aspirais constamment, en m’infligeant une pression incroyable, à la perfection.

Le problème, c’est que tout le monde a sa propre définition de la perfection. Alors comment, dans cette quête que je me suis imposée, suis-je supposée réussir à l’atteindre ? La réponse est simple : c’est impossible.

Nous sommes tous parfaitement imparfaits. C’est ce qui nous rend uniques et qui nous permet de reconnaître et d’admirer, sans les envier, les forces de ceux et celles qui nous entourent. Malheureusement, cette réponse que l’on me donne trop souvent, ne me satisfait que depuis peu. Parce qu’avec ma tête de cochon et ma détermination, j’ai persisté pendant trop longtemps à vouloir être parfaite.

Et c’est exactement avec une mentalité comme celle que je prônais que nous nous perdons. Parce qu’à vouloir plaire à tout prix, nous nous construisons en fonction de ceux qui nous entourent. Nous réussissons à nous convaincre que toutes ces choses qui rendent les autres heureux, vont nous rendre par le fait même heureuses.

Alors, nous multiplions nos efforts pour combler les attentes irréalistes que nous nous sommes fixées. Nous devenons le reflet des perceptions que les autres ont de nous. Et lorsque nous osons enfin nous arrêter et nous regarder réellement, nous sommes insatisfaites et épuisées.

À un moment ou à un autre, ça nous frappe. L’évitement n’est plus envisageable. Pour moi, ça a été un événement, aucunement tragique, qui m’a fait réalisé que même si je m’évertuais à donner tout ce que j’avais, à essayer de satisfaire toutes les parties impliquées et que j’étais certaine d’avoir été flawless dans le processus, hé ben, l’objectif pour lequel j’ai tant travaillé n’avais pas été atteint.

Je ne comprenais pas pourquoi d’ailleurs. J’ai fait une introspection dont la conclusion s’est appliquée à toute les sphères de ma vie.

La conclusion : Essayer, sans compromis, de me plaire à moi-même, avant de vouloir plaire aux autres. Parce qu’au fond, la seule opinion qui devrait m’importer, c’est celle que j’ai de moi-même. Arrêter de me mentir et tenter plutôt de rester fidèle à la personne que je suis réellement.

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Source photo – Pinterest

Au final, je n’ai pas besoin d’être plus – plus belle, plus féminine, plus fine, plus intelligente, plus mince, plus carriériste, etc. – parce que je suis amplement suffisante. Et si je m’aime telle que je suis, les gens qui m’entourent m’aimeront aussi.

Vivre Wabi-Sabi* c’est difficile, mais contrairement à la perfection, ce n’est pas impossible.

 « Have no fear of perfection, you will never reach it » – Salvador Dali

E.

*Japanese for a way of living that focuses on finding beauty within the imperfections of life and accepting peacefully the natural cycle of growth and decay.  

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