Reconnaître ses limites


ÉTATS D'ÂME, DÉVELOPPEMENT, x / mardi, avril 19th, 2016

En 2008, après avoir vécu un évènement terriblement douloureux, mon moyen de protection a été de me lancer dans un maximum de projets pour m’occuper. Je carburais à la nouveauté, je me saoulais d’adrénaline. J’enfilais défi après défi après défi.

Ma famille, mes amis et mes proches me répétaient souvent que j’en faisais trop, beaucoup trop. On me disait : « je ne sais pas comment tu fais pour en faire autant. » Parfois, certains s’exclamaient un « je t’admire » par ci ou un « j’aimerais faire comme toi » par là. Et moi, je me disais que c’était juste normal, que j’étais occupée et que c’était ça, la vie.

Et ça, j’en étais persuadée. Oui, parce qu’après 8 ans à s’étourdir, à courir dans tous les sens et à se diviser en 1000… eh bien tu finis par te persuader que c’est vraiment ça la vie. Tu oublies carrément que ta vie est la résultante de TES choix. Alors je continuais. J’arrivais même à me convaincre que mes motivations à poursuivre étaient internes, alors qu’elles ne l’étaient pas toujours.

Je voulais tout faire et tout faire à la perfection. Mais s’investir à fond dans une sphère implique irrémédiablement que d’autres en souffrent. Somme toute, ça a fonctionné durant des années et je me suis investie dans de magnifiques projets qui m’ont fait grandir et qui m’ont beaucoup appris. Jusqu’au jour où j’ai atteint MA limite.

Petit à petit, j’ai commencé à sentir que j’avais moins envie de faire certaines choses. Pas que je faisais les choses de reculons, non, mais que mon cœur y était moins. J’étais sans cesse fatiguée, j’avais moins de concentration au boulot et dans la rédaction de mon mémoire, je faisais de l’hyperactivité mentale accompagnée de périodes d’insomnie, je me blessais fréquemment en pratiquant mon sport et je ne récupérais plus, etc.

Ce sont ces petits signaux qui, jour après jour, m’ont mis la puce à l’oreille et qui m’ont fait comprendre ce qui n’allait pas. J’avais étouffé mes besoins, défoncé mes limitesj’étais épuisée et j’avais la motivation fracturée. Alors, j’ai décidé que ça en était trop, que je ne voulais plus exiger autant de moi et que j’avais des limites moi aussi, comme tout le monde… like a human.

Ce jour-là, j’ai décidé de faire confiance à mon intuition, de me connecter à ma petite voix intérieure et de me laisser guider par ce que j’avais réellement envie de faire. J’ai décidé que je ferais les choses pour moi et non dans le but de plaire à des exigences ou de répondre à des standards de performances. J’ai décidé que je me lèverais le matin et que je prendrais tranquillement mon café en me demandant tout simplement: aujourd’hui t’as l’goût de quoi ? Ce jour-là, je me suis fait la promesse d’y aller au jour le jour.

Je ne vous cacherai pas que le premier mois a été difficile. Je n’avais ni envie de bouger, ni envie de sortir de chez moi. Non, j’avais envie de me reposer, de ne rien faire. C’est comme si, à force d’avoir tenu mon corps à bout de bras durant tout ce temps, la fatigue et le surmenage m’étaient tombés dessus comme  la bombe, sur Hiroshima. BAM

J’ai comme on dit, brulé la chandelle par les deux bouts. Et franchement, après 8 ans, ce n’est pas facile d’apprendre à faire autrement ou même de reconnaitre un potentiel risque de rechute. Cette semaine encore, ma sœur, triathlète amateur et athlète admirable, me demandait quand j’allais décider de faire mon premier demi-Ironman. J’avoue y avoir pensé… cool, un nouveau défi! Et là, ma petite voix intérieure a surgi et m’a soufflé à l’oreille : “Attends un peu toi là, oublie pas la promesse que l’on s’est fait ! ”.

Je suis de celles qui croient fermement que derrière chaque expérience se cache un apprentissage. J’ai donc tout mis en place pour que 2016 soit différente. J’ai décidé que cette nouvelle année serait basée sur l’intuition et que j’avancerais au rythme qui me plairait. Jusqu’à maintenant, je respecte mon engagement et ça me rapporte drôlement bien.

J’ai le vent dans les voiles et je regarde vers l’avant…

Ma.

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Une réponse à « Reconnaître ses limites »

  1. Tellement touchant ton texte et tellement parlant pour une ex-hyper-active comme toi ;) On s’en remet, mais on reste fragiles hen! On devrait se partir un groupe de H.A (Hyperactives Anonymes).
    J’essai chaque jour de vivre sans jugement (envers moi) et d’observer, reconnaitre, laisser aller (principes du yoga). Je trouve cela super de lire que je ne suis pas seule et je crois sincèrement qu’on tend chaque jour un peu plus vers une forme plus pure de bonheur, t-k plus saine pour ma part!
    Merci Martine :)

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