Être perfectionniste à deux

Plus j’y pense et plus cette obsession des choses bien placées, organisées, catégorisées, classées par couleur ou par ordre alphabétique me vient de loin. Même de très loin. À part le fait que tout me prend plus de temps qu’aux autres, c’est ben le fun quand je cherche quelque chose ; je ne le cherche pas longtemps. Sauf que ça va beaucoup plus loin que ça.

J’ai toujours été convaincue que rien ne presse niveau relation amoureuse et en effet, à 25 ans, il n’y a pas grand-chose qui presse. Sauf que quand même, c’est le fun de pouvoir partager ses plus beaux moments et ses projets avec quelqu’un.

Parlant de partager sa vie avec quelqu’un, ça ne m’était jamais arrivé avant il y a tout juste un an, quand monsieur et moi sommes emménagés ensemble. Jusque-là tout va bien. Pas que ça se passe mal, au contraire, mais ça se complique.

L’image que nous nous faisions sur le fait de vivre à deux est bien différente de la réalité. Il s’avère que ce qui m’inquiétait le plus se déroule merveilleusement bien et que ce qui ne m’avait pas effleuré l’ombre de l’esprit est tout un ajustement. Vivre à deux implique aussi d’apprendre à s’auto-connaître (j’ai appris ça aussi). Aïe aïe aïe ! Je ne l’avais pas vu venir celle-là.

Faire les boîtes de mon ancien appartement aurait dû me sonner une cloche. On ne s’entendait pas du tout sur comment il fallait faire et j’ai donc fini par les faire toute seule. Une fois déménagés, il faut depackter : ranger la vaisselle, les vêtements, placer les meubles, la déco, choisir la peinture, etc.

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Source photo – Pinterest

Là était le vrai défi. Construire notre nid était soudainement devenu pas mal moins romantique et parfait que dans mon imaginaire ! Rien ne faisait jamais et c’était frustrant : j’étais frustrée, monsieur était frustré ! Résultat, ça nous a pris pas mal plus de temps que prévu pour s’installer.

Ça a passé et on est redevenus heureux.

Toutefois, mon habitude de refermer toutes les portes/tiroirs de la maison, d’un frigo bien rangé avec chaque chose à sa place, est doucement devenu une obsession. Il me semble que je passe mon temps à enlever le ketchup (qui n’est pas loin d’être la deuxième blonde de mon chum) d‘avec les confitures, pour le remettre avec la mayo et la moutarde. Vous me direz qu’il y a pire que ça dans la vie. Et vous avez parfaitement raison.

En vivant à deux, je me suis découvert un trouble obsessionnel compulsif. Le trouble de la perfection ! Ça semble banal, mais étant jeune, ma mère était comme ça et je ne pouvais pas l’endurer. Je comprends aujourd’hui que ça frôle l’incontrôlable ! Props à monsieur qui vit avec ça tous les jours et moi qui essaie un peu le laisser aller, ça fait du bien à tout le monde.

Dans le fond, est-ce que c’est si grave que tout ne soit pas toujours parfait ? Je me dis que ma vision du parfait n’est pas celle de tout le monde et que je passe le test haut la main.

 A.

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