Ce qui se passe dans ma tête : Les troubles alimentaires au masculin et féminin – Partie 2


ÉTATS D'ÂME, DÉVELOPPEMENT, Personnel, x / mardi, juin 28th, 2016

« J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé. » Voltaire

 * * *

Partie 2 : Le quotidien de l’espoir

Ici, vous ne trouverez pas de photographies. Je ne veux pas créer un instant de gloire à des gens qui essaient de sauver leur vie. Certains noms sont véridiques, d’autres non, mais l’histoire de ces gens est réelle. Ce sont des gens de tous les jours, qu’on croise dans la rue. C’est aussi mon histoire décortiquée en deux volets ; les causes du problème et la bataille au quotidien avec l’espoir de s’en sortir.


6f7882b226cdb4b8d3ea4acc31a05a0b

Source photo – Pinterest

-Karolanne, 23 ans. 

Sortir entre amies, pour aller se rassembler socialement autour d’une bouffe, c’est inimaginable. Prendre un cornet de crème glacée engendre tout un processus destructeur. Tu te sens tellement coupable que tu prends sept laxatifs et que tu fais une séance de trois heures de sport intense.

Aussi, lors d’un gros choc émotionnel, comme une rupture amoureuse, elle ingurgite une grande quantité de nourriture pour ensuite se purger. « Je ressens un grand soulagement après ça. Je sais que ce n’est pas bien, mais mon anxiété tombe. » Mais, prendre une grande quantité de malbouffe, ça fait engraisser. Vomir, apporte un sentiment immédiat de soulagement, mais ne vide pas tout le corps des calories ingurgitées. C’est là que la privation s’enclenche. Le calcul des calories. Des laxatifs. Du sport en quantité extrême. Une roue qui ne se termine jamais.

Malgré tout, apprendre à vivre, en santé, avec ça, c’est possible. Ça demande du travail toutes les minutes. Des échecs. De grandes joies. Apprendre à vivre au jour le jour. S’abandonner à la vie. Voir des experts. De toutes sortes, pour t’appuyer, sans te juger. Changer de routine. Éliminer les sources de stress. Changer de carrière pour ne plus être avec le superficiel et les paroles malsaines des clientes. Mais, surtout, en parler. Faire sortir ses émotions. Les vomir en paroles, au lieu d’utiliser les gestes fatidiques… Une femme pleine d’espoir et pleine de volonté de s’en sortir. Et de s’aimer. Malgré tout…

bb54f90ffe781c141649935be38f5b13.jpg

Source photo – Pinterest

 -Simon, 29 ans. (Nom fictif)

Débuter un cycle, dont la durée qui change d’une personne à l’autre. S’injecter le produit dans une masse graisseuse, pour ne pas se blesser. Environ 5 ml au début. Ça augmente avec le temps. Aux deux jours pendant, trois, cinq semaines, même plus. Une somme faramineuse dépensée à long terme. 50-60 $ pour 10 ml d’un produit. Voir son corps changer instantanément. Une montée d’énergie. Les muscles qui grossissent tout de suite après l’injection. Un gain de poids qui se fait rapidement. Qui peut aller jusqu’à 20 livres en moins d’un mois. Changer de poids, en muscle. Grossir encore et encore. Libido décuplée. Bonheur masculin, malgré que le corps change aussi en mal.

Apparition de boutons. Plus de pilosité. Une plus grosse mâchoire. De l’agressivité. Une incapacité à bander après le processus d’injection. Des dépressions. Prendre d’autres produits du marché noir pour se faire un ménage interne. Un restart. Des complications avec le temps. Des problèmes aux reins. Des problèmes de cholestérol. Au cœur. Des crises cardiaques. Une tuerie des spermatozoïdes, alors la procréation devient impossible.

Et, il y a aussi les hormones de croissance. Pour ceux qui sont une coche plus haute dans leur problème.

« Si le prix était moins élevé, c’est certain que j’en aurais pris. Ça augmente la grosseur de tes os. Tu deviens encore plus gros. Mais, ça, c’est vraiment dangereux parce que tes os grossissent, mais pas tes organes. Tout pompe plus, pis à un moment donné, c’est certain que ça va lâcher. » 

Simon est conscient que tout ce qu’il fait peut avoir des conséquences sur son avenir, mais il n’a qu’une vie à vivre. Il veut la vivre avec ce qui le rend heureux. Il s’est promis qu’il en avait terminé avec l’utilisation des stéroïdes. Il a fait son dernier traitement deux semaines avant notre rencontre. C’est la fin pour lui. Il se le souhaite. Il veut contrôler son désir d’être plus gros. Continuer de s’entrainer ardemment, mais sans les produits de contrebande. Sans le chimique.

 -Vanessa, 26 ans.

Maintenant, je sais que ce problème est derrière moi, non sans une bataille quotidienne pour ne pas replonger, mais quand même, j’ai dû aller chercher l’aide nécessaire pour défaire ces patterns destructeurs. Psychologue, médecins, changement d’alimentation, de nouveaux buts, de la médication pour l’anxiété/dépression, un ménage dans mes amis… Une restructuration de ma vie entière.

Depuis, je peux affirmer que je suis la personne la plus heureuse au monde. Je n’ai plus peur d’être moi-même, malgré que je ne suis pas comme la masse. Je vais encore et toujours à contre-courant, en créant mes petits bonheurs.

b4fb0fd81feba670239daf87f97e651b.jpg

Source photo – Pinterest

Ce texte n’est pas là pour décourager les gens qui souffrent de maladie mentale concernant la nourriture, mais pour montrer des faits, qu’il y a des êtres qui souffrent, qui sont conscients de tout, mais qui luttent pour s’en sortir, à leur manière. Qu’ils ne sont pas fous, mais souffrant. Et surtout, qu’il est possible de s’en sortir. La pression reste toujours là, mais les conseils des experts font que guérir n’est plus une option. C’est une nécessité.

Être heureux, malgré tout.

V.

Publicités

Une réponse à « Ce qui se passe dans ma tête : Les troubles alimentaires au masculin et féminin – Partie 2 »

Laisser un commentaire