Bye bye Lou.


ÉTATS D'ÂME, x / lundi, juillet 4th, 2016

“C’est vrai qu’on a un peu pâlît comme les néons d’une centre d’achat”* Bye bye Lou.

Un matin de décembre, je me suis réveillée et j’avais 25 ans. Je me suis longuement regardée dans le miroir pour constater, à ma grande surprise, que rien n’avait changé : Still fresh to death.Sauf peut-être une sagesse nouvellement acquise, “l’expérience qui rentre” comme dirait mon père.

J’ai fini l’université, j’ai un travail que j’aime (oui, c’est possible), une famille et des amis hors pair et je suis heureuse. J’ai confiance en moi, pour de vrai là. Life is good !

Mon quart de siècle commence en force, merci la vie. Pour couronner le tout, un jeune homme entre dans ma vie et je tombe amoureuse, The Notebook style. Lui aussi. J’ai un chum, Yeees !

Pendant quelques mois, je me sens invincible. L’amour donne des ailes et je vole. Rien ne me ferait dévier de ma trajectoire et les bons moments s’accumulent pour faire place à un confort indescriptible.

Mais un après midi d’été, le verdict tombe : Je te laisse, désolé. À ce moment là, je réalise que pour les prochains jours, il fera nuageux avec de fortes probabilités d’averses sans possibilité de percées de soleil. Il mouille sur mon paradis et lui se pousse en pleine tempête. Peureux.

Comment peut-on finir si brusquement, sans avertissements, une relation qui allait vraiment bien ? On pense et on se questionne pour finalement n’y rien comprendre. On est encore plus mêlée, moins que lui quand même, mais reste qu’on est comme WTF ? Et un matin, je me suis réveillé, comme le matin de mes 25 ans, et je me suis longuement regardée dans le miroir. Rien n’avait changé. La vie est encore tout aussi belle, mais différente, simplement. Still fresh to death.

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Source photo – Unsplash

Mais la réalité s’installe petit à petit malgré tout et chaque jour la peine fait place à la frustration. Tu comprends alors que les maîtres de l’illusion aiment se donner en spectacle, mais ne restent jamais bien longtemps après leurs rappels. Ils préfèrent aller se reposer avant leurs prochaines représentations.

Peut-être que je devrais, moi aussi, me livrer à une nouvelle audience ? Je pourrais sortir tous les soirs et chasser le gros gibier, boire pour me givrer l’esprit, le temps d’oublier de penser. Mais éviter de faire face à nos problèmes, c’est vraiment 2006. Je pourrais aussi coucher avec un et l’autre pour me valoriser un peu, pour me prouver que je vaux encore quelque chose. Aweille donc une petite baise pour se remonter l’estime !

Mais je laisse ça à ceux qui n’ont pas encore compris. Je laisse ça à ceux qui pensent que plus tu accumules les conquêtes, plus ta valeur augmente sur le marché. Le moral constamment à la hausse et à la baisse, ils fluctuent aussi rapidement que la bourse de NYC et finissent par réaliser qu’ils sont en chute libre et que le crash est inévitable.

Cette fois-ci, ce sera différent : Ciao bye, arrange-toi avec tes troubles. Ramasse le camp de fortune que tu t’es créé pour t’évader de la réalité et va planter ta tente ailleurs. Les vacances sont finies. Anyway, il y a surement un terrain de camping moins cher dans les environs.

Ceux qui utilisent l’amour comme cachette finissent toujours par partir en espérant obtenir quelque chose qu’ils n’obtiendront jamais des autres : le bonheur. C’est facile de douter de soi après avoir réalisé qu’on était la bouée de sauvetage de quelqu’un.

J’ai choisi d’avancer contre le courant, sachant bien que très bientôt j’atteindrai la rive plus épanouie que jamais, laissant mon naufragé derrière moi se trouver une autre bouée, moins cool que moi évidement. Je voudrais me retourner et crier : “Rappelle-toi de la lueur de nos rêves à contre-courant„*. J’aimerais que mon naufragé nage de lui-même et atteigne le rivage, mais ce n’est pas ma bataille. Je l’aurais accompagné volontiers dans n’importe quel combat, mais on ne peut obliger quelqu’un à saisir la main qu’on lui tend, surtout s’il ne sait pas reconnaitre ce qu’il a devant lui.

Il ne s’agit pas de pointer qui que ce soit du doigt, mais d’oser, dans des moments où le cœur crie plus fort que la tête, être rationnelle. Je parle pour celles qui, comme moi, ont osé sauter dans l’aventure les yeux fermés prête à donner le meilleur, mais qui sont tombées sur quelqu’un qui n’était pas prêt. Comme dirait Biebs: If you like the way you look so much oh baby you should go and love yourself. Oh buuurn. Bref.

La bonne nouvelle, c’est que quelqu’un d’autre vous attends, que les nuages se dissipent jour après jour pour laisser place au soleil. Aujourd’hui, il fait beau pour moi. Le seul moment où je regarde en arrière, c’est pour me remémorer les bons moments, me souvenir de la joie que cette relation a su m’apporter.

Je refuse de noircir les derniers mois de ma vie sous prétexte que c’est fini. Et même si la réalité m’a frappé en plein visage, je remercie celui qui m’a laissé en héritage de si beaux moments. Je m’imagine vivre la même chose, mais avec quelqu’un qui sera réellement prêt à vivre cette histoire à fond, sans “Oui mais” “Sauf que” “Ben là je ne sais pas”.

Personne ne peut te briser à moins que tu les laisses faire, autant que personne ne peut te rendre heureux si tu es à terre – Pardon my rhyme. J’aimerais que tu comprennes que ton bonheur, tu le fabriques toi-même, que si tu penses que tu peux être heureux en comptant sur quelqu’un d’autre, tu vas te buter à un mur tôt ou tard.

La morale de l’histoire, c’est qu’on a le choix de la direction que notre vie prend après une rupture. On a le choix de laisser quelqu’un nous trainer vers le fond, ou de garder la tête haute et d’avancer vers de meilleurs jours. Je suis arrivée à destination bien avant de tomber en amour.

Je souhaite à ceux qui sont perdus (par politesse) qu’ils retrouvent leur chemin, parce qu’elle est longue la route du bonheur quand on ne sait pas ce que ça prend pour arriver au bout.

Sur ce, mesdames, je vais m’ouvrir une bouteille de Jameson, mettre mon bikini, et je m’en vais enjoy the hell out of summer and of life.

Cheers!

L.

*Cowboys Fringants

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