Se victimiser au hasard

Un pattern. Ce sentiment de déjà-vu, ce malheur confortable qui revient sournoisement nous hanter et qui a raison de chacune des histoires d’amour qui frappent à notre porte. Nous en avons tous à un moment ou à un autre. Certains disparaissent une fois qu’ils sont apprivoisés et d’autres, que l’on croyait morts et enterrés, refont surface sans crier gare.

Bien qu’un pattern soit contrôlé par l’inconscient, lancer sa malchance dans l’univers à la suite de chaque déception amoureuse n’est sans doute pas la meilleure solution. Une chose est sûre, un pattern incompris est souvent le pire ennemi du bonheur et de la sérénité. Personne n’est vraiment victime du hasard. Si nous sommes victimes de quelque chose, c’est de nos propres choix.

Je travaille très fort depuis quelque temps sur ce grand principe disant que dans la vie, tout part de soi. Ça m’a pris du temps à bien comprendre ce que ça voulait dire. Tout part de soi, de ce que l’on désire, de la manière dont on se perçoit, dont on se propose. Tout part de la vision que nous avons de nous-mêmes et surtout, tout part de ce que l’on demande.

Au lieu de mettre tous les maux du monde, les blessures et les rejets sur le dos des autres, de la vie, du karma, pourquoi ne pas en prendre un peu sur soi et se servir de tout cela pour comprendre, agir, changer ou du moins prendre conscience ?

Des patterns amoureux, il doit y en avoir presque autant qu’il y a de gens qui aiment. Pour certains, c’est la peur. La peur de devoir quelque chose, la peur d’atteindre un niveau où le bonheur de l’autre devient une responsabilité, presque un devoir. Suis-je prêt ? Suis-je en mesure de répondre à ses attentes, de rendre cette personne heureuse ? Et c’est à ce moment que de prendre la porte d’en arrière apparait comme la solution la plus simple à toute cette peur.

Il y a évidemment l’autre côté de la médaille. Vouloir tellement être aimé, accueilli, accepté que l’on devient le miroir de l’autre jusqu’à ne plus vraiment savoir qui l’on est ou ce que l’on souhaite de cette relation. Celle-ci finit par se briser, mais on ne comprend pas pourquoi ! On a tellement donné…

Le sabotage. Être incapable de vivre le bonheur qui se construit, de laisser le temps faire son travail et surtout, d’accepter de perdre le contrôle, de sortir de sa zone de confort. S’autodétruire, avant de peut-être se laisser avoir par l’amour, avant de peut-être avoir mal.

Il y a aussi cette profonde volonté de vouloir sauver à tout prix. Être LA personne qui réussira à changer l’autre, à réparer ses ailes brisées, son cœur déchu ou ses habitudes de célibataire endurci.

Dans toutes ces histoires, c’est la faute à qui ? Au hasard ? Je ne crois pas. Un pattern. Ce sentiment de déjà-vu, ce malheur confortable. Un pattern amoureux, ça se guérit ! Ça se tasse. Il faut seulement avoir assez de lucidité pour mettre le doigt dessus et se responsabiliser de ce qui survient dans chacune des étapes de notre vie.

Sinon, ça prend de bons amis, francs et remplis d’amour qui se porteront volontaires pour offrir un petit coup de main dans cette croisade à la prise de conscience. Et du vin. Beaucoup de vin.

 

M-M.

marie-michèle imbleau

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