Être de grands enfants…


ÉTATS D'ÂME, x / mercredi, juillet 13th, 2016

J’ai longtemps hésité avant d’écrire ce texte. Au bout du compte, je pense que ce qui me faisait le plus peur, c’était de réellement m’avouer ces prises de conscience. Puis, j’ai aussi pensé que si une personne vivait la même chose, elle aimerait peut-être savoir qu’elle n’est pas seule. Avec les années, on réalise plusieurs choses sur nous-mêmes et aussi, (parfois, bien malgré nous) sur nos parents.

L’année de mon quart de siècle s’est probablement avérée la plus révélatrice de mes forces, de mes faiblesses, mais aussi de celles de mes parents. Chaque famille a son histoire et il y en a pour qui c’est pas mal plus tough que d’autres, je vous l’accorde.

Mais après avoir vécu 23 ans au rythme d’un petit ruisseau de campagne bien tranquille, je vous jure que la première secousse frappe fort pis shake tous les beaux modèles parentaux. L’idéal de la petite famille parfaite éclate en mille miettes.

Arrive vite la claque dans face que nos parents ne sont pas les superhéros ni les êtres inébranlables qu’ils nous ont si longtemps semblé être. Non, mon père n’est pas le plus fort (ouch !) et ma mère est imparfaite. Ce sont deux êtres humains, qui ont fait de leur mieux, au meilleur de leurs capacités, pour élever les petites gamines que ma sœur et moi étions, mais qui se sont probablement oubliés en cours de route. Et là, la route les a rattrapés.

Je vous mentirais si je vous disais que l’acceptation, la compréhension et l’intégration de cette affaire familiale ont été faciles. À vrai dire, ça a plutôt fait mal d’admettre que rien n’est jamais parfait et que si ça l’est, mieux vaut être aux aguets. Et ça, ça déstabilise tes bases les plus solides, les plus fondamentales, et ça fait surtout mal quand tu es à l’aube de ta propre vie d’adulte, de future femme, de future mère. Alors que ma vision de l’avenir était basée que sur du beau.

Aujourd’hui, elle est un peu moins belle, mais elle est plus réaliste. Plus nuancée. Plus mature. Ils m’ont pardonné tant de maladresses en tant qu’enfant. C’est à moi maintenant de leur pardonner les leurs, de les aimer, de les accepter, et surtout, de les apprécier avec leurs qualités et leur vulnérabilité. Parce qu’après tout, elles témoignent tout simplement de leur humanité.

Tout le monde ne réagit pas de la même façon à une perturbation du système familial. Certains se tiendront à l’écart de l’action pour préserver leur bonheur et leur santé mentale, d’autres resteront au milieu de la tempête à gérer de part et d’autres les deux partis. Des fois, ça se règle tout en douceur, d’autres fois, ça fait un peu peur, mais en bout de ligne, qu’on le veuille ou non, on n’a pas d’autre choix que d’intégrer ça à son histoire personnelle et d’y trouver un sens.

Le problème avec le fait de vieillir, c’est que malgré le fait qu’on devienne des adultes, on reste les enfants de nos parents. Et ça peut être difficile à comprendre pour des parents qui, absorbés dans leurs tourments, considèrent leur enfant comme leur meilleur confident. Il ne faut pas trop leur en vouloir, ils nous ont tant donné, ils ont le droit de s’attendre à en recevoir. Mais papa, maman, je reste quand même votre enfant, juste un grand enfant.

N.

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