À la blonde du gars que j’aimais


ÉTATS D'ÂME, x / mardi, juillet 26th, 2016

Je ne sais pas trop pourquoi je suis tombée sous son charme. Peut-être parce que je ne savais plus où j’en étais dans ma tête et qu’on me donnait un peu d’attention ? Parce que j’avais l’air d’exister dans la tête de quelqu’un ? Qu’on me disait que j’étais belle aussi ! Je me sentais vivante, après avoir vécu un rejet amoureux. Un autre échec. J’ai été charmée par ses mots. Son regard et ses sourires. Par une personne que je côtoyais depuis quelques mois, mais qui m’était indifférente. Un collègue de travail à qui je ne disais même pas «allo» le matin. Et que je ne savais même pas qu’il existait. Qu’il était intelligent. Ça a comme poppé de nulle part, dans ma petite vie bien rangée.

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Source photo – Pinterest

Il était doué avec les mots. Il m’a comme ensorcelé. Et, après quelque temps, je suis tombée en amour, pour ce que je connais de ce mot. Parce que sincèrement, je crois que j’étais plus en amour avec la poésie de ses messages que par l’amour avec un grand A. Je ne sais même pas encore ce que veut dire ces trois mots ; je t’aime. Cette lourdeur de sens qu’implique le fait de les vomir dans la face de quelqu’un.

Tout ce que je sais, c’est que j’aimais ça quand il m’écrivait pour me faire sourire. Quand il débarquait par surprise chez moi pour me donner un baiser, puis repartir, tout bonnement. Quand il me regardait avec des étoiles dans les yeux. Je me sentais unique, genre.

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Crédit photo – Maud Chalard

Et, je n’ai même pas pensé à toi. Même pas trente secondes. Je n’ai pas réfléchi à tes feelings. Ni au fait que je pouvais détruire ta vie. Tu n’existais comme pas dans ma tête. Je me disais que si ton chum venait à moi, c’est qu’il n’était pas heureux où il était. Et j’étais sincèrement heureuse d’avoir rencontré votre kid. Je me disais que je pourrais être une bonne belle-mère. Envisager mon futur, sans penser à ton malheur. Parce que je ne te connaissais pas et que je m’en crissais aussi. Je ne te voulais pas de mal. Je voulais seulement être heureuse.

Et, quand il a décidé que c’était assez, j’ai complètement disjoncté. Mon corps à juste shut down. Ça a été la goutte qui a fait déborder le vase de ma misérable existence de marde. J’ai commencé à boire pour oublier que j’allais mal. J’étais tellement déprimée, que je me suis ramassée en psychiatrie parce que je voulais en finir.

Je ne dis pas ça pour amoindrir ce que j’ai fait. J’ai été la bouée de sauvetage de ton chum. Ton ex, maintenant. Le rebond, avant qu’il se recase, en même temps que ses deux adieux.

J’espère de tout mon cœur que cette séparation soit autant un nouvel envol pour toi, qu’elle l’a été pour moi. Parce que depuis ce moment, j’ai l’impression de vivre. D’être heureuse. Moi-même. Sans avoir besoin des autres. Je reste fragile. Je suis sensible au rejet, mais je suis sweat. Je ne veux pas de mal aux gens.

V.

Crédit photo couverture – Maud Chalard

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