L’histoire d’une belle-mère – Collaboration ponctuelle

Il y a de cela un an et des poussières, j’étais cette jeune femme indépendante ; enseignante au primaire depuis quelques années avec des passe-temps et des amis en veux-tu, en vla ! Une sortie à gauche, une invitation à droite, de 5 à 6 entraînements par semaine, des heures de correction, puis hop ! Un deuxième métier pour m’occuper et bien sûr, par passion, à raison de 3-4 heures par semaine.

Bref, j’étais occupée, mais j’avais hâte à ce jour. Vous savez, celui où l’on rencontre LE gars! L’homme qui ferait battre mon cœur et non celui qui ferait l’affaire. Je préférais de loin être patiente que de me contenter de quelque chose qui ne me convenait pas.

Puis, il y a eu ce jour, celui où l’homme de la situation se trouvait dans ma bulle sans même que cela me dérange. Près de lui, j’étais calme, heureuse et nerveuse à la fois. Je savais très bien que c’était lui… sans interrogation. Autant je pouvais être indécise les années précédentes face à mes rencontres, autant mon instinct savait très bien que cette fois, c’était lui.

Cependant, cet homme ne venait pas seul… il venait avec une petite fille de 2 ans et demi. Bon, les enfants n’ont jamais vraiment été une source de stress pour moi, car j’ai travaillé plusieurs années en service de garde et comme je l’ai dit plus haut, je suis enseignante au primaire depuis un petit bout déjà.

D’un autre côté, mon rôle était totalement différent, car je devenais belle-mère, et ce, avant même d’être une maman. J’ai passé par une gamme de questionnements par rapport à ma façon d’agir et la place à prendre dans tout ça, mais j’ai toujours écouté mon instinct et j’ai suivi la vague.

Je trouve personnellement que cette situation n’est pas toujours évidente à gérer. Bien que chaque situation soit différente d’une famille à l’autre, quelques points de base peuvent quand même être applicables de façon générale.

Pour ma part, c’était primordial de commencer à côtoyer la fille de mon copain graduellement, car je ne souhaitais pas brusquer les choses et m’imposer dans sa vie. Trop souvent, les nouveaux amoureux précipitent le tout et côtoient les enfants de leur nouvelle conquête sans penser aux conséquences à long terme. Bien oui ! Je l’ai dit plus haut que j’étais certaine de ma relation cette fois-ci.

Mais il faut être lucide aussi… On ne sait jamais ce qui peut se produire. Au début, tout est beau, mais parfois, après un mois de relation, on peut réaliser que la personne ne nous convient pas. Dans ce cas, on met un terme à la relation, puis du même coup, on doit expliquer à l’enfant qu’il ne verra plus notre copain ou notre copine. Il doit donc briser un lien.

Si cela se produit plus d’une fois, à mon avis, les liens de confiance risquent d’être plus longs et plus difficiles à créer au fil des années pour l’enfant. Cela dit, de mon côté, j’allais rendre de petites visites par-ci et par-là, nous allions au parc. Après un certain temps, je restais à souper et je quittais lors de la routine du bain ou du dodo. J’ai peut-être fait cela pendant un bon trois mois sans même rester à dormir une seule fois, car je m’organisais pour dormir là les jours où il n’était pas avec son enfant.

Lorsque les choses sont devenues plus sérieuses entre nous deux, nous avons pris le temps de discuter, et ce, à plusieurs reprises. Mon copain souhaitait que je me sente bien dans tout ça, car ce n’était pas plus évident pour lui de m’imposer cette étape de vie. La vie d’être un parent. Celle où tu dois te calmer, planifier tes sorties en fonction des heures de sieste ou du dodo, celle où tu changes tes plans, car l’humeur ou la fatigue est au rendez-vous (autant celle du parent que celle de l’enfant).

Même s’il ne s’agissait pas du mien, ma vie commençait peu à peu à prendre un 180 degré, 50 % du temps. Évidemment que j’ai eu une bonne réflexion ! Suis-je prête à m’investir auprès d’un enfant qui n’est pas le mien ? Suis-je prête également à avoir l’ex dans le décor, car avec un enfant vient une ex…. Ne l’oublions pas ! Moi qui avais si hâte et qui tenais tant à avoir mes enfants, suis-je prête à devoir possiblement en avoir un de moins ?

J’ai décidé de m’impliquer tout en laissant aller les choses entre nous trois. J’ai pris la décision de m’investir et de faire confiance à la vie. Comme j’ai choisi ce chemin, j’ai accepté le fait que mon chum ait un enfant et je fais des concessions pour avoir une qualité de vie à trois. Je connaissais sa réalité dès le début, donc soit je sautais dans le bain ou que j’en débarquais !

Nous habitons maintenant ensemble depuis deux mois et des poussières. Je ne peux plus faire comme avant : aller à toutes mes invitations chaque semaine. Et je dois parfois m’entraîner à d’autres heures pour lui permettre lui aussi de s’entraîner. Mais c’est ma nouvelle réalité, celle que j’ai choisie. Je leur laisse leur bulle par moment lorsque je sens que la petite s’ennuie de papa ou cherche davantage son attention. De cette façon, j’en profite pour faire quelque chose pour moi ou pour voir mes amies.

Ha oui, puis l’ex dans tout ça ? Bon, nous sommes deux personnes complètement différentes avec des valeurs différentes, mais cela n’est pas une raison valable pour faire de la chicane. Le meilleur conseil que je puisse donner à ce sujet est de rester détachée le plus possible et de ne rien alimenter.

Je me considère chanceuse de ne pas devoir vivre une situation compliquée quant à la garde de la petite, mais je crois que l’enfant ne doit dans aucun cas être mêlé aux conflits entre ses deux parents. On annonce la prochaine transition (maman viendra te chercher ce soir) sans faire ressentir d’émotions négatives. Pour ma part, j’ai même fait un calendrier de photos avec les jours de la semaine pour toutes les transitions de la petite. De cette façon, elle peut prévoir où elle ira le lendemain.

Finalement, pour ceux et celles qui vivent une situation semblable à la mienne, que vous soyez déjà parent ou non, s’il vous plaît, prenez votre temps avant d’entrer dans la vie des enfants. Ils s’adaptent bien plus que vous ne le pensez, mais il faut respecter leur rythme et leur bulle de famille.

Laissez le temps faire les choses et allez-y graduellement plutôt que de précipiter les choses. Préférez-vous que votre enfant ait de la difficulté à établir des liens de confiance auprès des gens ou qu’il se sente en sécurité auprès de votre nouvelle conquête ?

Après tout, rien ne presse, car s’il s’agit de la bonne personne, vous aurez simplement plus de temps pour apprendre à vous connaître, ainsi que pour apprivoiser votre nouvelle réalité.

 I.M.

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