Woman Crush – Karine Simard

Si la prémisse « dans les petits pots se trouvent les meilleurs onguents » est socialement acceptée, alors j’ose affirmer que « les petits bouts de femme réussiront toujours à nous impressionner ». Elles sont extraordinaires ! Elles semblent invincibles, elles font tomber des murs, détruisent des préjugés et repoussent constamment leurs limites. On adore, puisqu’il est tout simplement impossible de détester. J’assume le statement précédent dû à de nombreuses femmes… mesurant à peine le 5’2, que j’ai eu le plaisir et l’honneur de côtoyer dans ma vie. L’une d’entre elles se nomme Karine et j’espère qu’elle saura vous inspirer.

En quoi consiste concrètement être agente de probation ? 

Être agente de probation, c’est :

  • Préparer, à la demande des tribunaux, des rapports présentenciels sur les personnes reconnues coupables, afin d’évaluer leur possibilité de réinsertion sociale, que l’on fournit à la Commission québécoise des libérations conditionnelles;
  • Effectuer des évaluations et établir des plans d’intervention favorisant la réinsertion sociale des personnes contrevenantes;
  • Encourager les personnes contrevenantes à prendre conscience de leur comportement et à amorcer un cheminement visant leur responsabilisation;
  • Contribuer à la réinsertion sociale en effectuant des interventions de responsabilisation et de prise de conscience;
  • Déterminer les ressources appropriées pour intervenir auprès de la personne contrevenante en fonction de ses besoins et des objectifs du plan d’intervention.

En termes plus généraux, nous évaluons le risque de récidive et les besoins d’une clientèle criminalisée. Ensuite, il s’agit de les responsabiliser, puis de les orienter vers des organismes qui leur offriront un support dans le cadre de leur réinsertion sociale. Tous ces processus sont régis par des lois, joignant ainsi deux rôles : autorité et aide.

Au départ, quelle était ta motivation principale d’évoluer dans ce domaine ?

Je dirais, sans aucun doute, mon intérêt à comprendre la provenance des comportements criminels.

Quelles sont les difficultés que tu as rencontrées depuis tes débuts ?

Il y en a plusieurs. Tout d’abord, imposer une autorité sur une clientèle majoritairement composée d’hommes délinquants, plus âgés et qui ont plus de « vécu », n’est pas chose facile. Ensuite, gérer certaines problématiques délictuelles qui confrontent mes valeurs ou certains types de personnalités plus difficiles à travailler. Il peut aussi y avoir le fait que la clientèle est parfois peu mobilisée, sinon les limites du système judiciaire.

 Qu’est-ce qui t’interpelle le plus dans ton emploi ?

Comprendre les réels fondements des différentes difficultés de notre clientèle. C’est aussi un métier où il est important de faire prévaloir un rôle d’aide. Apporter un éclairage à la Cour dans le but d’éviter l’incarcération pour certaines personnes, mais parfois la promouvoir également pour protéger la société, est aussi un aspect de mon travail qui me stimule.

 Quels sont les obstacles auxquels tu fais face quotidiennement ?

Pas nécessairement au quotidien, mais en général on fait face à un manque de ressources d’aide en lien avec les coupures gouvernementales, situation pouvant mener à un sentiment d’impuissance. Aussi, un certain découragement lorsque le cheminement du client demeure au neutre ou devient négatif. La clientèle parfois imprévisible est tout autant un obstacle de taille dans mon domaine. Finalement, ayant tous nos obstacles personnels, demeurer attentif aux difficultés des autres peut être demandant lorsque notre pensée est ailleurs.

Quels sont tes moyens pour évacuer la pression accumulée ?

Le yoga (#1!), une bonne bière rousse avec des chips Miss Vicky‘s au vinaigre balsamique, un bain, une activité en plein air, écouter une série ou cuisiner en écoutant de la bonne musique.

Quels conseils donnerais-tu aux personnes qui, comme toi, aspirent à réaliser leurs rêves ?

Suivre ce qui t’inspire, te défier, prendre action pour changer ce qui ne te plaît pas.

Tes projets futurs

Cheminer dans ma carrière, voyager, avoir des enfants, puis prendre ma retraite relativement tôt pour voyager et profiter du temps en famille (et peut-être travailler à temps partiel à la SAQ afin de prendre part à quelques formations et financer les voyages futurs haha !).

Karine vous a-t-elle inspiré ?

 

É.

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