L’amour quand c’est facile

Quand je regarde en arrière, pour moi l’amour c’était une montagne russe, un manège qui te rend euphorique, mais qui te donne aussi une solide envie de vomir en raison de son intensité.

C’est probablement de ma faute, je suis ultrasensible. Je vis tout à 100%, je ressens tout et je m’énerve moi-même d’être comme cela le ¾ du temps. Je me suis rendu compte avec le temps que je n’ai vraiment pas besoin de quelqu’un qui hurle sa vie en duo avec moi en descendant la fameuse côte de la montagne russe.

J’ai besoin d’être avec le gars qui sait comment réduire la vitesse du manège (tsé le gars aux commandes). Le genre qui va être capable de me dire Calmos Pépitos avec tout plein d’amour dans la voix, qui va me flatter les cheveux comme si j’avais 5 ans et garder son calme malgré le tsunami d’émotions.Mais bon, tout ça c’est utopique, car le gars dans Les pages de notre amour est avec une autre fille et qu’il était nettement moins gentil dans d’autres rôles. On ne sait pas qui il est en réalité, même en faisant une étude approfondie, genre un mémoire, des magazines à potins.

Donc ce gars-là, le gars avec qui ce serait facile et complètement génial, j’avais mis une croix dessus. Tu sais, quand tu cherches la perfection, il faut être capable de la donner en retour, et ça, impossible car au rayon Défauts, j’ai malheureusement quelques items. Donc, je ne magasinais plus vraiment l’homme avec un grand H lorsque l’amour avec un grand A est arrivé. Je ne l’ai pas reconnu tout de suite. Il se promène souvent déguisé celui-là. Je n’avais pas non plus mes lunettes, ça explique peut-être aussi pourquoi je ne l’ai pas vu immédiatement.

Je me suis donc liée, mais d’une façon si naturelle, à cet humain. Les jours, les mois ont passé. J’ai attendu que la vie me rentre dedans, que ça m’explose au visage. Telle une espionne russe, je cherchais à découvrir la faille, l’affaire qui allait faire foirer le plan. Plusieurs options étaient envisageables ; il découvrirait tout à coup qu’il voulait devenir militaire et partir en mission 10 ans dans je ne sais pas quel pays beaucoup trop dangereux. Il aurait aussi pu avoir 100 maîtresses qu’il voit quand je suis au travail. Ou il découvrirait qu’il n’aimait que les filles avec de longues jambes (mission impossible à 5 pieds !).

Les possibilités étaient infinies. Mais non. Il ne s’est rien passé et je crois que c’est le plus effrayant. En fait, je suis une menteuse : il s’est passé 1 million de choses, mais aucune d’entre elles n’a ébranlé notre relation. Même pas une petite miette. Même pas une demie miette. Même pas un quart de miette. J’imagine que vous avez compris le principe. Et ça, c’est perturbant.

Pareil comme quand tu joues à la cachette dans le noir, que tu attends qu’on te fasse faire le saut et que tu te pratiques mentalement à maîtriser ton corps des spasmes de peur, ton cri de fillette et ton envie de te faire pipi dessus, mais que là il ne se passe rien. Même pas un petit BOUH pour te faire tressaillir.

Tu continues donc à avancer en te disant que ce n’est que partie remise, que tu vas avoir la chienne de ta vie. Mais non. C’est fou comment faire des longueurs dans le bonheur, ça peut te dérégler le bon sens. Je pense que la natation, c’était pas mon sport, mais que tranquillement, pas vite, je deviens bonne. Je calme l’inspecteur Gadget en moi, j’arrête l’enquête. Dossier classé. Je vais juste en profiter.

 

S-M.

sarah maude

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