Le temps d’une tétée – Collaboration ponctuelle


ÉTATS D'ÂME, x / lundi, août 29th, 2016

Vous voulez savoir ce que je fais comme passe-temps ? Je prends en photo des poitrines. Oui, oui (messieurs vous devez être un peu jaloux, avouez-le), des seins. Par contre, ces femmes ne sont pas a moitié nues sur le « hood » d’un char, mais elles sont plutôt en train de nourrir/chérir leurs enfants.

La plupart de vous avez surement haussé un sourcil, en vous demandant : mais pourquoi des photos d’allaitement ? pourquoi pas? On prend des photos de nos bedaines qui prennent de l’extension au fil des mois, on prend 40 photos dans les premiers heures de vies de nos enfants, sans compter tous les « premiers sourires, premières grimaces, premiers pas, premiers tout… » alors pourquoi ne pas garder un souvenir de ces moments qui sont si précieux et naturels?

Je ne comprend pas pourquoi certain individu peuvent être choqué ? Pourquoi est-ce que les gens qui passent dans le parc lors des séances photos nous dévisagent et nous jugent sans gêne ? Depuis la nuit des temps, les mammifères nourrissent leurs bébés de lait maternel, pourquoi en faire un cas ? Une femme qui fait du monokini ne se fait pas descendre sur la place publique, et pourtant elle est beaucoup plus à découvert.

Aussi, plus l’enfant est grand, plus il est « vieux », plus les regards sont insistants (sans parler des commentaires désobligeants). Allaiter un nouveau-né, c’est cute, mais un bambin c’est incestueux. La société commence a s’ouvrir à l’allaitement avec les salles d’allaitement qui se multiplient dans les centres commerciaux et autres lieux publics.

Par contre, il est hors de question (je parle pour ma personne) que je laisse pleurer mon bébé le temps que je me rende à l’autre bout complètement du centre d’achats. Je m’installe simplement sur le banc le plus proche et voila c’est parti! Bien sûr, on voit ma peau, mais que voulez-vous je n’y peux rien sur la taille de mon bonnet et non je n’enfilerai pas une nappe sur la tête de ma fille pendant qu’elle mange, car elle comble un besoin naturel… Celui de ce nourir.

A partir du moment où le cap du 9 mois est dépassé, les « tu allaites encore? » commencent.

«Allaiter un bambin, c’est super tabou, pourtant on ne décide pas d’allaiter un bambin, ça se fait tout seul. Au début on se dit, 3 mois, 6 mois, un an et finalement ton bébé est rendu à 28 mois et tu l’allaites encore parce que c’est tellement plus facile… »

Sur un coup de tête (que je dois à mes hormones postpartum), j’ai décidé que je voulais sensibiliser les gens à l’allaitement prolongé. Avec les réseaux sociaux, c’est si facile de faire circuler un message, donc je suis partie à la recherche de mamans qui seraient « willing » d’écrire un témoignage (la partie plus facile), et me donner l’autorisation de joindre une photo de leur allaitement à leur texte sur ma page : Le temps d’une tétée.

Évidement que ces photos en choquent certains, mais le but premier de cette page, c’est de justement faire avancer la cause de l’allaitement en sensibilisant une photo à la fois. Je tiens à cette cause, parce que je veux pouvoir allaiter où bon me semble, sans devoir me cacher.

Allaiter n’est pas toujours facile, il faut apprendre à connaitre son bébé, avoir un bonne position, s’assurer que notre minou prend bien le sein pour une succion optimale, sans compter le stress lié à la prise de poids (ahhh, ces fameuses courbes de croissance). Et on va se l’avouer, les poussées de croissance sont très exigeantes, mais un coup tout ça derrière nous, on commence à profiter pleinement de ces moments d’intimité en tête à tête.

J’ai chéri ces rendez-vous tendres avec ma fille, où on se regardait dans les yeux et on échangeait des sourires jusqu’à son premier anniversaire, jusqu’au jour où elle décida d’elle-même que c’était assez pour elle. J’ai aussi eu droit à des commentaires, et rares étaient ceux d’encouragement, et mon allaitement n’était pas si prolongé. Comme toute chose, il faut respecter le choix des autres avant de porter un jugement, il faut prendre le temps de se renseigner et être en connaissance de cause. Soyons ouverts d’esprit.

I.R.

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