Tenir pour acquise la possibilité d’avoir des enfants


ÉTATS D'ÂME, x / jeudi, septembre 1st, 2016

Du plus loin dont je me rappelle, avoir des enfants a toujours été un désir très fort chez moi. Peut-être parce que mes parents m’ont tout donné ?

J’ai eu une mère dont le principal projet de vie était d’avoir des enfants. Même si pendant une certaine période de ma vie, j’ai ressenti cela comme étant beaucoup de pression, aujourd’hui je suis plus que reconnaissante de tout ce qu’elle m’a offert et continue de m’offrir.

Pour moi, c’était évident : je ne voyais pas ma vie sans enfants. Je voyais ça un peu comme donner au suivant. (Parenthèse à part, j’ai énormément d’amis qui ne partagent pas ce souhait et c’est quelque chose que je trouve primordial de respecter.)

Alors, pour moi, avoir une carrière ainsi qu’avoir des enfants a toujours été d’égale importance. Je ne me voyais pas réaliser l’un sans l’autre et encore aujourd’hui, j’ai beaucoup de mal.

J’ai toujours planifié ma vie en me disant : « Vers 28-30 ans, j’aurai mes enfants, lorsque ma carrière aura décollé. » Si je n’avais pas trouvé le compagnon idéal, j’étais même prête à en avoir seule. Je planifiais le tout naturellement en tenant pour acquis que je pouvais en décider ainsi. Jusqu’à il y a 3 mois.

Ça a commencé tout bêtement : j’ai commencé à avoir des maux de ventre quasi quotidiens en juin 2015. Après beaucoup de tests et d’insistance, j’ai fini par avoir un diagnostic d’endométriose en mai dernier.

La première chose que je lisais était claire : «L’endométriose affecte le pourcentage de fertilité.»

D’un jour à l’autre, je me suis retrouvée dans une clinique de fertilité à me faire dire par le médecin : «Si tu veux des enfants, c’est maintenant.»

Pour ceux qui ne connaissent pas bien l’endométriose, c’est une maladie des menstruations qui, bien qu’elle soit opérable, peut revenir à n’importe quel moment. La seule façon d’éliminer toute possibilité de récidive est l’ablation de l’utérus.

Vous me direz : «Mais il y a toujours l’adoption.» Bien sûr, bien sûr. Et j’y ai d’ailleurs toujours pensé. Pour un 3e enfant, disons.

Se retrouver du jour au lendemain devant la possibilité de devoir faire le deuil d’enfants de sang est une chose. Et la pression d’en avoir maintenant en est une autre. Il y a aussi le : « À quel prix suis-je prête à avoir des enfants ? » Mon médecin me disait que chaque opération affectait le tissu endométrial, mais que sans opération, la maladie prendrait de l’expansion et pourrait attaquer les autres organes.

Évidemment, je n’écris pas ce texte pour me plaindre, mais surtout pour mettre sous une lumière différente la possibilité d’avoir des enfants.

Si j’avais su, quatre ans plus tôt, est-ce que j’aurais décidé d’en avoir à ce moment ? Je ne sais pas. Mais une chose est sûre : si vous voulez des enfants, n’attendez pas que ce soit le bon moment, peut-être ne se présentera-t-il jamais.

Aujourd’hui, en essai bébé, mais aussi en attente pour mon opération, j’essaie de me dire que chaque chose a sa raison d’être et que la vie décidera la bonne chose pour moi. Il reste que maintenant une chose est claire pour moi : on ne décide pas ni ne planifie encore moins la possibilité de concevoir des enfants.

Same.

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