WOMAN CRUSH – Annie Lemieux-Gaudrault


DÉVELOPPEMENT, Professionnel, TEXTES DE CetC, Woman Crush, x / vendredi, décembre 14th, 2018

Il y a environ 2 ans, je suis tombée sur une trilogie: La peur du loup. J’ai dévoré les 3 tomes en un temps record et j’étais vraiment impressionnée qu’une avocate ait écrit de si bons romans (on est pas reconnus pour notre gros imaginaire, les avocats). Bref, j’ai décidé de vous la faire découvrir et en plus, de vous permettre de gagner un exemplaire de ladite trilogie!!! Vous avez bien lu, nous faisons tirer les ouvrages aujourd’hui! Allez sur notre page Facebook pour les détails!

 

Nom: Annie Lemieux-Gaudrault

Originaire de: Montréal

Âge: 39 ans

Profession: Avocate en droit du divertissement et auteure

 

Tu es avocate depuis quand? Quel est ton parcours?

Je suis avocate depuis 2005. J’ai commencé à travailler dans un cabinet du centre-ville après y avoir fait mon stage. Depuis 9 ans, je pratique à mon compte. J’ai fait le saut d’avoir ma propre pratique un peu par hasard et, pour être honnête, à reculons. Le cabinet pour lequel je travaillais venait de se dissocier, j’étais enceinte de huit mois et je n’avais plus d’emploi. Un des clients du bureau m’a contactée pour me demander si je voulais prendre ses dossiers à mon compte. J’ai dit non deux fois avant d’accepter; c’est finalement la meilleure décision professionnelle que j’ai prise de ma vie.

Qu’est-ce qui t’a amené à travailler en droit du divertissement?

Avant de faire mon droit, j’ai fait un baccalauréat en communications. J’avais donc un intérêt particulier pour le droit du divertissement. Au départ, dans le cabinet du centre-ville, je travaillais en droit des assurances. Ensuite, ils ont voulu développer une spécialité en propriété intellectuelle et j’ai été transférée dans leur groupe. Toutefois, une grande partie de mes dossiers étaient en litige civil et commercial.

Lorsque je suis partie à mon compte, j’ai dû prendre la décision de ne faire que du droit du divertissement. Mes clients sont donc principalement des producteurs de télévision et de cinéma. Ce ne fut pas facile, j’aimais beaucoup le litige civil et commercial. Aussi, j’avais peur de me spécialiser dans un domaine très pointu qui ne rejoint qu’une petite clientèle. Au final, j’ai fait le bon choix!

Tu écris une trilogie aussi hyper bonne que j’ai adorée : La peur du loup! Étant avocate également et ayant une passion pour l’écriture, j’aimerais savoir ce qui t’a poussée et motivée à vouloir écrire.

Écrire un roman, c’était un rêve que j’avais toujours convoité. Lorsque j’étais à l’école secondaire, j’avais commencé à écrire un début de livre, quelques pauvres pages. J’ai décidé de les faire lire à mon enseignant de français que j’adorais. Il est revenu me voir pour me dire que c’était vraiment mauvais (oui, oui, ce l’était, mais j’avais 13 ans…) et que l’écriture, ce n’était vraiment pas ma force. Ce fut ses seuls commentaires, aucun encouragement à persévérer ni à m’améliorer. La honte totale. J’ai alors mis pendant des années mon projet d’écrire un livre sur les tablettes.

Par la suite, alors que j’étais avocate, j’ai décidé de réessayer, juste pour le plaisir et sans objectif de publication. Je désirais simplement pouvoir écrire le mot «fin» au bout d’un manuscrit. Je voulais me prouver que j’étais capable de mener à terme un projet d’écriture, je n’avais aucune autre ambition.

Une de mes amies, l’extraordinaire India Desjardins, savait que j’écrivais. Elle m’a offert de lire mon livre une fois terminé. On s’entend, j’étais mortifiée qu’une auteure aussi accomplie lise mon livre. Encore une fois, j’ai dit non au début. Elle a insisté et je lui ai envoyé. Mon roman lui a plu, elle m’a fait certains commentaires judicieux et j’ai corrigé mon livre suite à ses recommandations. Ensuite, de manière très généreuse, elle m’a offert de le transmettre elle-même aux maisons d’édition. Une des maisons d’édition, Libre Expression, a retenu mon livre. Ils m’ont demandé ensuite d’en écrire deux autres.

Résume-nous ça parle de quoi, La peur du loup, et de quoi (ou qui) tu t’es inspirée.

Je voulais d’abord écrire sur les peurs que plusieurs jeunes femmes partagent, sur les barrières que nous élevons dans nos têtes et qui nous empêchent d’avancer (et évidemment sur celles qui sont bien réelles). Je me posais certaines questions, telles que pourquoi lorsque mon client m’a demandé de le prendre à mon compte, j’ai d’abord dit non? Pourquoi mon premier réflexe a été de sous-estimer mes capacités? Je ne suis pas prête, je ne suis pas avocate depuis assez longtemps, je n’ai pas assez d’expérience pour gérer seule une pratique, blah blah blah… Je me donne moi-même mal à la tête. En discutant avec mes amies, je me suis rendu compte que j’étais loin d’être la seule à agir de la sorte. J’avais alors mon sujet!

Dans ma trilogie, je mets en scène trois femmes de carrière qui doivent chacune affronter leur peur, un «monstre» moderne. Sara, une avocate en grand cabinet, devra affronter sa peur de l’ambition, Élise, une ingénieure en aéronautique, sera confrontée à son horloge biologique et Marie, une comédienne talentueuse, devra apprendre à vivre avec les attaques à sa réputation.

Mes personnages ont toutes un peu de mes merveilleuses amies en elles, à différents degrés. Mes amies sont la source numéro 1 de mon inspiration!

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Lors de l’écriture de tes romans, quelle était ta journée type, combinant ta profession d’avocate, l’écriture et ta vie familiale?

En réalité, ma journée type était très chaotique… Je n’avais pas d’horaire d’écriture en tant que tel. J’écrivais dès que j’avais le temps! Pour ce qui est de la vie familiale, avec l’arrivée de mes enfants, une plage horaire que je n’avais pas avant s’est ouverte. Une fois mes deux garçons couchés, et puisque mon mari a un emploi qui l’amène à travailler en soirée, je me retrouvais souvent seule chez moi le soir, ce qui constituait le moment parfait pour écrire.

Quels étaient alors tes moyens pour évacuer la pression accumulée?

C’est l’écriture qui me permettait d’évacuer la pression accumulée. C’était en quelque sorte ma récompense. Lorsque j’avais terminé un dossier, je pouvais me mettre à écrire et décrocher de mes soucis d’avocate. Un autre remède anti-stress: les câlins de mes garçons. Rien de mieux pour faire partir les blues!

Quel a été ton plus gros défi dans l’écriture de tes romans? Ça s’est fait en combien de temps?

On m’a souvent demandé combien de temps ça me prend pour écrire un livre. Je dirais, beaucoup de temps?! Blague à part, je n’en ai aucune idée. Comme j’écrivais dès que j’en avais la possibilité sans horaire fixe, il m’est impossible d’arriver avec un chiffre qui fait du sens. Le plus gros défi: terminer les romans!

Quels conseils donnerais-tu aux personnes qui, comme toi, aspirent à écrire un livre?

S’assoir et le faire sans se poser de questions. C’est vraiment juste ça.

Quels sont tes projets futurs? Crois-tu écrire d’autres ouvrages? Si oui, quel genre?

J’ai plusieurs projets. Je me fais rire tellement j’en ai. Pour l’instant, ils sont à un stade de «développement», mais j’aimerais beaucoup écrire une série pour la télévision. Un autre rêve!

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Pour notre curiosité :

Tu es passionnée par?

En y réfléchissant, je pense que mon sujet de conversation numéro 1 ces temps-ci, sont les Legos Star Wars… Mais, il s’agit davantage de la passion de mes deux garçons! Moi, j’aime beaucoup comprendre l’être humain et je m’intéresse aux gens. J’ai tendance à être la fatigante qui parle trop aux inconnus assis à côté de moi dans l’avion…

Ton mantra?

Les grosses crises finissent toujours par passer (très pratique à se remémorer en tant qu’avocate, particulièrement quand tes clients sont dans la tourmente). Aussi, parler le moins possible contre les gens lorsqu’ils sont absents, ce n’est pas bon pour le karma.

Qui t’inspire? Quels auteurs?

Quelle réponse difficile… il y en a tellement. Je dirais que la personne qui m’a le plus inspirée dans ma vie est l’ancienne Juge à la Cour suprême Claire L’Heureux-Dubé. Même si ce n’est pas de la littérature, l’une des meilleures choses que j’ai lues est son opinion dans un jugement concernant une affaire d’agression sexuelle. Dans ses motifs, elle s’est également attaquée avec éloquence aux préjugés contre les femmes qui étaient très pesants à l’époque en matière de consentement et d’agression sexuelle. Ses commentaires ont ensuite été repris afin de modifier le droit, ce qui était grandement souhaitable. 

Ton livre fétiche?

Encore une fois, il y en tellement. Je vais répondre avec mon dernier coup de cœur, et ce n’est pas un roman! Récemment, j’ai lu le livre Lean In de Sheryl Sandberg (Avant toutes, en français). Sheryl Sandberg est COO chez Facebook, elle figure parmi les 50 femmes d’affaires les plus puissantes du monde selon le magazine Fortune. Son livre s’adresse aux femmes désirant avoir du succès dans leur carrière. Elle parle avec beaucoup d’honnêteté et d’humour de son parcours et offre de judicieux conseils. J’ai trouvé son livre absolument inspirant, je le recommande fortement à toutes!

Pour se procurer les livres (si tu ne gagnes pas le tirage), c’est ici.

 

 

 

C. & C.

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Source photo couverture: Sarah Scott

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Une réponse à « WOMAN CRUSH – Annie Lemieux-Gaudrault »

  1. […] «Dans ma trilogie, je mets en scène trois femmes de carrière qui doivent chacune affronter leur peur, un «monstre» moderne. Sara, une avocate en grand cabinet, devra affronter sa peur de l’ambition, Élise, une ingénieure en aéronautique, sera confrontée à son horloge biologique et Marie, une comédienne talentueuse, devra apprendre à vivre avec les attaques à sa réputation.» – Annie Lemieux-Gaudrault  […]

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