Champagne & Confetti

Les gens

Je ne sais pas toi, mais moi j’adore les gens. Pas «les gens» comme on l’utilise pour désigner les sans génie qui commentent d’la marde sur les spotted, non, juste les gens. Les humains. En fait, j’aime les émotions humaines. Ça me touche. La vulnérabilité me touche. C’est beau. Ça me fait pleurer.

Des fois, surtout dans les transports, j’aime les observer et imaginer ce qu’ils vivent par en-dedans. T’sais là où ça ne paraît pas par dehors. Là où, si on pouvait y voir quelque chose, on arrêterait de juger par ce qu’on veut voir.

À quoi pense ce mec? Qu’est-ce qu’il vit? Quel est son rêve enfoui? Est-ce qu’il est blessé? Est-ce qu’il a blessé? Sans doute les deux… Est-ce qu’il est heureux? Est-ce qu’il a rendu heureux? Sans doute les deux.

Ce matin-là, j’étais un petit peu morte par en-dedans et j’ai trouvé refuge dans les inconnus qui m’entouraient. Et j’ai réalisé qu’on a tous la même vie. On ne vit pas tous les mêmes choses, mais on vit tous les mêmes émotions. L’amour, la peur, la joie, la déception, la tristesse, la fierté. Le tout en cycle parfois court et parfois long, comme un manège sans fin qui nous amène à une destination inconnue.

Parce qu’on a beau faire des plans, la destination demeure toujours inconnue. Et c’est le chemin pour y arriver qui est beau. Entourée de gens qui, assis dans leur propre petite nacelle, vivent aussi leur roller coaster. Et je les aime moi, les gens. Ils sont beaux de leur vécu.

J’aime les écouter et les comprendre. Ça me fait devenir une meilleure conductrice de nacelle.

Parler à un inconnu dans le train, écouter une vieille dame me raconter sa vie à l’épicerie, lancer une blague à une maman découragée. On n’est pas seul.

Soutenir le regard d’un mec magnifique durant quatre stations. Tous les deux. Seuls ensemble. Une bulle. Un moment. Les deux humains du wagon qui n’avaient pas les yeux sur de l’intelligence artificielle et vivaient un moment réel. «Hypnotize» de ColdPlay dans mes oreilles. Je ne l’ai pas photographié. L’instant aurait été gâché. Il m’a troublée. Je l’ai ressenti jusqu’à ce que nous empruntions des chemins opposés. On s’est retournés. Une étoile filante.

Et si on les regardait plus souvent, ces 7,7 milliards de cœurs qui battent à l’unisson. 7,7 milliards de nacelles qui filent à toute vitesse.

Et parfois, ils laissent des traces dans la poussière de leur passage. Du beau dans le sale. Deux lettres, un cœur.

 

C’est beau les gens.

 

 

 

 

Catherine Parent, collaboratrice ponctuelle

Source photos: Catherine Parent