ÉTATS D'ÂME STYLE DE VIE TEXTES DE JO. x

Être le boss

J’avais un rêve… avoir ma propre business. Je n’avais pourtant jamais vraiment réfléchi à ce que ça impliquait d’être la «boss» avant d’en être une. J’avais toujours été une simple employée… celle qui n’aimait souvent pas son boss. Je faisais partie du reste de l’équipe, de ceux qui parlaient plus souvent qu’autrement en mal de leur patron. Pas toujours, bien entendu, car j’ai aussi eu de très bons boss et ils sauront se reconnaître.

Un bon boss… mais c’est quoi, être un bon boss? Je croyais que c’était d’être sympa, flexible, compréhensive, amicale… puis je me suis vite rendu compte que ce n’était pas aussi si simple que ça. Une amie est sympa, flexible, compréhensive et amicale… Pour être un boss, ça prend plus que ça. Ça prend de la discipline, de la drive et un peu d’autorité tout de même. Et c’est là qu’on devient rapidement et facilement le mauvais boss. Car au fond, qui aime la discipline et l’autorité? Pas grand monde, à ma connaissance. Tout le monde veut être libre, personne ne veut se faire dire quoi faire ou comment le faire et très peu tolèrent la critique.

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Au départ, j’étais l’amie… la fille sympa qui permet tout et laisse tout passer. Je le faisais par générosité, par amour de mes employés que je considérais mes amis ou même presque mes frères et sœurs. On a vite créé une belle relation d’amitié et pour moi, c’était normal de les laisser partir en vacances lorsqu’ils en avaient besoin, de leur acheter un cadeau de Noël et de sortir prendre un petit verre avec eux.

Puis, petit à petit, j’ai eu l’impression qu’on abusait de mon amabilité et de ma flexibilité. J’ai commencé à sentir qu’on me manipulait comme si j’étais une petite marionnette. Probablement conscients de la place qu’ils avaient dans mon cœur, ils ont commencé à en profiter. De plus en plus de vacances, de plus en plus absences, du travail de moins en moins bien fait et une amitié qui s’effrite.

Car comment réagit-on devant ces absences et ce travail mal fait? Par la communication, oui. Mais une communication sympa, flexible, compréhensive et amicale ne fait plus l’affaire rendu à ce stade-ci. Il faut donc y ajouter une petite dose de discipline et d’autorité… et c’est là que ça se complique. Amitié, discipline et autorité ne font pas bon ménage. Lorsque tu as ta propre entreprise, tu veux que les choses fonctionnent bien. C’est ton petit bébé, tu cherches toujours à t’améliorer et à être apprécié. S’améliorer, ça peut vouloir dire plus de productivité, de qualité, de propreté, d’amabilité. Et tout cela exigera nécessairement un effort supplémentaire de la part des employés. Je crois que ces petits changements peuvent être dérangeants. Ils l’ont été pour eux. Pourtant, je ne demandais pas la lune et ce que je demandais, je continuais de le faire aimablement.

S’ils avaient continué de bien travailler, s’ils n’avaient pas abusé… peut-être aurions-nous su conserver cette amitié? Ou peut-être est-ce moi qui suis devenue plus exigeante au fil des années? C’est une autre possibilité. Probablement un amer mélange des deux. Je ne cherche pas à mettre le blâme sur personne. Je continue chaque jour de me poser la question: comment être un meilleur boss? Je continue d’être sympa, aimable, flexible, compréhensible… car avant d’être une boss, je suis un être humain. J’ai perdu deux employés… mais beaucoup plus important; j’ai perdu deux amis qui m’étaient chers, deux amis qui je croyais l’être pour la vie. Non, être un boss ce n’est pas toujours facile…

 

 

 

 

Jo.

josee

Source photo: Unsplash

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