ÉTATS D'ÂME DÉVELOPPEMENT Maman Personnel TEXTES DE SAB.

Maudite pression!

Vous savez ce que c’est, se faire mettre la pression? Pour remettre un travail dans les temps, pour terminer un document rush, pour donner les bonnes bases à son bébé, pour nourrir son corps et son esprit selon les standards établis, pour être une mère exemplaire, une femme performante partout et en tout temps…

La pression est partout et chacun en vit chaque jour! Certains la tolèrent beaucoup mieux que d’autres, tandis qu’il y en a qui s’en foutent éperdument! Il y a la pression de la famille, des enfants, du conjoint, des amies, des mamans des amis des enfants. Celle qu’on perçoit à travers les publications des connaissances sur nos réseaux sociaux, la pression des publicités, de l’école, du boulot…

Mais la pire de toutes, à mon humble avis, est celle que nous nous imposons à nous-mêmes, sans que personne ne l’exige. Je suis ce genre de femme. J’aime ça être bonne partout, idéalement du premier coup, réussir ce que j’entreprends, exécuter mon travail avec le temps imparti, dans une qualité irréprochable, en plus de tout abattre d’une main de maître ce qui tombe dans ma cour de manière inattendue; être une étudiante à temps plein, maman à temps plein, conjointe à temps plein et salariée à temps plein, qui donne son 100 % partout et qui réussit à avoir une vie sociale bien remplie, d’excellents résultats partout, un enfant adorable, des amitiés saines et une vie de couple… Être une mère non seulement, douce, gentille, aimable et aimante, mais disciplinée, qui cadre juste assez et qui impose des limites claires tout en laissant place à une certaine négociation pour éviter tout traumatisme à son enfant et lui permettre de se développer adéquatement pour en faire un adulte responsable participant socialement et monétairement à la société…

Puis un jour: Pouf! L’illumination: Fille (c’est comme ça que je me parle)!!! Va falloir que tu choisisses tes combats, parce que tu vas «péter au frette» (je viens du Saguenay, d’où mon vocabulaire et expression colorés). C’est tout simplement IMPOSSIBLE d’être tout cela à la fois, d’être à son maximum partout, en tout temps, avec le sourire. Tout cela, je me l’imposais seule! J’aime tellement être performante! Je me sentais dans mon élément, quand je réussissais, je me sentais être quelqu’un, une personne spéciale à part entière. Et le moindre échec, même si c’était seulement d’oublier de saler correctement ma sauce Alfredo, devenait une épreuve quasi insurmontable qui minait le reste de ma journée, au bas mot!

Et avec toute cette pression de la performance absolue à tout prix que je m’imposais est venu le sentiment de culpabilité constante: «Oh non! Mon fils n’a pas mangé toutes ses portions de fruits et légumes aujourd’hui… c’est ma faute! Oh non! Le chat a fait tomber la plante, il y a de la terre et de la vitre partout: ma faute, c’est mon chat! Oh non! Il y a un trou dans la couche d’ozone: ma faute, j’ai une voiture!»

Et j’exagère à peine: c’était réellement comme ça que je pensais! Comme si l’entièreté des infamies du monde dépendait de mes échecs… Parce qu’on va se le dire: se sentir coupable pour tout et pour rien, c’est non seulement épuisant, mais c’est atrocement déplaisant pour l’entourage!

Non, mais woooo! J’ai fini par redescendre sur terre, même si ç’a été long! Personne n’en a rien à battre si mon garçon mange 3 bleuets de moins que la portion recommandée par le guide. Personne ne va faire exploser ma voiture si je suis incapable de terminer un rapport parce que vingt-quatre petites heures dans ma journée ne suffisent pas. Il n’y aura pas de nuée de sauterelles meurtrières si j’arrive 5 minutes avant le début de ma journée de travail au lieu de 20 minutes…

Et avec tout ça, il faut enfin réaliser que même si j’ai une repousse de blanc de quelques centimètres, même s’il y a des graines sur le plancher, même si je mange du beurre d’amande à la cuillère devant la télé en pyjama au lieu me préparer un vrai souper, même si je laisse une ou deux coquilles dans un document important: la vie de personne n’en dépend!

Donc, c’est assez la pression auto-imposée! Depuis que j’ai réalisé que tous ces faux standards de performance et de perfection que j’adoptais les yeux fermés ne m’apportaient rien de plus que de la maudite pression, encore et encore, j’ai l’impression de mieux respirer. Déjà qu’on la ressent partout et beaucoup trop souvent pour qu’on soit zen et calme en tout temps, faut arrêter de s’en inventer! Personne n’est parfait (heureusement !), personne ne performe 24 h sur 24 h, 7 jours sur 7, dans toutes les sphères de sa vie! Alors pourquoi je m’imposerais une telle pression, sachant tout cela? La seule réponse possible: pour absolument rien! Donc, terminée, la pression qui m’empêche d’avancer, qui me fait sentir coupable et tellement «poche» en tant qu’être humain. Finie, la maudite pression!

 

 

 

 

Sab.

Source photo: Unsplash

Champagne & Confetti

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