ÉTATS D'ÂME TEXTES DE M.-C.

Aimer comme à 15 ans

C’est arrivé sans crier gare! Rien ne m’avait laissé penser que ça pouvait m’arriver là, maintenant. D’un seul coup, mon cœur s’est mis à battre trop fort. J’ai senti bouger dans le creux de mon ventre. Mes yeux fixaient le vide. Je souriais sans raison. Je me suis mise à rire toute seule… pour rien.

Bang! J’étais tombée amoureuse. Ah! Ben sib*ire! Oui, on se parlait souvent. Oui, on découvrait la vie de l’un et de l’autre. On parlait de nos familles, nos amis, de la musique qu’on aimait. On parlait de tout, de rien, très souvent.

Où est-ce que le moment charnière est arrivé? Je ne le sais pas. Mais j’entrais dans le jeu de l’amour. Je me prenais à regarder sa photo. Je passais plus de temps devant mon miroir quand je savais que j’allais le voir. Ma tête n’arrivait pas à raisonner mon cœur. Les mouvements dans mon ventre, c’était des papillons qui s’envolaient. Ah! L’amour! L’amour, y’a rien comme un amour d’adolescente pour se sentir vivante.

Rien, sauf peut-être la tête d’une femme de 46 ans. Ben oui, J’ai 46 ans et mon cœur veut en avoir 15 et ma tête, elle, elle veut pas. Parce que son rôle à ma tête, c’est d’être rationnelle. Elle sait trop bien que quand mon cœur s’emballe, ça va trop vite et que ça finit toujours par faire mal. Parce qu’on dit tomber en amour. Pis tomber, c’est rarement doux.

Alors que mon cœur barbouille son nom en mille déclinaisons de couleurs et autant de cœurs, ma tête se bat pour garder son rôle d’équilibre et de raison.

Revenir aux amours d’adolescence à 46 ans, ça fait peur. À 15 ans, on comprenait pas grand-chose. À 15 ans, tout est beau, tout est bon, tout est simple et tout se peut. À 46 ans, ça ne prend plus grand-chose pour nous faire peur. À 46 ans, on sait que tout nouveau ne veut plus dire tout beau. On sait aussi qu’au département des possibilités, les impossibles, les improbables et les incompatibles sont les choses les plus probables.

N’empêche que ça fait du bien de feeler ado. De dessiner des cœurs, de faire des flèches pis d’écrire son nom… C’est cool, comme disent les jeunes. Je sais bien qu’à un moment donné, mes 46 ans vont me rattraper. Pis, mon cœur va retrouver ses rides et pogner un coup de vieux. Parce qu’on montre pas à un vieux singe à faire des grimaces.

Mais d’ici-là, j’aime croire que les licornes existent, que les cœurs peuvent juste être transpercés par des flèches pis que les nuages sont roses!

M.-C.

Source photo: Pexels

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