Le jour où ma soeur s’est perdue…

18h. Un appel. C’est ma mère qui m’appelle post-choc. Ma soeur avait disparu après l’école. Deux heures. Cent vingt minutes à avoir le cœur qui bat. La tête ailleurs, comme dans ces films où les mères courent comme des folles tout partout pour voir au bord de la rue si elles n’apercevraient pas leur enfant au loin. 7200 secondes à avoir envie de mourir. De crier sa rage sur tout le monde, de hurler sa peur de perdre un autre enfant, mais pas pour les mêmes raisons.

Je l’écoute raconter son récit et j’ai mal au cœur d’imaginer le pire. J’aurais pu perdre ma sœur. Les patrouilles de police pour la retrouver. Les ambulances aussi. Un processus d’enclenchement pour Alerte AMBER. Oui, oui. On ne la retrouvait pas.

Et pendant ce temps, y’a ma sœur de 11 ans qui s’est perdue. Elle n’a pas tourné du bon côté de la rue pour aller rejoindre ma mère au travail après sa première journée dans sa nouvelle école. Après tout ce temps de marche, elle avait retrouvé son chemin. Elle savait où elle s’en allait, soit vers la maison. Elle n’était même pas stressée. Elle avait seulement peur que sa maman s’inquiète et aucun moyen pour la contacter. C’est la police qui l’a retrouvée saine et sauve et surprise de voir la police qui savait qui elle était.

Le récit terminé, j’ai mal au cœur. J’ai la tête qui me tourne. Je suis stressée alors que je sais que ma sœur va bien. Et pourtant… Je me dis que ça pourrait arriver à n’importe qui. Une disparition d’enfant. J’ai même pensé aux parents de Cédrika Provencher. Comment tu fais pour vivre dans ce stress des recherches de tous les jours?

C’est une chose que de perdre son enfant dans un accident de voiture, c’en est une autre que de ne pas savoir où est ton enfant et s’il est mort. Impossible d’avoir la tête tranquille. Impossible de faire ce deuil.

Non, ce texte ne changera pas nos vies. Il me fait questionner sur notre peur au pire. Sur le fait de donner un cellulaire à un enfant pour avoir le cœur plus léger en tant que parent. Mais, il me fait de plus en plus questionner sur le fait d’avoir des enfants dans ce monde qui va déjà mal… Je ne sais pas… Je suis perdue. Je me demande si je ferais une bonne mère dans ce monde de fou… J’ai sûrement juste eu une grosse frousse et tout ira mieux demain.

Êtes-vous aussi peureux que moi sur votre capacité à être un bon parent ?

V.

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