Les relations homme-femme


ÉTATS D'ÂME, x / vendredi, septembre 14th, 2018

«Car sinon, on a une drôle d’amitié. – Mais, on n’est pas amis, crois-moi».

L’amitié. Non. L’amitié homme-femme: est-ce indéniablement l’élément déclencheur d’un jeu où les dés sont truqués?

Je ne suis pas de celles qui sont amies avec leur ex. Faute de caractère. Je ne suis pas de celles qui croient au prince charmant, simplement parce que j’ai mieux à faire. Plus à vouloir, une grande soif d’envie de vivre l’imprévisible plutôt que d’attendre qu’on me l’impose. Sinon, ce serait comme attendre la pluie dans le désert ou bien du service dans un bar le vendredi soir, quand le barman est en fait une barmaid, et que le décolleté, eh bien, il ne fait pas effet. Je ne suis pas de celles qu’il faut obliger ni à qui l’on peut imposer ou s’imposer, il serait préférable de suggérer. Avec respect et agilité et un minimum de répartie. Je suis de celles avec une checklist. Ce n’est pourtant pas une liste de qualités à espérer, plutôt une liste de défauts à minimiser. Pas les miens. Les vôtres, les tiens et les leurs.

Je suis de celles avec trop de confiance. Certains l’appellent «arrogance», mais tout est relatif. Nos faiblesses cachées forgent notre force, ou apparemment notre combat. Notre combat face à qui? Face à quoi? Je me lance dans le questionnement, car je mets sur papier l’état le plus pur de mes incompréhensions. De mes déceptions. De mes faux espoirs. De mes ignorances, de mes défaites, de mes objections naïves face au courant de la vie. Le combat cruel relationnel n’est pas face aux autres, il est de nature implicite. Car quel débat interne ne saurait pas surpasser une tragédie grecque? Le monologue surpasse le dialogue lorsqu’on est bon démagogue et quelque peu philosophe et surtout, quand on n’aime pas perdre. On ne se laisse pas perdre. Et puis qu’au final, on passe à côté de tout.

Cette confiance ne rime pas souvent avec spontanéité. Rarement dans mon cas. Toujours dans mon cas. Je ne suis pas perdue aux pays des merveilles dans mes pronoms possessifs. Je prends le risque aux riches d’expériences, pour le redonner aux pauvres d’envie. Devenir adulte était un échec monumental. Le mot clé: mental. Donc, tant bien que mal, j’ai usé de spontanéité, pour maintenir ma stabilité. Contradiction majeure. Et inefficace.

Parlant de relations interpersonnelles, le monologue de mes propos devrait laisser place à la création d’une 2ème personne, idéalement d’un homme, question de balancer mes accusations. Mais pour éviter qu’on s’y attache, on va le rendre lecteur plutôt qu’interlocuteur, car de nos jours, quel pourcentage des propos d’un homme sont réalistes – pour ne pas dire véridiques ou mêmes censés – à défaut de dire, complètement absurdes.

Vous avez entendu le terme narrateur omniscient. On fait ici appel à un lecteur omniscient, de la gente masculine. Ne lui accordez pas trop d’importance, car il ne vaut que les adjectifs que je lui accorde, que les noms qui le définissent. Qui il est n’a pas d’importance, pas adeptes des surnoms, il se perdra parmi d’autres dans une liste de numéros de téléphone, un peu comme les lettres diverses des Pages Jaunes.

Les relations de nos jours sont complexes. Il fut un temps où les hommes tentaient de charmer les femmes, de les soudoyer, de les impressionner avec leurs capacités intellectuelles et leur tendance et facilité à répondre aux besoins primordiaux de celles-ci et puis les femmes sont devenues indépendantes et les hommes, eh bien eux, sont devenus sournois et manipulateurs. Chacun de leurs mots mesuraient plus que leur petite taille et je ne fais pas ici référence à la hauteur de leurs corps, et surtout pas de leur esprit. Leur capacité rationnelle pourtant fort développée, ils n’avaient plus les réflexes nécessaires afin d’élucider le mystère féminin. Les femmes sont difficiles. Les femmes sont des créatures complexes dépendantes aux drames de la vie. Elles recherchent l’amour, la fidélité, la loyauté. Elles recherchent à être seule au monde.

À défaut de pouvoir mettre une claque à la figure de ceux qui tiennent ces propos, je leur propose de se mettre un doigt dans l’œil, de prendre du recul et de réfléchir un instant à leurs paroles gratuites et misogynes. Les hommes courent après les femmes. Tentent, tant bien que mal que leurs cerveaux ou engins les laissent faire, de gérer ces petites créatures dépendantes affectives si faibles et désespérées. Statistiquement parlant, si l’on compare leurs chances à un jeu de dés, ils ont une chance sur 6 de tomber sur un être qui daigne se pencher, pendant ne serait-ce qu’un instant, sur leur cas. Mais, si on joue avec 2 dés, leurs chances se doublent, non? Eh bien leur chance d’échouer aussi. Le fait de vouloir le beurre et l’argent du beurre est un instinct naturel de l’homme, car les choix sont limités et les besoins eux, illimités, du moins économiquement parlant.

Cette petite pratique, apparemment fortement répandue de nos jours, permet aux membres bien membrés de littéralement pêcher jusqu’à la mort. Ils troquent leurs valeurs pour quelques instants de bon temps sans réaliser qu’ils passent à côté d’un potentiel émouvant. Ils ont un agenda, un plan de match, un tableau de score. Et puis parfois, eh bien parfois, ils se font prendre à leur propre jeu. Car que sont les femmes sinon d’excellentes joueuses. Fille unique, j’ai eu la chance de passer mon enfance à jouer toute seule, mais quel plaisir lorsque j’ai découvert le jeu à deux. Les ébats des débats amoureux ou bien le luxe de voir quelqu’un dire ce qu’on veut? Mais ce texte ne parle pas de moi, ni de celles qui passent leur temps à patienter pendant que leur mec fait je ne sais quoi avec je ne sais qui pendant des heures et des mois.

Je ne te poserais aucune question, je n’enclencherais aucune discussion, je ne te ferais aucune promesse et je t’abandonnerais dans cette vision, dans tes opinions claires et précises de mener en bateau toutes ces idées lourdes que tu n’assumeras jamais, par peur qu’elles viennent ébranler ton train-train quotidien, ta stabilité dénuée de plaisirs et d’émotions. Il y a des hommes qui jouent bien et qui risquent gros et puis il y a ceux qui ne risquent rien et remportent le gros lot. Dans ton cas, tu as pris le risque de tout enclencher, pour ensuite te retrouver face aux regrets amers d’un mec qui a trop joué.

 

 

 

Gmz.

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Source photo: Unsplash

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