ÉTATS D'ÂME DÉVELOPPEMENT Personnel TEXTES DE JASS. x

Le moment où ma vie parfaite s’est effondrée

J’avais 30 ans, j’étais une professionnelle aguerrie, j’étais propriétaire, je voyageais, ma vie de couple devait devenir une famille. J’enchaînais les projets et les succès. Je brillais et j’avais tout. Ma belle vie allait bien. J’étais heureuse, épanouie, amoureuse, belle, mentalement équilibrée et chérie par la vie. Mes choix de vie étaient à leur pleine apogée.

Puis un jour, sans crier gare, tout s’est effondré: j’ai perdu mon couple, mon travail, ma maison, mes projets d’avenir, un parent, ma santé et mon argent. Ma belle vie ne voulait plus de moi; elle m’a chassée d’elle! En l’espace de quelque mois, j’ai tout perdu. Le destin ne cessait de s’acharner sur moi et je ne me définissais plus. Ma vie ne m’appartenait plus. Tout autour de moi s’écroulait à grands coups de vent! C’est alors que le ciel au-dessus de moi s’est assombri et la que la tempête est entrée dans ma tête.

C’était injuste. C’était comme si la loterie du malheur avait tiré mon numéro sans aucun indice d’avertissement au préalable. Moi qui m’étais donnée corps et âme pour devenir la femme que j’étais. Qui aurait cru qu’en si peu de semaines, toute cette belle vie que je chérissais, à l’image de celle que je désirais, allait me laisser tomber, m’abandonner à mon propre sort? J’avais l’impression qu’on me catapultait seule dans un désastre et que ma propre destinée me beuglait: «Voilà, tu aimes vivre d’aventures pour te sentir vivante, alors maintenant, rame pour survivre!»

J’ai capoté. C’était une sensation si intense que mes sentiments déraillaient. Mes idées et mes objectifs n’étaient pas déstabilisés; c’était juste ma conscience qui était dans une zone de brouillard trop dense pour mes capacités personnelles. Le fonctionnel y était de base et le sensationnel beaucoup trop! Pour essayer de reprendre mon souffle, j’ai souvent coupé le téléphone. Les gens qui m’entouraient le savaient que je ne referais surface que lorsque j’aurais retrouvé un peu de discernement. Ils me laissaient me faire bercer par ma tempête en silence. Je n’avais pas besoin d’aide, j’avais besoin d’air. J’avais besoin de me comprendre moi-même, et puis finalement, je ne me comprenais pas. C’est de moi-même dont j’avais besoin d’air. Je n’étais pas dépressive; j’étais cassée, indéfinie, tourmentée.

J’ai chuté. Le désastre m’a entraînée dans son jeu. J’ai consommé. Consommé tout ce qui se consommait et consumé tous ceux qui se consumaient. Ne plus penser à rien. Ne rien ressentir mentalement. J’ai vu le fond; je lui ai souri et je me suis relevée. Je suis faite de force, d’ambition et de détermination. J’ai attrapé la nouvelle vie qui m’attendait et je l’ai chevauchée à son tour. Celle-ci, je ne l’ai pas manipulée à l’image de la société, mais façonnée à l’image de mon bonheur. Cela m’a menée à ma plus belle rencontre, que je chéris toujours à ce jour. J’y ai rencontré ma meilleure amie: moi.

Aujourd’hui, je ne rêve plus d’une vie rangée et socialement parfaite: ce n’est pas fait pour tout le monde! J’ai appris avec ma meilleure amie; elle m’a enseigné un nouveau chemin. À mes dépens, j’ai réalisé que je ne suis pas de celles qui regardent le train passer; je suis de celles qui tirent le train et qui provoquent «l’improvocable». Même si j’appréhende toujours les tempêtes, je vis et carbure à nouveau. J’abuse encore de la vie et de ce qu’elle a à offrir.

Ma tempête s’est retirée, mais les vestiges quelle a laissés sont certes un moteur vital qui prend naissance dans mon subconscient et qui s’installe dans mes tripes pour exister dans mes réalisations, pour me générer de nouveaux projets, pour me faire vivre de nouvelles péripéties et pour me nourrir d’aventures. Mon essence propre sera toujours imminente, mais il faut parfois changer notre chemin pour continuer à avancer. Je ne peux pas être insensible à mes lambeaux. J’ai été frappée, secouée et bafouée, mais grâce à eux, j’ai acquis ma nouvelle vie qui me procure de nouvelles ailes. Je sais bien que ce n’est pas toujours évident pour les autres, mais on ne choisit pas nos tempêtes, on les subit.

 

 

 

Jass.

Source photo: Unsplash

Champagne & Confetti

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