ÉTATS D'ÂME TEXTES DE M.-C. x

Débats lancés, des bas lancés… débalancée?

On parle pour parler, là. On le voyait sur l’autre continent, mais on y croyait pas. Ça se passait tellement loin de nous. C’était bien sûr parce qu’ils étaient différents. Y mangeaint toutes sortes de choses. Y vivaient pas comme nous. On commençait déjà à porter des jugements. Idées pré-conçues? Manque d’informations? Manque d’ouverture?

Quoi qu’il en soit, ça nous est tombé dessus comme une tonne de briques. La chose dont on ne veut plus entendre le nom, est arrivée; «la pandémie». La fin du monde comme on le connaissait, jusqu’à lors, est arrivée.

Au début, dès que les «Ça va bien aller!» sont apparus dans nos vies, j’y ai cru. Les gens allaient prendre la mesure de la valeur humaine. Le beau et le bon allaient prendre le dessus, sur tout le reste. La TV nous le montrait, la radio nous le racontait, les médias sociaux nous y incitaient. Les gens faisaient du pain. Matante Chose allait porter des petits plats à Chose Bine. Monsieur X chantait pour les résidences des boomers. Les jeunes s’offraient pour garder les plus jeunes. D’autres faisaient corvée pour faire les commandes des ainés. Ça se voyait, ça se sentait. Partout, on avait l’impression que des mains se tendaient pour faire du bien à son prochain.

Mais… chasser le naturel et il revient au galop. Ça a pas pris trop de temps, en plus. Ce qu’il y a de moins glorieux est revenu. Le monde s’est polarisé. Y a le nord ou le sud. Y a plus d’est ou d’ouest. La balance n’existait plus.

Le débat était lancé. Y a maintenant deux groupes: les pours et les contres. Y a les complotistes ou les scientifiques; les pro-choix, les rigides. Les gens du milieu? Ils sont où? On les voit plus??

Dassin chantait: «Ça va pas changer le monde», il avait bien raison. La bêtise humaine a refait surface. C’est là que les «bas» sont lancés. Qui a raison? Qui a tort? Les bassaisses ont été lancées, aussi. Aussi bas que puissent se rendrent les mots, aussi bas iront les gens? Rappelez-vous, les restos asiatiques qui étaient sacagés. Les Asiatiques qui étaient montrés du doigts. J’ai jamais vu aussi souvent des statuts Facebook arborer autant de messages haineux. J’ai jamais vu autant de mes amis, en banir d’autres en raison de leurs propos.

La pandémie n’a rien changé. Sinon de me confirmer que rien ne viendra à bout de la sottise humaine. Y aura toujours des Georges Floyd, y aura toujours des Joyce Echaquan, y aura toujours des enfants assassinés. Y aura toujours des gens pour aller jouer au BINGO, malgré les risques. Y aura toujours des gens qui ne pourront pas survivre sans une sortie au karaoké ou dans un bar. Y aura toujours des gens pour dire: «C’est pas dangereux pour moi». Y aura des nombilistes jusqu’à la fin des temps. Y aura toujours des extrémistes, y aura toujours des polarisés. C’est souvent trop ou pas assez. C’est rarement juste ce qu’il faudrait.

Pour sûr, le débat est lancé. La vérité est précaire. Elle se trouve peut-être du côté de ceux qui crient le plus fort? Elle est rendue où la balance, l’équilibre? Ils sont où les modérés? Ils sont où les gens qui sont égalitaires? Je ne sais pas, je ne sais plus. Pourtant au début, j’y ai cru, vraiment cru, tellement cru. On avait, collectivement l’opportunité de réajuster nos flûtes. De remettre de l’avant les valeurs qu’on prônait en groupe. Retour à la terre, retour à l’humain. Retour à la beauté. Avec le recul, je me dis qu’encore une fois, on a pas saisi la perche qui nous était lancée. On a préféré rester dans nos vielles pantoufles… Présentement, je suis comme débalancée avec ces débats lancés et tous ces bas lancés.

Malgré tout, j’ose espérer qu’un jour nous comprendrons que lorsqu’on travaille tous ensemble, ça prend parfois un peu plus de temps, mais le résultat est rarement décevant.

 

 

M.-C.

Source photo: Unsplash

Champagne & Confetti

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