50 % sophistiquée / 50 % bûcheronne


MODE&BEAUTÉ, STYLE DE VIE, TEXTES DE MB., x / jeudi, novembre 1st, 2018

Ma vie est un heureux mélange de: j’ai envie de me mettre cute, mais en même temps, je m’en fous. Donc, si j’avais à me décrire, c’est ça que je dirais: 50 % sophistiquée / 50 % bûcheronne.

Pourquoi donc tu dis ça? C’est très simple: supposons que je prends le compartiment «sophistiquée» en premier.

T’sais, on a chacune notre affaire. Ma mère est incapable de sortir de la maison sans rouge à lèvres. Moi, c’est le mascara. IMPOSSIBLE de sortir sans que mes cils ne soient pris en charge. Autrement, j’ai l’air d’une fille de 40 ans (au lieu de 30) en carence de sommeil qui vient de passer 3 nuits debout d’affilées.

La deuxième chose, bien importante pour moi, c’est de prendre soin de mes cheveux. T’sais, toute la gamme de salon de coiffure qui me coûte un bras pis une demie-jambe, mais qui me permet de les garder en vie malgré toutes les mises en plis. Faut comprendre que quand mes cheveux sèchent à l’air libre, j’ai l’air d’avoir mis mes doigts dans la prise de courant. Un lion est mieux peigné que moi, mettons. Alors c’est garanti que la passe de fer plat est nécessaire.

La troisième chose qui fait partie de ma routine de fille, c’est de me faire les ongles moi-même au vernis en gel. Toutes les deux semaines, je prends 1h30 de ma vie pour faire ça. T’sais. avoir des beaux z’ongles.

Pour terminer le chapitre sophistiquée, faut comprendre que j’aime ça, quand c’est le moment d’une soirée spéciale, prendre du temps pour me maquiller, me coiffer, choisir une tenue qui me fait sentir belle et me fait sentir femme. Aussi, quand la situation le demande, je prends des beaux mots pour parler. Je suis capable d’avoir un vocabulaire plus élaboré, plus posé, plus «normal». C’est parfois difficile pour moi de me «soigner», mais je suis capable et j’aime ça.

Et puis, dans le compartiment voisin, il y a mon côté «bûcheronne». Le côté de ma vie où j’enlève littéralement mes pantalons serrés dans l’entrée de la maison pour sauter dans une paire de leggings lousses ou des bons vieux joggings.

Je sacre comme s’il n’y avait pas de lendemain, je ris beaucoup trop fort, je rote quand je bois de la liqueur et/ou de la bière et je fais des jokes déplacées. Je me salis quand je mange, je sors au dépanneur en pyjama. J’ai peur de plein de choses, mais pas de la poussière et pas de la bouette. Les combats extrêmes, c’est mon affaire et ramper dans la boue pour être capable de gagner une partie de paintball, c’est mon affaire.

Je peux avoir autant de classe que pas de classe du tout en 3 secondes. Littéralement. J’ai un travail en événementiel qui me demande tant de travailler dans un bureau que de me salir les mains.

Ma garde-robe ressemble à un dédoublement de personnalité. Des petits chandails courts et décolletés sont bien pliés à côté d’une pile de chandails auxquels je ne tiens pas trop. Mes pantalons de bureau sont voisins de jeans trop grands, troués ou en mauvais état. Ma chemise à carreaux est accrochée à côté d’un bomber jacket noir en soie. Mes bottes à caps d’acier m’attendent gentiment à côté d’une paire de chaussures rouges à talons (que je ne porte plus d’ailleurs, il faudrait que je les donne).

Mon franc parlé, ma voix qui porte et ma transparence dans un cadre professionnel frappent par moments, alors qu’il m’est impossible de verbaliser mes peines ou angoisses sans verser 42 litres de larmes. T’sais… les contraires, quoi. Ça fait de moi un bien drôle de personnage.

Je suis la fille en caps d’acier, avec du mascara et une mise en plis, bien assise dans un cube 20 pieds, en train de faire une joke de cul à une collègue de travail.

Je suis la fille qui prend 2 heures à toutes les deux semaines pour me faire une manucure en gel à la maison, mais qui n’a pas peur de s’abîmer les doigts en production.

Je suis la fille qui dit des choses de manière crue en sacrant, mais qui répond d’une voix douce 3 secondes plus tard quand mon téléphone sonne et que c’est un fournisseur.

Je peux être « one of the boys et avoir une « girls night out » dans la même journée.

Ouais, je suis comme ça, féminine en apparence, mais pourtant, je trouve qu’il n’y a pas grand-chose de féminin dans mon attitude. Mais c’est parfait, je m’aime comme ça.

 

 

 

 

MB.

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Source photo: Yasmina Labbi

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