Ode à 2019 (parce que f*ck 2018)


ÉTATS D'ÂME, DÉVELOPPEMENT, Personnel, TEXTES DE A., x / mercredi, janvier 2nd, 2019

2019, tu seras formidable. Je t’avertis, la barre n’est pas très haute. 2018 a été épouvantable et m’en a fait baver, faque tu ne peux pas faire pire. Ta job va être facile, promis.

En 2018, j’ai brisé des cœurs et on a brisé le mien. Je suis tombée et je peine encore à me relever. En 2018, je me suis perdue, effondrée et je me cherche encore. J’ai pleuré, j’ai abandonné, j’ai baissé les bras et j’ai tout envoyé promener. Ce qui devait être mon année de changement, de renouveau, s’est avérée être une année de survie. J’y ai perdu la raison par bouts sans jamais la retrouver totalement. J’y ai perdu l’insouciance, la légèreté des vies sans drame. En 2018, la vie d’adulte et tous ses travers me sont rentrés dedans. Je les ai eus en pleine face et je n’étais pas prête.

Je me suis manqué de respect et j’ai laissé les autres en faire autant. Je me suis sentie seule, tellement seule. Lourde d’un trop gros fardeau à porter. Je me suis saoulée d’alcool et d’hommes. Je me suis perdue à trop me chercher. J’ai bu pour oublier et je me suis réveillée tous les matins en me rappelant encore plus fort ce que je fuyais. J’ai tenté de m’étourdir par tous les moyens, mais la douleur m’a suivie, pourchassée.

En 2018, la noirceur est entrée dans ma vie. J’ai connu l’obscurité totale. La peur de vivre, l’affolement. Puis elle a fait place au gris. Le gris omniprésent. Celui qui n’empêche pas de vivre, mais qui enlève le goût à tout. J’ai perdu mes couleurs, mes nuances. J’ai roulé sur le pilote automatique sans trop comprendre ce qui m’arrivait. Avancer sans se poser de questions. Avancer malgré le mal. Ne pas m’arrêter sous prétexte de ne jamais pouvoir repartir.

En 2018, j’ai joué les toughs. Je me suis prise pour Wonder Woman. J’ai fait croire à tout le monde, y compris moi-même, que j’étais correcte. Que c’était un petit bout un peu plus long, mais que ça passerait. Et j’ai craqué. J’ai pleuré au point où je pensais me noyer de l’intérieur. J’ai souffert au grand jour. En 2018, j’ai écrit, j’ai dit, j’ai crié que ça n’allait pas. J’ai avoué. J’ai laissé tomber ma façade et j’ai assumé. Je ne vais pas bien. Je l’ai répété encore et encore. On m’a crue, on m’a écoutée, on m’a bercée. Je me suis arrêtée, j’ai pris le temps. Je me suis mise à off. Je me suis donné le droit de prendre le temps d’aller mal. De le vivre pleinement. D’accueillir ma souffrance au lieu de la fuir. D’y faire une place. De l’analyser, de la comprendre. Je n’y suis pas encore parvenue, mais c’est un long travail. En 2018, j’ai réalisé que cette blessure, cette faiblesse, serait en moi pour toujours et que je devais m’en faire une alliée.

2019, je ne te demanderai pas grand-chose. J’ai arrêté d’attendre des choses de la vie, car maintenant je sais que tout part de moi. Pour 2019, je souhaite seulement continuer à me retrouver, petit à petit. À retomber en amour avec la vie. À me donner le droit d’être moi-même, avec mes hauts et mes bas. De les assumer entièrement. Je souhaite ne plus me perdre de vue. Je souhaite tomber à nouveau et me relever plus forte encore une fois.

2019, tu vois bien que tu vas l’avoir facile avec moi. Je te demande juste d’être douce et de me laisser goûter au bonheur à nouveau.

 

 

 

 

A.

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Source photo: Unsplash

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