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Les relations humaines au temps du coronavirus

Depuis plusieurs années, on le dit tous; les gens communiquent de plus en plus, mais sont de moins en moins ensemble.

Ce que la quarantaine nous aura appris, c’est que les réseaux sociaux sont d’une grande utilité durant cette période de crise, tant pour se tenir informés, que pour briser l’isolement.

Mais quand on n’est pas en crise…

Je me demande si, nous, la génération utilisant majoritairement les TIC afin de communiquer avec d’autres humains, ne sommes pas les moins impactés moralement par la quarantaine. C’est presque notre mode de vie quotidien. Les relations clics.

Karma. On souffre de la quarantaine.

Quand je pense aux aînés brisant les règles pour se rendre au centre commercial «jaser» aux petites tables, comme ils le font depuis des années pour se désennuyer, je me dis qu’ils commettent cette vitale erreur, car ils sont le groupe le plus à risque mentalement d’être en bris de fonctionnement. On les a déjà mis en quarantaine. Depuis longtemps. Un humain est d’abord un être social, que disait l’autre.

L’autre avait raison.

Hier, mon chum et moi avons pris l’apéro en ligne avec mon amie préf et son amoureux, en direct de Rimouski. Facetime. Mon meilleur moment de la journée. Rire comme des cons. Faire un selfie de groupe. Je m’ennuie d’elle.

Et ça m’a fait réfléchir… j’étais émue de la voir. J’étais aussi fâchée contre moi de ne pas avoir pris le temps d’aller la voir plus tôt depuis les fêtes. Mais on s’est textée, je suis une amie conforme.

Prendre le temps. Avec les communications rapides, tout va si vite. Si acquis. On organise ou on choke un souper en un clic. Pas grave. On procrastine nos contacts humains. Pas grave. Si on veut les voir, on peut. C’est tellement de base. Pas grave.

Avant la quarantaine, les gens se voyaient de moins en moins, mais se commentaient de plus en plus. «Wow belle photo, félicitations!», et boom! on se remplit dans notre besoin d’interactions humaines. On procrastine le vrai. Jusqu’au prochain commentaire, au prochain Messenger, au prochain texto. Ça fonctionne quand tu sais que de toute manière, tous seront toujours là, si on trouve la disponibilité.

En ce moment, on vit mal la quarantaine. On se sent brimé. On l’est pour le bien commun. C’est vital. On est d’accord. On est volontaire.

On sort prendre l’air et nos distances pour ne pas devenir fous. Une ambiance plane. Le vide. Presque le silence. À la maison ou dans la rue, une ambiance. Lourde. Qui devient de plus en plus normale. Un bruit de fond. Une fan qu’on oublie d’éteindre au-dessus de la hotte.

On croise des inconnus. De nos côtés de rue, on se salue. On a envie de s’arrêter pour discuter. On les connaît pas. On peut pas. On est tous liés par le bruit de la fan. L’ambiance.

On a besoin d’eux. Ces étrangers sont aussi responsables de notre sort commun. On se fait confiance.

On rentre s’enfermer. Une belle gang de tout seuls, comme disait Tremblay.

Les nouvelles jouent. Le bruit de fan aussi.

Alors je me dis que le côté positif sera sans doute qu’à la sortie de tout ça, parce que oui #cavabienaller, nous aurons envie de nous voir, nous toucher, nous regarder. Plus. Plus souvent. Plus facilement.

Je me dis que lorsque tout cela sera fini, peut-être que l’instantanéité humaine sera devenue tellement 2019! Passée date. Désuète. Obsolète.

On dit qu’on est conscient de la valeur d’une chose que lorsqu’on ne l’a plus. Ce qu’on n’a plus, c’est nous.

Nous réunir. En vrai. Pour du vrai.

C’est beau, les gens.

Bientôt. 🌈❤️✌🏻

#stayhome #arcenciel

 

 

 

 

Catherine Parent, collaboratrice ponctuelle et chroniqueuse à quB Radio

Champagne & Confetti

Blogue mode, beauté, style de vie et développement.

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