ÉTATS D'ÂME TEXTES DE L-J. x

Même si l’amour et les souvenirs peuvent être éternels, nous ne sommes que de passage

C’était il y a 5 jours, je me suis décidée à faire comme beaucoup d’autres font depuis la pandémie, le ménage de mes vielles photos, et je suis tombée sur ton joli sourire, ta belle petite frimousse de jeune fille. Alors, des milliers de souvenirs me sont revenus en tête. Ton sourire magnifique, tes cheveux d’un noir ébène et tes yeux d’une fougue de femme d’aventure en devenir.

Il me semble que la première fois que je t’ai rencontrée, nous avions toutes les deux 7 ans, l’âge de ma fille et à peu près l’âge de ta plus jeune. C’est quelque chose qui me perturbe énormément, car je ne peux pas imaginer ma petite princesse vivre sans sa maman et c’est pourtant le sort que subissent tes deux petites chéries.

J’ai eu les yeux remplis de larmes en regardant cette photo de toi et moi, avec nos robes blanches fleuries des années 90. Nous avions l’air si coquines et heureuses, toutes les deux prêtes à affronter la vie. Je te trouvais tellement mature pour ton âge et je me souviens que tu étais mon exemple.

Tu vivais avec ton papa qui travaillait beaucoup et pratiquement tous les soirs, on se retrouvait ensemble dans ton salon à chanter les Backstreet Boys, animer de fausses émissions de radio avec nos enregistreurs à cassette et on se cuisinait des petites recettes de sauces pour accompagner nos biscuits soda. On avait de grands projets de découvrir la prochaine recette de sauce gastronomique à commercialiser sur le marché. Quand on allait chez ta maman, on écoutait du Éric Lapointe à tue-tête, tu l’aimais tellement, que malgré mes goûts différents, je le supportais pour te faire plaisir.

Je t’ai vue te décrotter le nez et je me souviens que tu avais passé au moins une heure à essayer de me convaincre que j’avais tout imaginé. Ç’a été notre première vraie dispute. On avait passé une semaine sans se voir parce que toutes les deux on était orgueilleuses à mourir. Peux-tu m’expliquer pourquoi, avec ta tête de linotte, tu n’as pas été capable de tenir tête à la faucheuse?

Un peu plus tard, vers l’âge de quatorze ans, on partageait le même casier au secondaire. On n’avait pas les mêmes amis, mais toi et moi, on se connaissait tellement qu’on devait garder un contact quelque part. On s’appelait parfois le soir et tu me conseillais sur la façon avec laquelle je devais agir pour charmer mes «kicks» de jeunesse.

J’ai même été jalouse de toi un jour, parce que je soupçonnais ma mère de t’aimer plus que moi! Tu étais parfaite, tu étais ma meilleure amie à cette époque. Mais j’ai quitté notre petite ville pour Rimouski à l’âge de 17 ans et notre amitié s’est un peu égarée avec la distance. Bien sûr, tu as toujours été dans mon cœur, mais on se parlait de moins en moins et nos vies continuaient d’avancer l’une sans l’autre.

Un beau matin routinier, à l’âge de 21 ans, j’étais en train de travailler aux Galeries de la Capitale à Québec et en me relevant la tête de mes tâches, tu étais là, avec ton petit sourire. Je me souviens de ce moment: j’ai pensé à quel point je m’étais ennuyée de toi. Quatre longues années sans te voir en personne et tu étais resplendissante! J’ai pris ma pause et on a marché dans les corridors du centre commercial pendant une bonne heure. Tu me racontais la naissance de ta première fille et les mille régimes que tu avais essayés pour perdre tes quelques livres en trop selon toi!

Ce jour-là, on s’est quittées en se disant qu’il fallait absolument qu’on se fasse un souper pour rattraper tout ce temps perdu. Les jours ont passé et les raisons étaient toujours au rendez-vous pour ne pas faire la route et s’organiser notre souper. Mais cette fois-ci, le temps aura fini par nous manquer, car je ne t’ai jamais revue, ma chère amie!

C’était l’automne de ma deuxième grossesse, j’étais couchée dans mon lit et je rêvassais. Je pensais à toi tellement fort, comme si tu essayais de me parler à travers l’autre monde. Le goût intense et soudain de te voir m’a envahie d’un frisson et j’ai parcouru ta page Facebook pour te contacter. Je voulais qu’on se le fasse notre souper. Je voulais te présenter mon fils et ma bedaine qui allait exploser, je voulais rencontrer tes 2 petites filles.

En arrivant sur ton profil, j’ai aperçu des centaines de messages t’étant adressés. Des sympathies pour ta famille et plein de beaux mots pour te rendre hommage défilaient sous mes yeux. Je n’y comprenais rien, j’avais certainement manqué un bout. Impossible que j’apprenne ta mort ainsi! Pourtant, c’est lors de cette froide journée d’automne que j’ai appris ton décès. Ça faisait 2 semaines que tu étais partie, à l’âge de 25 ans, d’un cancer et je ne l’ai jamais su.

Est-ce qu’on s’était éloignées à ce point-là? J’ai tellement pleuré ce soir-là et je t’en voulais de m’avoir mise de côté. Je serais venue te voir tous les jours à l’hôpital si tu me l’avais dit! Comment se fait-il, que tu n’aies pas pensé à moi? Tu étais sans doute concentrée avec ta famille et je l’ai compris avec le temps. En plus, il paraît que tout s’est détérioré tellement vite pour toi et qu’en même pas un an, tu t’es éteinte.

Mon grand rayon de soleil, je ne t’ai jamais oubliée! Je pense souvent à toi et je ne prends pas la vie à la légère grâce à ton départ! Chaque jour, j’embrasse mes trois enfants en me disant à quel point j’ai de la chance de les voir grandir! Tu m’auras appris à profiter de la vie et qu’il ne faut jamais remettre à demain une rencontre. Même si l’amour et les souvenirs peuvent être éternels, le corps physique n’est que de passage. Continue ton beau voyage là-haut, petit ange! Il m’arrive souvent de m’imaginer comment aurait été notre amitié aujourd’hui, au-delà de nos 33 ans.

Je t’aime SH (PS : je pense aussi à ta sœur qui t’aime très fort, ta maman et ton papa).

 

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L.-J.

Source photo: Unsplash

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