ÉTATS D'ÂME TEXTES DE C.S. x

L’écriture, mon échappatoire

Du plus loin que je me souvienne, j’aimais écrire. Barbouiller des mots sur une feuille, à l’encre bleu.

Je me souviens qu’au primaire, notre enseignante de français de la 5ème année nous a un jour demandé d’écrire un poème. Jeune et insouciante, à l’époque, je rimais grenouille et nouille ou fenouil. D’ailleurs, je ne savais même pas ce que ce mot voulait dire, l’important c’est que ça rimait. J’étais jeune, mais j’aimais utiliser ma créativité pour rédiger un «chef-d’œuvre» littéraire, du haut de mon 1.50m. Bref, à 11 ans, j’ai découvert la beauté de la poésie, et cet amour s’est échelonné sur plusieurs années. D’abord en rédigeant quelques poèmes ici et là, pour mes parents, ou dans le cadre de mes cours de français.

Plus tard, entrée au secondaire, la poésie a pris le bord. Les cinq années de secondaire n’étant pas nécessairement la plus belle époque de ma vie, j’ai découvert l’écriture d’un journal intime. Je rentrais chaque soir de l’école et courais directement dans ma chambre pour écrire le déroulement de ma journée, ce que j’ai ressenti quand telle ou telle m’a dit un commentaire déplacé qui m’avait blessé. Mon journal intime était alors devenu mon meilleur ami à qui je me confiais. J’ai écrit des dizaines de pages exprimant ce que je ressentais et ça me faisait un bien fou!

Un jour, j’étais tombée amoureuse. Étant une fille très sage, bien sûr je n’ai jamais osé en parler à quiconque, je n’étais pas populaire, loin de là, et celui qui m’avait tapé dans l’œil à cette époque c’était le mec typique, populaire, sportif, grand et à faire baver toutes les filles, comme dans les séries d’ados. Écrire m’a aidée à passer à autre chose.

5ème année du secondaire terminée, je me retrouve au cégep. Perdue un peu dans mon cheminement, cependant j’adorais mes cours de philo et de français. J’adorais rédiger des textes sur les Philosophes des Lumières, que ce soit sur une œuvre bourgeoise de Voltaire ou plus modeste comme celle d’Emmanuel Kant, j’aimais écrire, trouver les mots qui me donneraient des points, chercher des synonymes pour remplacer les mots utilisés par le langage parlé, c’était passionnant. Je pouvais écrire des centaines et des centaines de mots, et ça faisait tout son sens, c’était beau. Ensuite, la poésie est entrée de nouveau dans ma vie, mais la vraie poésie, pas celle où je devais rimer étoiles et voiles. Je parle plutôt du Émile Nelligan, Louise Labé, Michelangelo, vous voyez le genre de poésie? On est loin des Fables de Lafontaine.

Plus je prenais de l’âge, plus je me sentais différente des autres. Quand les jeunes sortaient le soir, moi je restais bien tranquille à la maison à lire et à essayer de rédiger des poèmes. Mais on va se le dire, je suis nulle en poésie. Mon fort à moi, c’est d’exprimer mes états d’âme sur papier. Oui, j’aime écrire jusqu’à me donner une crampe à la main et aux doigts.

L’université a été pour moi les meilleures années de ma vie, si on parle de cheminement scolaire. Non, je n’ai pas étudié en littérature, bien loin de là. Mais c’est l’époque où je me sentais le mieux dans ma peau. Je me sentais accomplie d’une certaine manière, par le fait que malgré toutes les embûches que nous pouvons vivre, j’ai réussi à me rendre là. J’étais fière de moi. De plus, je m’étais, au fil des années, acquis une culture générale du monde poétique et littéraire.

Plus tard après les études, mon amour pour l’écriture a pris une tournure différente. En 2017, j’ai commencé à avoir des crises d’anxiété, de panique. J’ai commencé à comprendre ce qu’était vraiment l’amour et à quel point il pouvait faire mal. Pourtant, j’avais une forte personnalité et elle l’est encore plus à l’heure que je vous écris. Mais ça n’avait rien avoir avec le sentiment que j’éprouvais pour l’homme qui faisait partie de ma vie à ce moment. Je l’aimais, mais je ne pouvais pas continuer avec lui, c’était la galère, mes crises d’anxiété étaient de plus en plus présentes.

C’était nouveau pour moi, ce sentiment, les étourdissements, les battements comme si mon cœur allait exploser, donc j’avais peur qu’il m’arrive quelque chose. À l’époque, on m’avait dit de consulter, mais bien que ça aurait beaucoup aidé, j’étais têtue, je voulais me guérir moi-même. J’ai donc refait comme au secondaire, j’ai recommencé à écrire ce que je ressentais, mes états d’âme… L’écriture est vite devenue mon échappatoire.

Un an plus tard, j’ai relu ce que j’avais écrit et je m’étonnais d’à quel point le descriptif de mes sentiments était puissant et d’à quel point j’ai autant souffert. Tu sais, on dit souvent d’écrire ce qui ne va pas et ensuite brûler la feuille? Moi je vous dis : relisez-vous après un certain temps, vous réaliserez alors à quel point vous vous faisiez du mal et que vous valez mieux que cette peine par laquelle vous êtes passés. Vous en tirez une bonne leçon, c’est mon cas.

Si je vous écris aujourd’hui, le 16 février, c’est simplement parce que j’aime énormément écrire, m’exprimer par écrit. Démontrer à Madame et Monsieur tout le monde qu’ils ne sont pas seuls à passer par telle situation ou sentiment. J’aime savoir que je peux rejoindre certaines personnes par ce que j’écris, j’aime partager mes passions, mes états d’âme… Écrire pour Champagne & Confetti est pour moi un honneur tout d’abord, mais une manière de m’échapper quand ça va moins bien.

Écrire pour moi, c’est une manière de me sentir bien.

Et vous, que faites-vous pour vous sentir mieux?

 

 

C.S.

Source photo: Unsplash

Champagne & Confetti

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