ÉTATS D'ÂME TEXTES DE M.-C. x

Elles ont quoi de plus que moi?

Non, mais! Qu’est-ce qu’elles ont de plus que moi? Ok! Je dis «elles» parce que je suis une «elle», mais j’imagine que je pourrais aussi parler au «ils». Qui parmi vous ne s’est pas déjà posé cette question un jour? Parce que c’est souvent la première chose qui nous vient en tête quand on n’est pas choisi.

Plus jeune, je détestais les cours d’éduc, parc qu’il y avait toujours un capitaine, qui choisissait. Et, j’étais toujours la dernière choisie. J’étais pas plus «poche» que les autres, me semble. Je suis devenue une femme et malgré le temps qui passe, c’est encore cette même et maudite question qui revient me hanter. C’est jamais moi qui suis choisie. Ou, si je suis choisie, c’est pour mieux me faire abandonner. Je suis la bonne amie, la chum et certainement la bitch pour d’autres.

Quand je me regarde dans le miroir, ce que je vois ne fait pas mal aux yeux, qui sont bleus, en passant. OK, je ne suis pas un méchant pétard, mais je ne suis pas un pichou non plus. C’est bien vrai que je suis pas portée sur les «tites» crèmes de face de filles. Pour tout maquillage, j’ai un tube de mascara fané. Mes cheveux grisonnent, mais je les colore. Ils sont comme une botte de foin quand je les détache, c’est pour ça que les élastiques sont mes meilleurs amis. Je ne suis pas une toutoune (je ne juge pas, OK, je constate). Je ne suis pas une échalotte non plus. Ma grandeur est dans la norme et mes seins rentrent juste bien dans une main normale.

Je ne porte plus de talons hauts, équilibre exige. L’été, je suis toujours en robe, en jupe. L’hiver, je ne vis que pour mes bas de laine, un peu plus coquets avec la ligne rose, je pense. Je suis une frilleuse, alors je m’habille avant tout pour être confortable… mais pas en guenilles. Je suis une fille ordinaire quand je me compare aux autres. J’ai bon caractère, même si j’ai pas encore bu mon café. J’aime rire, jouer et je sais écouter. Alors, dites-moi, il est où mon maudit problème?

Au cours des derniers mois, cette question m’a grugé le cœur. À en avoir mal à la tête, à écrabouiller ce cœur, mal fait. Mais j’ai trouvé! J’ai enfin trouvé. C’est pas ce qu’elles ont de plus que moi. La vraie réponse, c’est ce que moi j’ai de plus qu’elles.

Je sais que j’en ai une tonne de plus qu’elles. Je suis une femme autonome, assez indépendante. J’ai tous les outils qu’un homme peut rêver. Je sais poser du bois franc et de la céramique. Je sais coudre une robe et je m’en sors assez bien en cuisine. Je suis capable de conduire des longues runs. C’est, entre autres, pour ces raisons que j’en viens à la conclusion que j’ai plus qu’elles.

Mais je fais peur. Je fais peur parce que je suis malade. Deux maladies pour le prix d’une! Qui choisirait en toute connaissance de cause de se matcher avec une fille qui a une maladie dégénérative? Une fille qui va probable finir dans un fauteuil roulant. C’est sans parler des autres symptômes imprévisibles. Et pour rajouter à tout ça, une fille qui se tape une crise d’épilepsie à faire mourir de peur ceux qui la voient.

Je suis rendue au point de me dire que ça prendrait un maudit fou ou bien un insouciant total. Parce que les autres, ils détallent assez vite, quand ils le savent. Je le sais, c’est dans leur regard. À partir de ce moment, ils sont à mille lieux ailleurs.

Voilà donc. J’ai ces trois petits mots qui me collent à la peau, à la vie : épilepsie… maladie dégénérative. BOUM!! Voilà, c’est ça que j’ai de plus qu’ELLES… Au tirage de la vie, j’aurais pu gagner le jackpot. Être une belle pitoune, intelligente, méga-élégante. Mais encore une fois, je n’ai pas été choisie. Je me ramasse avec les restants. Un corps pas trop moche, une personnalité agréable et un cerveau scrap!!!

Le positif dans tout ça? Je dors en étoile avec ma couverte chauffante. Quand elle est en petite boule, je pourrais presque penser que c’est un corps chaud qui me colle la nuit.

Alors, longue vie à toutes celles qui vont finir vieilles filles parce qu’elles n’auront pas été choisies. À toutes celles qui ont un petit-je-ne-sais-quoi qui «flashait» au-dessus de leur tête: «ATTENTION… POSSIBLEMENT TOXIQUE».

 

 

M.-C.

Source photo: Unsplash

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