Planifier sa fin

Texte du 18 octobre 2016.

Je ne me suis pas levée un beau matin gris d’automne pluvieux, ou tout juste avant le temps des fêtes, avec l’idée saugrenue de planifier la fin de ma vie sur cette terre. Non, mais l’idée s’est installée petit à petit tout au fond de mon cerveau.

Cette idée lointaine était une farce pour moi. Une chose qui ne peut s’avérer possible dans la tête de quiconque. Parce que je n’avais jamais compris comment un humain peut souffrir au point de vouloir mourir. Qu’il devait y avoir mille options et demandes d’aide avant de peut-être en arriver à cette chose.

Quand j’étais au secondaire, le père d’une amie s’est enlevé la vie. J’étais triste pour elle pis pour la personne morte, pendue, mais je ne comprenais pas ça. Ce geste fatal posé en total désespoir.

Je sais maintenant ce que c’est de vivre avec ces songes. Je l’ai vécu, il n’y a pas si longtemps, tout juste avant Noël. J’avais tout essayé. Vraiment tout. Les thérapies. L’hypnose. Changer ma vie. Nettoyer les gens qui ne me faisaient pas du bien. La médication… mais y’avait plus rien, plus un espoir de guérison ou de bonheur possible. Rien, sauf en finir avec ma vie.

L’idée oppressante du suicide m’avait convaincue. Il n’y avait plus d’options pour moi sauf d’en finir. J’avais tout planifié. Je savais où, quand et comment!! Je m’en allais le faire après ma journée de boulot.

Pis, ça devait paraître dans mon visage que quelque chose se tramait. J’étais calme cette journée-là. Détachée. Mais ce sont me yeux qui m’ont trahie. Ils appelaient à l’aide, et quelqu’un l’a compris, juste à temps.

Je sais! Ce n’est pas facile de parler de ce genre de choses, mais tu te dois de le faire. Au mois de septembre, on s’approche du mauvais temps, du froid et du pas de lumière. C’est aussi le pire temps des gens malheureux. Ne ferme pas les yeux à quelqu’un de ton entourage parce que c’est plus facile, sur le coup, de tout ignorer. Un rien peut tout changer.

Comme pour moi. Aujourd’hui, cela fait un an que j’ai été diagnostiquée avec une dépression sévère. Ça fait aussi un an que j’ai arrêté de prendre ce poison de l’humeur qui se nomme alcool. Ça fait aussi maintenant 9 mois depuis cette planification de la mort et de ma nuit en psychiatrie qui a tout changé. Et depuis 5 mois, je suis stable.

Je peux même vous affirmer que je n’ai jamais été aussi heureuse et sereine dans ma vie. Parce que maintenant, je sais qui je suis et ce que je ne veux plus dans ma vie.

 

V.

 

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