Ma première crise de panique


ÉTATS D'ÂME, DÉVELOPPEMENT, Personnel, TEXTES DE CAM., x / jeudi, juillet 5th, 2018

Y’a un an, presque jour pour jour, j’étais assise en classe. Je fixais le mur. Je pensais à rien. Ou plutôt, je pouvais plus penser à rien. Je croyais que j’étais dans la lune. On me demandait «ça va?» et je répondais oui. Parce que OUI, ça allait. Ça allait bien, j’étais juste assise à fixer le mur, en attendant la fin des cours. Mais après la quatrième fois où on m’a posé la question «ça va?», LÀ… Là, ça n’allait plus bien mon affaire. Je me suis mise à trembler. Pleurer. J’entendais plus rien. Je voyais plus rien. J’étais en train de devenir folle devant toute ma classe. On croyait que j’avais pris quelque chose. Drogue. Alcool. Ils pensaient que je faisais un bad trip… Mais c’était la peur d’être abandonnée. La peur d’être oubliée. La peur, qui prenait le contrôle. Je voyais mon corps se «dédoubler». J’oubliais mon nom. Je pouvais plus respirer. J’avais la certitude que j’allais mourir. C’était une crise d’anxiété.

Y’a un an, presque jour pour jour, j’ai fait ma première crise d’anxiété. Je pouvais plus sortir. Je voulais aller nulle part sans ma meilleure amie. Je voulais même plus aller magasiner avec mes sœurs. Je me disais «pis si je croise du monde que je connais?» «Pis si un inconnu s’arrête pour me demander l’heure?» C’était bien trop risqué. Valait mieux que je reste chez nous. Pis les partys? On oubliait ça. Beaucoup trop de monde. C’était devenu un cercle vicieux, dans lequel j’étais entrain de me noyer. Je faisais plus mes oraux. Je préférais avoir zéro, plutôt que de m’écrouler devant 30 personnes que je voyais chaque jour. Traverser la cafétéria? C’était tout un défi. Toute une planification. Fallait que je visualise le chemin que j’allais prendre, avant de passer dans la cafétéria. Fallait que je m’assure que mes lacets soient attachés ben comme du monde. Fallait surtout pas que je me plante devant tout le monde. On me posait une question en classe, c’était la détresse total. Parler aux gens? J’y pensais même pas. Pis pourtant, si y’a bien quelqu’un qui aime parler, c’est moi. Toujours prête à fêter. Toujours down pour tout. Mais y’a un an, j’me suis écroulée devant toute ma classe.

Mais si t’es en train de lire ça, pis que tu fais des crises de panique, tu sais sûrement de quoi je parle. Mais j’ai une bonne nouvelle pour toi… Ça finit par partir un jour. Faut juste que tu le veules. C’est tough. C’est dur en cri*s. Pis sûrement qu’entre temps, tu vas en faire des des crises de panique… Mais cri*s qu’en bout de ligne tu vas être fier(ère) de toi. Pis si t’es pas fier(ère) de t’ça, je l’serai pour toi. Parce que j’sais à quel point faut être fait fort pour y arriver. Mais j’te promets que si tu fais des crises de panique, un jour tu vas revivre comme avant. Je sais que c’est dur à croire. Moi non plus, j’y croyais pas. J’arrivais plus à me souvenir de la dernière fois que j’avais traversé les couloirs de l’école sans regarder à terre. Sans visualiser le chemin que j’allais prendre. Pis ben j’ai fini par me dire qu’il fallait que ça arrête. Qu’avant tout ça, avant ma première crise, je vivais.

Faque j’ai décidé de lever la tête un peu plus chaque jour. De regarder de moins en moins mes pieds quand je marche. Pis aujourd’hui, check moi aller. Je marche la tête haute comme une queen, pis je mets un pied devant l’autre. C’est sûr que ça m’arrive de paniquer des fois… Ça j’te le cacherai pas. C’est encore un peu en moi. Mais j’arrive à le contrôler. J’avais tellement peur. Peur qu’on m’abandonne. Qu’on me tourne le dos. Qu’IL me tourne le dos. La peur a fini par prendre le dessus. Mais aujourd’hui, je contrôle mes peurs. Pis quand ça devient intense, j’me concentre sur ce qui me fait peur. Je prends une grande inspiration. Je retiens mon souffle. Je compte jusqu’à trois. J’expire. Et à trois, j’me lève et j’affronte mes peurs. C’est pas facile. Mais ça rend plus fort.

 

 

 

Cam.

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Source photo: Unsplash

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