Du Polysporin sur ton p’tit cœur


ÉTATS D'ÂME, DÉVELOPPEMENT, Personnel, TEXTES DE P., x / mercredi, juillet 25th, 2018

T’sais, quand t’étais ti-cul pis que tu tombais de ton bike en te «scrappant» le genou, pis que tu rentrais en pleurant le genou plein d’sang? T’sais, quand ta mère t’attendait avec la bouteille de Peroxyde pis que ça faisait des p’tites bubulles blanches sur ta peau déchirée? Tu te souviens de combien ça faisait mal? Combien ça brulait? Mais combien ça finissait par passer et guérir avec un peu d’amour de ta maman pis un pansement?

Maintenant que j’suis papa, c’est à mon tour de guérir les p’tits bobos de mes enfants, spécialement de ma p’tite fille; mais les temps ont changé et les méthodes aussi, aujourd’hui ce n’est plus du Peroxyde, c’est du Polysporin. Ça pique moins, ça fait plus de p’tites bubulles, pis en plus de désinfecter, ça recouvre ta blessure d’un petit baume protecteur.

Mais moi, mes bobos de papa, qui va les soigner? Qui va mettre du Polysporin sur mon p’tit cœur? Pis c’est quoi, du Polysporin, pour un cœur d’adulte blessé? Ça finit tu par se guérir? Par se rétablir?

Pendant près de 18 mois, j’ai cherché mon Polysporin, je croyais le trouver dans des soirées débridées à boire des coupes de chaque femme que je croisais; j’ai pensé être tombé dessus dans les bras de la première venue; je me suis dit que je trouverais réconfort dans les ailes d’un avion et les si beaux paysages de contrées inconnues. J’ai même essayé de trouver la recette moléculaire moi-même et la greffer à mon ADN pour ne plus jamais avoir mal.

Pendant près de 18 mois, je me suis royalement trompé, oui je me suis amusé, oui j’ai noyé ma peine et oui j’ai oublié… momentanément. Mais à chaque retour à la maison à 5h du matin, à chaque départ d’une femme de mon lit, à chaque vendredi soir seul à manger mon Kraft Dinner, je me disais que ma formule ne fonctionnait pas… mon cœur saignait toujours. Il saignait surtout parce que je le laissais caché, caché derrière cette barricade formée de peine, de douleur, de colère et d’exaspération envers la gente féminine.

Pis un jour, j’ai décidé que c’était assez. T’sais, la définition de folie est de toujours recommencer la même chose en espérant une conclusion différente… j’suis ben des choses, mais j’suis pas un fou. Un jour, j’ai décidé d’ouvrir une mince fissure dans mon armure, de donner la chance à une personne d’elle-même venir couvrir mon cœur de cette petite crème, de voir si son onguent, mélangé au mien, finirait par assouvir mes maux. C’est sûr que je n’allais pas m’ouvrir à n’importe qui, mais j’allais m’ouvrir. J’ai pris un premier risque, un risque mature, un risque simple, mais un risque quand même. Cette personne m’a couverte d’attention, de nourriture et d’un peu de joie… mais elle n’avait pas de Polysporin, et avec la fin des fêtes, son attention s’est envolée avec la mienne… ma peine est restée.

J’ai failli re-sombrer, retourner à ne vivre que de plaisirs charnels et illusoires, mais je me suis promis de ne pas abandonner… alors j’ai laissé la fissure de mon armure ouverte juste assez pour y faire entrer une nouvelle lumière. Et souvent, c’est quand tu ne cherches pas que ça te frappe comme un home run en pleine face. Entre une personne dans ta vie qui, jamais tu n’aurais cru, existait. Une personne qui te donne autant qu’elle reçoit, une femme qui prend soin de toi, qui te fait sentir important, aimé et qui devient significative à ta vie, à celle de tes enfants; une personne qui te fait oublier combien tu as été laissé de côté les dernières années. Et là, ton cœur commence à guérir, à revivre, à revoir le positif dans la vie et à retomber amoureux de tout le magnifique qui t’entoure… et tu te mets à revivre, pour vrai!

Ton p’tit cœur d’adulte, gars ou fille, a besoin de Polysporin aussi, ne l’oublie pas. Et surtout, n’oublie pas que même si t’es capable d’en y apposer toi-même, c’est toujours mieux quand c’est fait à deux!

 

P.

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Source photo: Unsplash

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