ÉTATS D'ÂME TEXTES DE R.

Il venait d’avoir 18 ans

Il venait d’avoir 18 ans. Cette chanson, cette mélodie, trotte dans ma tête chaque fois que je le vois, ou plutôt que je le quitte.

Il n’a pas 18 ans, et je ne suis pas beaucoup plus vieille que lui non plus… Mais la différence sur nos vies, si petite soit-elle, me pince le cœur.

On se connaît depuis plusieurs années, une dizaine peut-être un peu plus, mais au départ, c’était qu’une belle amitié, saisonnière, passagère. Il était trop jeune, ou j’étais trop vieille.

Cette amitié, tranquillement pas vite, au fil des années, s’est avérée être attirante… désirante. Tu sais, quand quelques choses est interdit… c’est toujours plus attirant.

Le cours de la vie a fait qu’on se croisait, à l’occasion, lors d’événements du village. On avait toujours ce sentiment de désir qu’on n’avait pas consommé. Mais on ne le laissait pas paraître, en public. Pourtant, je suis certaine que mes yeux brillaient et que mon pouls s’accélérait. Mais on s’arrêtait à quelques textos, quelques jours, puis le cours de la vie reprenait, sans plus.

C’était bien ainsi, mais chaque fois, ça me laissait un goût amer. L’envie de le revoir, un jour sûrement. Je me suis toujours dit: Peut-être… Peut-être qu’un jour nos chemins se recroiseront. Je n’ai jamais su, encore aujourd’hui, ce que je m’attendais de la vie, face à lui. Je me suis toujours dit qu’y succomber ferait peut-être juste tomber ce sentiment… ce sentiment qui me faisait tellement de bien, mais également tellement mal à l’intérieur. Désirer, si fort, une personne…

Cet hiver, nous nous sommes à nouveau recroisés. Il était beau comme un enfant, fort comme un homme. C’est l’effet que ça m’a fait, qu’il m’a fait. Encore une fois, cette mélodie venait hanter ma tête. Je ne peux te dire combien de temps était passé depuis notre dernier passage… Mais c’était toujours aussi frais, aussi déstabilisant. Ce fut que quelques secondes. Un passage rapide. Et pendant que je réfléchissais à ce que je ressentais, depuis ces quelques minutes, à savoir si pour lui aussi, c’était toujours pareil, et bien je reçus, encore une fois, son texto.

Y’a quelque chose qui a changé, dans les dernières années. Nous sommes tous les deux adultes, quand même bien établis (du moins, pus chez les parents) et célibataires. Ce qui fait que nos échanges de textos, sur comment allait la vie de l’un et de l’autre, a porté sur l’éventualité de se revoir, dans un avenir rapproché (et non dans deux ans, par hasard). Je crois que c’était la première fois qu’on émettait cette possibilité, un plan clair, sur une date possible, disponible pour les deux.

Alors, ce jour est venu. Une petite fin de semaine, ben relaxe. On n’habite pas à côté, donc non, ce n’était pas une date d’une soirée. Était-ce une date tout court? Je ne sais pas c’est quoi dater quelqu’un en 2020, à 30 ans.

Alors, c’est remplie de papillons et d’appréhension que j’embarquai dans le train pour le rejoindre dans la grande capitale. Son accueil fut naturel, quoiqu’un peu nerveux, comme moi. Nous sommes allés faire des provisions pour quelques jours, avant de se rendre chez lui. Et puis la suite, vous l’imaginez.

Je ne sais plus dater et lui est de la génération Netflix & Chill. OK je rigole, mais c’est à peu près ça. Néanmoins, on a vraiment passé un bon week-end. Du moins, j’ai vraiment passé un bon week-end (je ne peux pas parler pour lui). Petit déjeuner au lit, massage, main dans les cheveux, films… C’était très bien. On a même vu de ces amis, petite soirée improvisée. Tu vois le genre, je n’étais pas cachée dans un placard. Pour moi, c’était positif? Satisfaisant?

Puis, est venu le temps du retour. Il m’a proposé de me raccompagner, au lieu que je reprenne le train… Je l’ai invité à souper – peut-être une dernière nuit avant qu’il reprenne la route…? Il m’a simplement déposée et est reparti. Et pendant qu’il se rhabillait, déjà vaincue je retrouvais ma solitude… Il ne se rhabillait pas, mais c’est l’effet que ça me fit.

Est-ce les quelques années d’âge qui nous distancient ou la génération qui me rend perplexe…? Était-ce qu’une aventure sans lendemain, était-ce déjà ça depuis le début? Je ne crois pas que le sentiment de désir soit disparu, mais je sais que les pincements de mon cœur sont toujours présents.

Encore, en ce moment, j’attends son texto, qui me révélera si toutes ces pensées sont juste dans ma tête… où dans la sienne aussi.

J’aurais voulu le retenir, pourtant je l’ai laissé partir, sans faire un geste. 

J’avais oublié simplement, que j’avais deux fois 18 ans…

 

 

 

R.

Source photo: Unsplash

Champagne & Confetti

Blogue mode, beauté, style de vie et développement.

À lire aussi...

Laisser un commentaire