ÉTATS D'ÂME Maman TEXTES DE L. x

T’es plus mon amie!

Je m’en souviens comme si c’était hier. J’entrais à l’université, c’était le jour des initiations et je devais affronter un nouveau monde, des nouveaux gens, déguisée en Aladdin! Lors de cette journée, j’ai rencontré des personnes incroyables avec qui je savais que j’allais m’entendre. Deux personnes en particulier.

Et comme la vie fait parfois bien les choses, nous avions des horaires de cours presqu’identiques. En quatre années de baccalauréat, nous avons développé une amitié très fusionnelle. On se voyait cinq, six, même parfois sept jours par semaine. On habitait assez loin les unes des autres et Montréal était devenue notre ville adoptive où on passait le 3/4 de notre temps.

En 2012, nous avons eu notre dernier cours, notre dernier stage, notre remise de dîplôme et notre relation a, sans grande surprise, changé. Veux, veux pas, on commençait nos emplois respectifs, on n’allait plus à Montréal, on restait sur nos rives. On retrouvait peu à peu notre vie d’avant, nos amis de longue date, nos conjoints et nos familles. Je tentais du mieux que je pouvais de jongler avec tout ça, tout en étant une adulte nouvellement employée et «indépendante» pour la première fois de ma vie.

Un soir d’automne, alors que je m’apprêtais à aller me coucher, je reçois un message texte qui, à cet instant, m’a brisé le coeur en 1000 miettes. Ça disait:

«On ne veut plus être ton amie!»

Sec de même, sans amorce, sans explications. Rien!

J’ai compris, par la suite, que ces filles-là voulaient 100% de mon temps et de mon attention et que ce n’était pas humainement possible de les combler dans ce qu’était leur définition de l’amitié. Par contre, sur le coup, du haut de mes 23 ans, je pleurais comme un bébé. C’était, pour moi, un rejet énorme, un sentiment de ne pas être à la hauteur.

Je me suis questionnée longtemps à savoir si c’était vraiment moi le problème là-dedans. J’ai trouvé aussi leur façon de me l’annoncer blessante et irrespectueuse, après les 4 ans qu’on venait de vivre… je méritais mieux. Ce fût ma première peine d’amitié.

Aujourd’hui, je me dis qu’elles ont bien fait de ne pas tourner autour du pot. Oui, ça a fait mal, mais la page a pu se tourner rapidement. Je suis aussi souvent comme ça dans la vie. Pour moi, c’est souvent noir ou blanc.

En ce moment, il y a quelques unes de mes amitiés qui branlent un peu du manche. Qui sont, selon ma perception, un peu trop à sens unique. Ces amitiés font que je me remets souvent en question, que je doute de moi ou que je me demande si j’ai réellement besoin de ces personnes dans ma vie.

Je me dis que, parfois, j’aimerais moi aussi dire à ces personnes: «T’es pus mon amie!»

Comme on le faisait à 6 ans. Je sais, à 31 ans,ce n’est pas socialement acceptable de régler ses amitiés ainsi, mais ce serait tellement moins confrontant pour moi si ce l’était.

Parce que, là, en ce moment, je me demande si on est encore amies ou si le doute fait juste planner d’un bord, de l’autre ou des deux. La zone grise, je ne l’aime vraiment pas. Ce moments où tu lances invitations après invitations à quelqu’un que tu aimes et qu’il y a toujours une raison qui fait qu’elle ne peut pas. Rendu là, je préfèrerais vivre une deuxième peine d’amitié. Au moins, ce serait clair pour tout le monde, non?

Pour l’instant, je mets un peu ces inquiétudes de côté. Je suis en congé de maternité; je mets donc l’emphase sur mon bébé et je me dis que ces personnes se freinent peut-être un peu plus parce qu’elles ne veulent pas déranger.

Sachez que je suis toujours partante, comme je l’étais avant l’arrivée de bébé. Je ne suis pas juste une maman!

 

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L.

Source photo: Unsplash

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