ÉTATS D'ÂME TEXTES DE L. x

Lettre à mon grand-père

Je n’ai jamais été proche de toi. On s’est toujours côtoyés plusieurs fois par année, tu faisais partie de ma vie. Parfois comme simple spectateur, des fois comme acteur négatif, très peu souvent en grand-papa aimant et démonstratif. En vieillissant, je voyais par contre les raisons pour lesquelles notre relation battait de l’aile. Tu avais vécu beaucoup dans ta vie, je pense que tu n’avais juste pas la patience qu’il te fallait pour être dans la vie d’une enfant turbulente et demandante comme je l’étais. Aussi, nos caractères se ressemblaient beaucoup plus que je le croyais. Deux personnes irritables, impulsives et souvent, très susceptibles. On se tapait souvent mutuellement sur les nerfs. On se fâchait, on se boudait, comme si tu avais mon âge.

Puis, les années avançaient, tu vieillissais et tu parlais de moins en moins, mais tu souriais de plus en plus. Tu écoutais, nous observais et ton vibe négatif commençait à s’effacer. Mes plus belles années avec toi ont été celles-ci, celles où on ne se parlait pas, mais où on se respectait enfin.

2020 est arrivée comme une grosse claque dans la face. On n’a pas pu se voir de l’année pour vous protéger, grand-maman et toi. Pendant ce temps, loin de mes yeux, tu dépérissais. Ma mère me disait que tu n’allais pas bien, mais je ne le voyais pas. Comme on n’a jamais eu une relation de grand-père et petite-fille normale, je ne ressentais pas le besoin de t’appeler simplement pour discuter. Je ne voyais pas l’intérêt de venir te saluer du haut de ton balcon juste pour que tu aies de la compagnie. Honnêtement, je ne pense pas que tu avais envie de ces choses-là, toi non plus.

Je t’ai envoyé une carte de Noël avec une photo de ma petite famille, avec mon bébé que tu n’as vu qu’une fois sans jamais l’avoir pris. Carte que tu n’as jamais reçue, parce qu’il était trop tard. Tu étais à l’hôpital pour tout le temps des Fêtes.

Ça, malgré nos différences, ça m’attristait au plus haut point. De savoir que tu étais seul là-bas, à perdre des bouts de ta mémoire, de qui tu étais. De savoir que ce serait le premier Noël depuis aussi loin que je me souvienne que je passerais sans toi. Sans t’offrir ta classique boîte de chocolats aux cerises, parce que je ne te connaissais pas tant que ça et c’est la seule chose que je savais que tu aimais.

Le 25 décembre au matin, le jour de Noël, tu es parti. Tu as quitté ce monde sans que personne ne puisse te faire leurs adieux. Encore seul, encore à moitié conscient de ce qui se passait depuis plus d’une semaine. Je ne savais pas ce que ça me ferait quand tu allais quitter. Je te confirme que ça fait mal. On ne se l’est jamais dit et probablement qu’on ne l’a jamais pensé, mais je te confirme que tu avais une place dans mon cœur. Malgré le fait qu’on était comme chat et chien, je peux te dire que je t’aimais.

Malheureusement, il est trop tard pour te dire tout ça. J’espère que cette lettre te sera transmise d’une façon. Veille sur notre belle famille stp ❤.

 

 

L.

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Source photo: Unsplash 

Champagne & Confetti

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