Chère miss perfection…


ÉTATS D'ÂME, x / jeudi, décembre 15th, 2016

Dans ma vie, j’ai toujours de sages personnes qui me disent de ne pas m’en faire avec l’opinion des autres, que l’essentiel, c’est de s’assumer et d’être heureux peu importe les opinions divergentes… Ce que je réussis généralement d’office sans trop d’embuches.

Mais en ce moment, je suis enceinte, et bien que je sois 100% heureuse de mes décisions et de mes choix, j’ai beaucoup de difficulté avec mon objectivité et mon sang-froid. ÇA FAIT QUE, j’ai le goût de te dire, à toi, la cr** de fille parfaite, qui a attendu d’avoir un emploi stable dans sa carrière de rêve et d’avoir la grosse maison dans un quartier branché-écolo, pour faire un enfant avec l’homme de ta vie, que dans la vie, tu ne peux pas tout contrôler ET que des fois, tsé juste DES FOIS, tu devrais t’abstenir de JUGER.

[En toute honnêteté, j’ai respiré plusieurs minutes avant de t’écrire des propos polis, parce que secrètement, les idées qui m’ont traversé l’esprit étaient tout simplement inhumaines.] 

Alors mon “amie”, sache que, moi aussi je voulais un enfant dans des conditions parfaites, au BON moment. Si je repense à mes priorités que j’avais dans la vie, la première était de graduer d’un domaine où je pourrais m’épanouir et gagner assez de sous pour bâtir une famille. La seconde était de rencontrer mon âme sœur, un homme que j’aimerais assez pour me marier et passer le reste de mes jours à ses côtés. La troisième était la sécurité d’avoir un toit confortable pour loger ma famille. Et la quatrième priorité que je croyais primordiale à la réussite de ma vie, était de m’accomplir dans les domaines pour lesquels je suis passionnée et de performer. Tout comme toi, j’avais des plans dessinés pour ma vie.

Mais tu remarqueras que je n’avais pas inclus la priorité d’avoir des enfants, parce qu’en tant que femme, pour moi, avoir des enfants était un droit acquis et assuré. J’ai toujours pensé que j’aurais un enfant avec l’homme de ma vie, comme toi. Je n’ai jamais envisagé le fait que ça pourrait arriver avant mes autres priorités, que ça pourrait ne jamais arriver, que ça pourrait arriver dans un désordre phénoménal ou que ça pourrait arriver dans l’ordre normal que la société le veut.

quotes.png

Mais un lundi matin d’été, ma priorité vitale, celle d’avoir un enfant, a cogné à ma porte pour m’indiquer qu’elle était prête à arriver. Elle n’a pas suivi l’ordre logique de la société, ni celle de mes aspirations, ni celle de la rationalité, elle a juste frappé à la bonne porte, celle de mon cœur.  Bien qu’elle ait amené le chaos avec elle, je l’ai prise comme une bénédiction.

Parce que, chère miss perfection, pour moi la perfection est dans l’imperfection, l’amour est dans toutes les molécules qui nous entourent et le bonheur réside dans l’imprévu. Et que même si tu es enceinte et que tu as attendu toutes les conditions idéales, rien ne te garantit la réussite optimale de ton plan initial.

De ce fait, tu n’as aucun droit de juger ma vie, de te croire supérieure et de me faire des remarques comme quoi c’est tellement incroyable de vivre ces étapes à deux, qu’un enfant mérite de naître dans une famille unie et bien nantie, et que toi, comme tu es tellement parfaite, tu n’aurais pas fait les mêmes choix que moi. Alors littéralement, c’est comme si tu me criais que je n’ai pas droit au bonheur d’être maman, que j’aurais dû faire autrement, parce que mon dieu, il faut tellement que je sois mariée avec son papa, qu’on soit riches et qu’on chie des cacas papillons pour aimer un enfant et l’élever avec des bonnes valeurs!

Je soupire, je ne sais pas quoi te répondre, et en fait, je ne vais juste pas me justifier. Je voudrais juste que tu saches que tes propos mon profondément blessée, que je te souhaite tout le bonheur du monde et qu’il me fera plaisir de pouvoir t’aider au lieu de te rabaisser si un jour tu en as besoin. Et que si tu peux retenir qu’une chose de tout mon texte, c’est que la vie est une suite d’évènements imprévus tellement magnifiques les uns après les autres et que c’est dans cette effervescence que le pur bonheur réside.

 

J.

joanie

Publicités

Laisser un commentaire