Reblog – La guerre à l’estomac


ÉTATS D'ÂME, TEXTES DE LdT., x / lundi, mai 7th, 2018

Reblog d’un texte du blogue Sur le pied de guerre.

J’ai des nausées de mal de cœur de pas de sommeil et de trop de stress. Après mon troisième café, mes yeux me font toujours mal. Je me sens gelée comme quand je dors pas. Ces journées qui passent comme dans un film, où je déréalise, où tout m’est caché sous un voile invisible et blanc. De l’autre côté de mes yeux où je n’existe même plus. Une fatigue qui ne mène nulle part, recluse dans ma chambre pour ne pas réveiller mes colocs. Dans cette chambre où je serais de toute façon si je vivais seule. Avec mon troisième café en main, un café qui ne me fait pas de bien. Réveillée à 3-4 heures de peur de me faire briser le cœur.

Je suis là à me sentir un peu stupide, à ne rien faire, jamais, sinon que d’écrire et de refuser de travailler. Démosthène et Eschine me regardent de leurs regards sévères d’encre et de papier jauni. Ne vous inquiétez pas les boys, vous êtes mon plan de la journée. Si je réussis à me lever. Si mes yeux veulent travailler.

Si j’arrive à me concentrer. Si je ne suis pas ensevelie sous mon souvenir de J-P qui a des doutes et qui ne répond pas. Parce qu’il travaille. Parce qu’il est fort. Et que je suis tout juste bonne à acheter des crèmes anti-rides et de la levure de bière. Je n’ai presque plus de cheveux, à force de trop de stress et de pas de sommeil. À force de pas de sommeil et de réveils à 3-4 heures.

J’étais pas sure de t’aimer jusqu’à ce qu’on passe Barcelone-Toulouse dans un autobus bancal avec mon mal des transports. Cinq heures où tu me tiens la main. Cinq heures où je me rends compte que ta présence ne me dérange pas. J’avais envie qu’il soit là. Je recherchais sa main de la mienne, à tâtons parce que je devais regarder tout droit. Parce que l’amour c’est une douleur physique. Et juste quand j’apprends que je t’aime, il a des doutes et ne me répond plus. C’est l’histoire classique de celle qui ne voit que trop tard. Il travaille, il est fort.

Un mal de ventre identique à l’autre, celui qui m’a creusée pendant 365 jours, à l’époque où je me faisais laisser à toutes les semaines, plusieurs fois par jour. À l’époque où je rampais pour voir mes tripes se calmer un moment, où je quêtais mon répit à coups de pleurs et de promesses. Je me souviens quand j’ai braillé dans les bras d’Elsa parce que j’en pouvais plus d’aimer, en essayant de trouver une traduction de Libanios, parce que j’en pouvais plus de traduire. Elle me disait d’arrêter, et j’ai traduit mon texte le cœur dans ma bouche qui n’en pouvait plus de brailler. Et quelques heures plus tard, il m’avait rappelée en pleurant, lui aussi, et on avait repris, comme on faisait tout le temps. Et le lendemain, j’ai remis ma traduction, comme je faisais tout le temps, parce que je travaillais, j’étais forte.

Mais là, j’ai pas envie d’entrer en Full Love Attack Survival Breakup Mode.

Des vertiges de stress et de pas de sommeil, des nausées de réminiscences physiologiques. J’ai le goût de vomir. Je me fais la guerre à l’estomac. Je vais boire mon smoothie vert comme si j’allais sauver la planète. Je vais aller au gym comme si j’étais en train de produire quelque chose d’important. Fermer les yeux et espérer dormir, mon Ipod en main, priant le grand dieu Facebook d’entendre le «cling!» de Messenger, en espérant y lire le nom de J-P, et ressentir encore mes boyaux qui se tordent parce que je ne sais pas ce qu’il va m’écrire. Je sais juste ce que je connais, et ce que je connais c’est de la douleur à la pelle, du déchirement et de la détresse. Calvaire.

Vulnérable et impuissante, comme devant le psoriasis. Les sentiments sont une maladie auto-immune à laquelle je fais une guerre constante. Continuellement en guerre contre moi-même, je me lasse. Et si j’assiège le psoriasis à réserves de menthe et d’arbre à thé et de goudron, manœuvre désespérée, je me retrouve à me flageller, à me blâmer, alors que je ne sais rien. M’attendre au pire en ne sachant rien du présent. Je m’ébats sans débattre parce que devant moi je n’ai rien. Good Lord, je pense que j’ai juste trop de temps entre les mains que mes pouces font des moulins à vent. T’as peur de rien, Laurence. T’as peur de rien. Mon œil.

 

Lien du texte original : https://surlepieddeguerre.wordpress.com/2014/11/25/la-guerre-a-lestomac/

 

 

 

LdT.

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Source photo: Unsplash
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