ÉTATS D'ÂME TEXTES DE A. x

La parfaite petite famille

Il était une fois la parfaite petite famille. Papa, maman, les enfants et le Golden Retriever. Et tout ce beau monde-là était réuni dans la parfaite petite maison de banlieue avec le beau terrain, la belle auto, le spa et l’immense télévision. Le rêve ultime, l’accomplissement d’une vie. Tout le monde adorait visiter la parfaite petite famille. On y était tellement bien reçu. La demeure était toujours propre, les enfants sages et le souper délicieux. Ce qu’ils avaient l’air heureux ceux-là. On les jalousait même parfois. Mais la réalité est souvent bien loin des apparences…

Avant de se rencontrer, monsieur et madame avaient longtemps rêvé de cette vie. Tous les deux caressaient le désir de la parfaite petite famille. Quand leur chemin se sont croisés, ils sont immédiatement tombés fous amoureux. Comme dans les contes de fées (même si tout le monde sait que les fées n’existent pas). Son prince venait avec la magnifique famille unie et serrée dont elle avait toujours rêvé et tant qu’à lui, sa princesse était dévouée comme on ne l’avait jamais été envers lui. C’était l’amour fou et les premières années s’écoulèrent ainsi. Dans la passion et l’affection. Et tout est arrivé très vite. Le chien, la maison, bébé #1, bébé #2, les responsabilités, les obligations. Ils avaient leur parfaite petite famille, mais celle-ci leur laissait un goût amer en bouche.

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Toujours le sourire aux lèvres, ils essayaient de ne pas y penser. «C’est juste une passe, c’est normal. Ça arrive à tout le monde.» Mais le temps passait et les choses se dégradaient. Ils s’aimaient de moins en moins. La tension avait remplacé la passion. Les chicanes avaient remplacé la tendresse. Ils n’arrivaient plus à discuter sans en venir aux reproches. Elle étouffait seule dans sa belle maison et lui n’en pouvait plus de s’épuiser pour assurer un certain niveau de vie à sa marmaille. Elle avait l’impression de tout devoir faire elle-même, il avait l’impression d’être le seul à tenir l’unité familiale. Elle voulait plus de lui, il voulait plus d’air. Ils ne se comprenaient plus. La vie et ses embûches avaient eu raison de la parfaite petite famille. L’amour n’avait pas suffi.

Ils en sont venus au constat qu’ils devaient séparer leur route s’ils voulaient retrouver le bonheur et surtout le transmettre à leurs enfants. Qu’ils étaient mieux l’un sans l’autre. Ils ont souvent rejeté l’échec de leur relation l’un sur l’autre, mais au fond, ils étaient tous les deux responsables. Peut-être ont-ils fait de mauvais choix à certains moments. Peut-être est-ce ce qu’ils avaient à vivre aussi. Ils devaient peut-être passer par là pour comprendre que leur rêve de parfaite petite famille n’était pas le bon. Que le rêve des autres n’était pas forcément le leur. Avoir l’air d’être heureux ne les rendaient pas heureux. Le bonheur n’était pas là ou ils avaient cru le trouver. Peut-être maintenant savent-ils que le bonheur réside au fond d’eux-mêmes. Parce que la parfaite petite famille, ça ne fait qu’un temps.

 

 

 

 

A.

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Source photo: Pexels

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