ÉTATS D'ÂME TEXTES DE L. x

On ne se chicane jamais… sauf cette fois.

Ça m’a pris 50 km de char pour être en mesure de passer par-dessus ma frustration, être adulte et lui envoyer un message texte. Message dans lequel je parle au «je», dans lequel je m’excuse en premier, dans lequel je nomme mes émotions en pesant mes mots pour être certaine de ne pas mettre davantage d’huile sur le feu.

Dans mon auto, dans le parking du St-Hubert à Sainte-Adèle, en écoutant ma playslist «Bad Days» sur ITunes, j’attends sa réponse qui pourrait tout changer. Est-ce que je vais être à l’aise de refaire tout le kilométrage de route qui nous sépare si je n’ai aucune réponse à ce drapeau blanc que je viens de lui lancer? Je ne crois pas…

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Je suis partie de chez nous, en grand coup de vent, parce que j’avais besoin de réfléchir. J’avais besoin de pleurer sans public et de me reculer de la scène qui venait de se dérouler entre nous. Prendre du recul pour mieux l’analyser.

Tout ça pour une histoire à la con, un détail. On est de ces amoureux qui ne se chicanent jamais. On rit même très souvent du petit couple qu’on a comme voisin et qu’on entend toujours s’engueuler à travers les murs de carton qui séparent nos 2 logements. Elle l’insulte constamment et lui encaisse tout le temps, sans dire un mot. Eh bien, ce matin, les rôles se sont inversés. Alors que tout se passait très bien chez les voisins, nous, on se criait après, on ne se comprenait pas et on se laissait un peu trop aller dans nos commentaires impulsifs.

C’est bien maudit les disputes, parce qu’une parole peut être si vite lancée et immédiatement regrettée. Puis, ça commence souvent juste parce qu’on ne sait pas trop comment dire les choses. En effet, ça aurait tellement pu être simple à notre réveil, mais je ne me suis pas du tout exprimée comme je le souhaitais. Je lui ai dit quelque chose qui a mal passé. Lui a répliqué en gros sous-entendus qui ont atteint mon estime et c’était foutu… la guerre était officiellement déclenchée. C’est fou comment ça se fait vite quand même; une phrase banale, une journée émotive, une fin de semaine gâchée.

Toujours pas de réponse, mais seule, dans le parking du St-Hubert, je me dis que j’ai l’air d’une vraie dinde en ce moment et mes pensées vont dans tous les directions… un classique.

«Veux-tu ben me dire ce que tu fais ici?!»

«C’est certain qu’il se fout de moi en ce moment!»

«Il est bien lui, à la maison, à jouer à ses jeux vidéos.»

«Il ne me répondra jamais… je fais quoi là?»

Il y a tout de même cette petite voix, un peu plus expérimentée en conflits avec mes expériences du passé, qui me dit que tout ça n’est pas vrai. Dans le fond, je sais que lui aussi doit mal feeler en ce moment. Je sais qu’à l’autre bout de la 15, lui aussi ne doit pas être bien avec la situation, qu’il doit être aussi frustré et peiné que moi.

Je sais aussi que chaque personne deal avec ses émotions différemment et étant donné qu’on n’en a jamais de chicane, je ne sais toujours pas comment agir avec lui dans ce genre de moment d’incompréhension, et ce, même si on est ensemble depuis 2 ans déjà. Est-ce que je lui laisse du temps, de l’espace, ou je tente tout de suite de régler tout ça, du mieux que je le peux, avec mes restants de peine à moi? Est-ce qu’il va vouloir en reparler ou recommencer à zéro?

Finalement, après quelques minutes à anticiper, je crois que le message texte à 50 km de distance était une bonne option pour cette fois-ci. La route et le temps écoulés nous ont permis de se calmer et de penser. Il a fini par me répondre, et ce, de façon aussi posée et calculée que mon message initial. Je suis tellement heureuse qu’il ait saisi mon drapeau au vol! Je peux maintenant être certaine que notre maison est l’endroit où je devrais être en ce moment, à ses côtés.

J’ai refait la route en chantant à tue-tête la même playslist, puis je suis rentrée. À l’instant où j’ai franchi la porte, il s’est levé et m’a accueillie avec le plus sincère et doux des câlins. À cet instant, il m’a confirmé que, chicane ou pas, on sera toujours capable de se retrouver et de passer à autre chose… Il suffit de prendre un moment pour respirer, pour se parler, mais surtout, pour s’écouter.

 

 

 

 

L.

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Source photo: Pexels

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