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J’veux capoter sur moé

C’était un soir d’automne trop frette pis trop sombre. J’étais prise dans le trafic des rénovations qui ne finiront jamais de l’échangeur Turcot et POW! j’ai reçu un coup de pelle rose en pleine face.

Au sens figuré, je vous rassure!

«Ben voyons!», que je t’entends me dire.

Oui oui! J’écoutais à la radio Véronique et les Fantastiques pis j’étais fatiguée, à boutte et vide. J’avais hâte d’arriver chez moi pour me garocher dans mon hoodie trop grand pis mes sweat pants trop vieux pis rien foutre, comme on dirait.

Pendant que je fantasmais sur ce moment entre un cave qui me coupe sans clignotant, la nouille qui texte au volant et l’autre qui me suit inutilement dans le derrière, j’entends alors Guylaine Guay dire : «moi, j’capote sur moé!».

Et je me souviens que j’ai perdu tout le reste de l’entrevue. Cette phrase a résonné dans mon cerveau pendant de longues minutes.

Diagnostique?! Ah, ben non… je ne capote clairement pas sur moi… mais va falloir changer ça. Comment on fait ça, asteure?

Parce que tu sais, c’est facile et bien beau de mettre une photo sur Instagram avec la citation «J’capote sur moé» avec tous les hashtags de bonheur qui existent, mais si ce n’est pas vrai… ça ne vaut rien.

Alors c’est début décembre que j’ai commencé à fouiller dans ma vie en quête de vouloir capoter sur moi. Il faut comprendre que je suis une fille d’analyse. J’ai besoin d’étudier chaque possibilité, d’aller voir dans tous les coins et recoins de ma tête, de ma vie et de mes choses pour être capable d’y voir clair.

Les premiers signes d’une Marjo en mode ménage de cerveau, ça fait quoi?! Le ménage de toute! Je me suis épuisée pendant plusieurs fins de semaine à sortir littéralement tous mes vêtements pour en faire le tri, j’ai ressorti toutes les photos pour ne conserver que celles qui me procurent du bonheur. En bref, j’ai tenté d’appliquer beaucoup de techniques venant de la célèbre Marie Kondo pour y arriver.

8 immenses sacs chez Renaissance, 1 bac complet de recyclage, je n’ai pas tout à fait terminé encore à ce jour, mais tout au long de ce processus, je me suis retrouvée un peu plus. Ce que j’aimais quand j’étais jeune, ce que j’aime maintenant, ce que je n’aime plus… t’sais… la base.

C’est gros quand même pouvoir assumer ce que tu aimes dans la vie. Ça veut dire que tu te comprends. Je me suis retrouvée, mais ça aurait pu me coûter cher. J’avais une vie ordinaire bien chargée, c’est-à-dire un travail qui me demandait beaucoup de temps, des entraînements au gym pour essayer de garder la forme, des amies que je ne voyais plus, un chum que je voyais à peine 2 heures par jour et j’en passe. Malgré cet horaire rempli et ce ménage de vie qui s’était enclenché, j’étais vide et maussade. Je ne me comprenais plus et ça… c’était nouveau pour moi.

Dans cette fouille archéologique de ma vie, je me suis isolée pendant plusieurs semaines. Pendant que je jouais à «52 ramasse» avec ma vie, je ne voulais pas de l’avis des autres; ça compliquait trop les choses, ça brouillait davantage mon cheminement déjà pas clair.

C’est pendant un soir de semaine bien tranquille que je me préparais pour prendre soin de mon hygiène buccale avant le dodo, que je lâche à voix haute: «Là, ça va pas ben du tout, va falloir que je change ça». Mon Lui de me répondre: «Go, par où on part ça?».

Je vous épargne tous les longs et laborieux détails; je ne vous parlerai pas des nombreuses nuits d’insomnie, des boules d’angoisses dans le fond de la gorge, des cernes et des poches sous mes yeux. Je vais également vous passer des nombreuses heures de réflexion, d’analyse, de pour, de contre, de oui et de non. L’important là-dedans, c’est que tous les morceaux de Tetris qui ont commencé à tomber me permettaient de mettre tout en place pour avoir un pointage de feu. J’allais réussir le niveau 100, genre!

3 mois de tourmente. 1 soir de brossage de dents qui me décide à changer les choses. En trois semaines, toutes les cases étaient à leurs places, le ménage de ma vie était fait.

Pour moi, le sens de «capoter sur moé» n’a pas vraiment eu d’impact sur le plan physique. Je voulais capoter sur ma vie et tout ce qui s’y rattache. Tu devrais capoter sur tes amis, tu devrais capoter sur ce que tu fais à toutes heures de la journée, tu devrais capoter sur tes soirées, qu’elles soient tranquilles ou bien chargées. Tu devrais toujours capoter sur toé.

Depuis que j’ai commencé à faire les choses dans ce sens-là, je réalise que je vois une nouvelle moi dans le reflet du miroir, pis je la trouve belle cette fille-là.

Merci Guylaine Guay pour cette phrase pleine de sens. Parce que depuis ce jour-là, j’ai travaillé sur moi bien fort pour pouvoir le dire, pour pouvoir le sentir.

JE CAPOTE SUR MOÉ.

Pis personne ne devrait être gêné de ça.

Myrage

Source photo: Miryam Bourget

 

 

 

 

 

MB.

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Source photo couverture: Unsplash

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