ÉTATS D'ÂME TEXTES DE A. x

La dernière fois…

Cette fois, il n’y a pas eu de larmes. Le cœur en miettes à nouveau, mais pas une goutte n’a cru bon venir célébrer ton dernier départ. Même mon corps ne me croyait pas quand j’ai dit «c’est fini». Notre 5e rupture d’une relation qui n’existait pas. On ne va pas sortir le grand jeu pour ça. De toute façon, il sera de retour d’ici quelques jours. Au premier signe de vie de sa part. Mais pas cette fois. Peut-être l’absence de larmes qui m’a convaincue que cette fois était la bonne, la vraie, la dernière. Ton départ officiel sans jamais être arrivé où que ce soit. Peut-être ai-je préféré souffrir de ton absence plutôt que du manque de ta présence. Cette présence pour laquelle j’étais prête à tout. Ce besoin d’être aimée si prenant, si grugeant.

Il est plus facile d’oublier quelqu’un qui a quitté que d’oublier quelqu’un qui nous rappelle sans cesse qu’il n’est pas là. Vaut mieux disparaître que de laisser des miettes. De toute façon, même disparu, ta marque est encore là. Encore toutes ces chansons que je ne peux écouter parce qu’elles me font penser à nous. Ce jazz et cet harmonica que je ne peux supporter parce que tu les aimais particulièrement. Tout ce que tu as aimé en ma présence maintenant banni de mon quotidien pour que tu t’effaces plus rapidement. Ces lieux que je ne peux plus approcher. Mon cœur qui s’emballe à l’approche de ton bar. Mes jambes qui figent, tétanisée à l’idée de t’y croiser. Car j’ai beau tout expédier ce qui me lie à toi, rien ne peut me protéger de moi-même. Je suis la seule à pouvoir décider de te garder loin de moi, mais aussi la seule à pouvoir te ramener. Me battre contre moi-même, c’est ce qu’il y a de pire. Savoir que je n’ai aucune chance si je décide de te reprendre

La phrase «Loin des yeux, loin du cœur» n’aura jamais autant résonné pour moi. Mais dans un sens positif. Je voudrais être mature et avoir une relation amicale avec toi, mais près des yeux, tu détruirais mon cœur à nouveau. Et je m’apprécie trop pour te laisser me faire ça. Je sais que tu comprends, tu comprends toujours tout et c’est énervant. J’aurais voulu que tu ne comprennes rien, que tu sois perdu sans moi. Mais il n’y a rien de plus limpide pour toi que le chemin que tu suis et même mes beaux yeux n’auront pu t’en détourner. Tu comprends que je ne puisse plus vivre de cet amour à sens unique. Tu ne pleures pas, tu ne cries pas, tu ne supplies pas. Pire que tout encore, tu m’affectionnes. Ce sentiment attendrissant trop lâche pour les vraies passions de l’amour.

Je panse mes blessures loin de toute cette compréhension et cet attachement trop platonique pour moi. Tant que je me tiens loin de tout ce qui se rapporte à toi, je m’en sors. Je me reconstruis et je réalise que la 5e fois c’est beaucoup plus facile. Je continue de croire que cette fois est la bonne. Je vois plus clair. Je ne suis plus prisonnière de cet épais brouillard où seul le vert de tes yeux me gardait. D’ailleurs, plus jamais un homme aux yeux verts n’entrera dans ma vie. Par peur de te ramener à moi une fois de trop.

 

À lire aussi:
Je suis une sado-maso
L’amour existe encore (ou je suis une sado-maso – partie 2)
Rechute(s)

 

 

 

A.

Source photo: Unsplash

Champagne & Confetti

Blogue mode, beauté, style de vie et développement.

À lire aussi...

Laisser un commentaire