ÉTATS D'ÂME STYLE DE VIE TEXTES DE PM. Voyages

Perdre le contrôle

Ça y est. Confinement pour tout le monde ici en France.

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Après toute cette belle liberté que je viens de vivre en voyage en Norvège, me voilà enfermée pour un temps indéterminé. Les cas ne cessent d’augmenter de jour en jour. On ne parle que de cela sur les réseaux sociaux ainsi qu’à la télévision.

Nous devons maintenant remplir une attestation de déplacement dérogatoire qui justifie notre sortie hors de chez nous pour aller au supermarché, à l’hôpital ou pour ceux qui doivent aller travailler. Tous les commerces non essentiels sont fermés, dont mon emploi à la boutique.

Donc, me voilà obligatoirement confinée chez moi avec mon copain. Je ne suis pas à plaindre, j’ai un immense balcon, il fait beau (20 degrés) et je ne suis pas seule. J’ai une pensée pour ceux qui sont seuls, qui ne peuvent pas aller à l’extérieur ou encore pire, ceux qui doivent aller travailler et se mettre à risque.

Comme je le mentionnais plus haut, nous revenons d’un voyage en Norvège, mon copain & moi. C’était ma-gni-fi-que! Les paysages étaient si beaux, les montagnes parfaites et les Norvégiens très gentils.

Pour se rendre en Norvège, nous devions prendre trois avions. À chaque escale, dans les aéroports, plusieurs messages d’avertissement concernant le virus étaient affichés partout. Une fois arrivés à Tromsø, bien installés dans notre voiture de location, j’avais commencé à recevoir des messages de mes proches qui s’inquiétaient. Les médias venaient de bombarder partout dans les nouvelles le Coronavirus (COVID-19). Le virus venait d’exploser et l’heure était devenue plus grave.

Malgré l’inquiétude des dernières nouvelles, nous avions profité de la vue en voiture. Car, si un jour vous allez en Norvège, vous devez absolument faire la location d’une voiture pour admirer les paysages.

 

Lorsque nous sommes allés au restaurant le soir en ville, tous les clients étaient loin les uns des autres. Deux à trois tables vides les divisaient, pour être certains les gens soient à moins de 3 mètres de distance. Notre serveur avait pris le temps de tout nous expliquer ce qui se passait dans la ville, que c’était leur dernière soirée et qu’à partir du lendemain, tout serait fermé dans Tromsø. Je crois que c’est à ce moment-là que j’ai réalisé l’ampleur de tout ce qui nous arrivait. Que d’être proche des gens avait été un privilège maintenant enlevé pour un temps indéterminé. Que de manger dans un lieu public l’était encore plus.

Nous étions en voyage seulement pour quatre jours. Évidement, l’atmosphère était étrange et les nouvelles dans les médias étaient de plus en plus inquiétantes. Maintenant que je suis enfermée ici dans mon chez moi à Lyon depuis 7 jours, je suis heureuse d’avoir su profiter malgré tout de mon voyage. Je savais que tout serait différent à notre retour, donc je me suis promis de vivre chaque instant, de jouer dans la neige comme une enfant et de ne prendre rien pour acquis. Respirer l’air frais, essayer de ne penser à rien et surtout, ressentir ce sentiment de liberté avant le retour à la réalité.

Je n’ai pas vu d’aurores boréales – c’est l’un de mes rêves – mais j’ai tellement adoré être entourée de montagnes. Je réalise que j’ai besoin de voir de la neige une fois par année, mais surtout, que d’être en nature me ramène à un apaisement total. Les montagnes me rappellent le sentiment de grandeur et un sentiment de ressourcement  incroyable m’habite devant elles. Que même un virus ne peut attaquer. Au contraire, elles peuvent respirer plus avec les humains maintenant enfermés.

 

Je suis consciente du privilège que nous avons eu de voyager juste avant d’être en quarantaine. Mais je suis encore plus consciente que peut-être nous avons mis nos vies en danger et celles d’autres gens autour de nous. Voir les affiches partout de l’avertissement du Coronavirus dans les six différents aéroports que nous avons fréquentés a été un dur coup. Entendre les gens tousser dans nos avions, ne pas savoir quoi faire et se sentir chanceux d’avoir du gel désinfectant avec soi, mais moins chanceux de ne pas avoir de masque pour nous protéger.

 

Je ne vous le cacherai pas que je suis soulagée à chaque jour depuis mon retour de ne pas ressentir les symptômes. Je ne vous cacherai pas non plus que je me trouve très chanceuse, lorsque je me sens étouffée à l’intérieur, de pouvoir prendre l’air sur mon balcon. Que je réalise que chaque petit geste fait une différence dans ma journée. Que de me faire des listes de choses à faire chaque jour, d’avoir une routine, m’aide mentalement.

En ce moment même, il est 20h ici en France et comme chaque soir depuis le confinement obligatoire, nous sortons sur notre balcon pour applaudir. Il y a quelque chose de réconfortant dans le fait de voir tous nos voisins applaudir pour mettre en lumière le beau travail que tout le système de la santé fait pour la France.

J’ai surtout une forte pensée pour ma grand-maman de 97 ans qui vit à Québec. En ce moment, les gens paniquent car ils ne peuvent pas sortir de la maison, ne peuvent pas être libres comme avant, aller où bon leur semble, voir leurs proches et amis à n’importe quel moment de la journée. Tout cela m’a fait penser à elle, à Jeanne-d‘Arc de 97 ans, qui même avant ce virus, était déjà confinée, seule dans sa résidence. Car elle ne peut pas nous voir quand bon lui semble, elle doit attendre que nous nous déplacions pour la voir. L’attente, c’est ce que nous sommes en train de vivre.

Ce que je réalise aussi, c’est qu’un appel téléphonique peut tout changer. Un apéro via FaceTime avec une amie montréalaise en ce moment calme énormément mon angoisse. Rien n’est plus rassurant que de voir et entendre une personne que nous aimons. Bien sûr que je me sens encore plus loin d’eux, mais je sais que être isolée ici ou au Québec, le sentiment serait le même.

Lorsque mon texte sortira, les 14 jours auront passé après mon retour. Je me souhaite de la santé, mais surtout à vous tous. De prendre soin de vous, mais surtout de ceux autour de vous. La meilleure façon de le faire est de rester chez soi, de limiter vos déplacements. Brisez le sentiment d’isolement, prenez des nouvelles de vos proches. Mais surtout, profitez de ce confinement pour prendre soin de vous, pour ralentir et faire une pause.

Merci de me lire à chaque mois, merci pour vos beaux commentaires.

Je vous souhaite de rester forts durant cette période creuse.

Santé & beaucoup de douceurs.

 

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PM.

Crédit photos: Pascale Messervier

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