ÉTATS D'ÂME STYLE DE VIE TEXTES DE A. x

Confinement

Au début, c’était drôle. Les premiers jours, les premières semaines. Comme une grande pause. Des vacances pour tout le monde. Plus besoin de mettre le cadran. Travailler en bobettes, s’empiffrer à longueur de journée. Faire des cabanes dans le salon et les défaire seulement 3 jours plus tard. Pique-niquer des pogos sur le plancher de la chambre. Passer du temps ensemble. Être obligé de juste s’aimer. Se faire interdire de remplir nos responsabilités quotidiennes. Revenir à la base, à l’essentiel. Se nourrir, se loger, se lover. Être en sécurité. Rester en santé.

Parce que c’est ça le plus important. Survivre auprès de ceux qu’on aime. Savourer toute la liberté que nous amène le confinement. Prendre soin de soi, de nos proches. Emprisonnés dans nos cocons. En profiter pour devenir une meilleure version de soi-même. La bouffe maison, l’entraînement au quotidien, le self-care. Plus d’excuses pour repousser ce qui arrive toujours en dernier dans notre liste des priorités. Du temps pour soi. Trop de temps.

Certains vivent bien dans la pleine liberté, sans obligations. Pour d’autres, la routine, l’organisation, l’action constante permettent de garder contact avec la réalité. Pendant que certains créent dans le chaos, d’autres y perdent tous repères. S’organiser soi-même quand la vie l’a toujours fait pour toi, ce n’est pas facile. Alors que les marginaux jubilent de voir le monde rouler à leur manière, les pragmatiques s’égarent. Ne trouvent plus de logique où se raccrocher. La peur de l’inconnu. Rien de ce qui se passe en ce moment n’est déjà arrivé. On ne pouvait pas y être prêts, y être préparés.

Et puis, cette phobie sociale qui s’installe tranquillement. Cette angoisse qui monte lorsqu’il faut remplir le frigidaire. Quand il faut quitter nos nids aseptisés pour l’horrible monde extérieur qui nous était pourtant si familier et confortable il y a quelques semaines. Affronter les autres qui doivent eux aussi nous affronter. S’en distancer à contre-cœur. Réaliser qu’on ne contrôle rien. Que tout ça, c’est beaucoup plus gros que nous. Que tout a changé et que peut-être plus rien ne sera comme avant. Essayer de garder le moral, mais s’en vouloir chaque fois qu’on flanche.

Commencer à regretter tous les privilèges qu’on avait sans même s’en rendre compte. Serrer les gens qu’on aime dans nos bras sans se demander si c’est la dernière fois. Les meetings café du matin avec les filles du bureau, les soupers entre amis, les 5 à 7 avec les vieilles copines. Le droit et le choix de se divertir comme bon nous semble. La chance d’avoir tous ces droits et ces choix.

Espérons que cette crise nous apprendra quelque chose. En tant que société, en tant qu’individu. Apprendre la valeur de l’humain que nous sommes tous. Et de beaux humains, il en rayonne plein depuis le début. Si certains croient que les drames font ressortir le pire de nous, je crois sincèrement qu’il en fait ressortir le plus beau, le plus doux.

Évidemment tout ça n’est pas terminé. Nous en avons pour des années à nous reconstruire collectivement. Sur des meilleures bases, cette fois. Et en attendant qu’on y arrive, cessons de nous juger. C’est OK de profiter de la situation pour s’améliorer, mais c’est OK aussi d’enchaîner les séries Netflix en cherchant notre âme dans les craques du divan entre deux épisodes de Tiger King. C’est OK de rester en mou du matin au soir et que les Joe Louis soient notre repas le plus nutritif de la journée. Donnons-nous le droit de vivre ce qu’on a à vivre sans jugement. Pis ça va bien aller.

 

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A.

Source photo: Unsplash

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