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Mes tops lectures de 2020

Je ne serai certainement pas la seule à commencer mon texte avec le fait que nous venons de traverser une période très difficile, et ce, à plusieurs niveaux. Cette année, nous avons vécu plusieurs séismes sociaux: COVID-19, Black Lives Matter, vague de dénonciations d’agressions à caractère sexuel, Justice for Joyce, installation et démantèlement du camping Notre-Dame, pour ne nommer que les plus «populaires». Travaillant dans un service essentiel s’adressant aux populations marginalisées, j’ai subi chacune de ces vagues, tant professionnellement que personnellement.

J’arrive au mois de décembre, comme plusieurs, épuisée, mais solidaire. Une chose est claire pour moi, nous devons, collectivement, s’arrêter et faire état des inégalités sociales. Les regarder en pleine face et les adresser pour arriver à un équilibre social où tout le monde a une place.

Les derniers mois ont été plutôt chargés. Je n’ai pas lu autant qu’à l’habitude. Simplement incapable ou inattentive au défilement des pages. Plusieurs livres m’ont tout de même marquée et ont su m’accrocher par leur puissance et leur sensibilité.

Voici la liste annuelle de mes lectures marquantes!

 

Les falaises – Virginie DeChamplain – La Peuplade

Mon premier coup de cœur de l’année. J’ai adoré cette lecture qui m’a emmenée en Gaspésie, en Islande. Dans un premier roman où les relations mère-fille sont complexes depuis plusieurs générations.

«V. vient d’apprendre que l’on a retrouvé le corps sans vie de sa mère, rejeté par le Saint-Laurent sur une plage de la Gaspésie, l’équivalent « du bout du monde ». Elle regagne là-bas, brusquement, sa maison natale, et se confectionne une « île » au milieu du salon venteux, lieu désigné pour découvrir et mieux effacer – ou la ramener – l’histoire des femmes de sa lignée à travers les journaux manuscrits de sa grand-mère. V. se voit prise dans sa lecture, incapable de s’en détacher. Sa seule échappatoire réside derrière le comptoir d’un bar au village, dans une chevelure rousse aérienne, et s’appelle Chloé.» – Les libraires.

 

Menthol – Jennifer Bélanger – Héliotrope

Ces relations compliquées entre mère-fille semblent être une thématique plus que populaire, et qui a fait partie de plusieurs de mes lectures cette année. Autre livre l’abordant, Menthol, fait le lien entre la santé physique et mentale. Comment les relations passées, présentes, peuvent affecter le corps du même mal être.

«Une jeune femme aux prises avec des douleurs chroniques cherche à comprendre et à apprivoiser son mal. Depuis quelque temps, elle s’évanouit dans les lieux publics, sans que la médecine puisse l’expliquer. Des années plus tôt, elle a rompu avec sa mère, alors que cette dernière était hospitalisée. Tout semble pourtant la ramener à l’enfance, dans un univers clos, en tête à tête avec une mère qui passait ses journées en robe de chambre devant la télé, à fumer.» – Héliotrope

 

Petites annonces – Nicholas Giguère – Hamac

Un petit livre, qui m’a pris quelques temps à lire. Sincèrement, j’ai trouvé cette lecture difficile, puisque le contexte est terriblement loin de ma réalité. L’auteur dévoile au grand jour le plus cru du monde du dating gai. Certainement, ce livre amène une grande réflexion sur les relations intimes, sexuelles, mais aussi sur le mode de consommation du sexe, de l’autre, comme objet sexuel. Lecteur-trice averti-e seulement.

«S’inspirant librement des petites annonces d’hommes à la recherche d’hommes, telles qu’on pouvait les lire, il n’y a pas si longtemps encore, dans la presse gaie, et qui pullulent désormais sur des sites comme Gay411 et Grindr, Petites annonces dévoile l’intimité d’hommes anonymes, leurs attributs physiques, leurs orifices béants, leurs corps ruisselants de sperme. Leurs ignominies multiformes, leurs discriminations tous azimuts, leur homophobie intériorisée. Leurs désirs aussi, souvent inassouvis, parfois hors normes. Leur désir de toucher d’autres hommes, de les palper. D’être touchés. Aimés, peut-être.» – Hamac

 

Daddy – Antoine Charbonneau Demers – VLB Éditeur

D’abord publié sur Internet dès les premières semaines du premier confinement, VLB édite Daddy en septembre 2020. C’est justement un livre qui aborde la pression de la réussite, du fame et de l’amour que plusieurs vivent actuellement.

«C’est l’histoire d’un jeune homme, ancien acteur tanné de jouer des hétéros, devenu écrivain, qui soigne une vilaine chlamydia dans les premières semaines de la pandémie. Appelons-le Fiston. Fiston pense à Daddy, son amant banquier de vingt ans plus âgé que lui, au pénis énorme qui n’aime pas les livres. Ensemble, ils ont vécu une aventure torride. Le problème, c’est que Daddy lui a dit « mon amour », un jour, puis une autre fois, « je t’aime » ; il s’est excusé, mais il l’a redit. Daddy est amoureux, et Daddy est jaloux. Ça gâche tout.» – Les libraires

 

Je n’en ai jamais parlé à personne – Martine Delvaux – Héliotrope

Des dizaines de paroles prises dans discours, récits et témoignages différents. Pourtant, ces différentes versions racontent toutes cette même histoire. Celle de la violence faite aux femmes.

«En octobre 2017, devant la vague de témoignages suscitée par le mouvement #moiaussi, j’ai senti une urgence : une fois sorties du silence, nous ne devions pas y retourner. C’est la raison pour laquelle j’ai lancé un appel. Ce livre est une chambre d’échos. Un chœur. Sans déesse ni héroïne en tête, des voix avancent. Nous faisons front commun.» – Martine Delvaux, Héliotrope

 

Un espace entre les mains – Émilie Choquet – Boréal

Au début, je me disais: bon, encore un livre sur la maternité. Des fois, trop c’est comme pas assez. Par contre, j’ai été rapidement surprise par l’honnêteté des propos de la narratrice. Plutôt que de vivre la maternité parfaite, souhaitée de toutes, l’auteure fait preuve d’une grande sensibilité pour raconter les épreuves réelles du rêve de plusieurs d’entre nous.

«Mais dès l’accouchement, où le scénario prévu ne se réalise pas, le savoir accumulé pendant des mois se retourne contre la mère. Le corps et l’esprit, apprend-elle, n’agissent pas toujours de concert. De retour à la maison, la nouvelle mère fait face à la fatigue qui s’accumule et à des journées où s’enchaînent séances d’allaitement, bercements, changements de couche. Malgré ses efforts pour éviter que la situation ne lui échappe, des failles apparaissent partout. Dans l’espace qui se creuse entre sa perception du monde et le réel, sa raison s’égare peu à peu. L’hospitalisation devient nécessaire. … Comment reprendre pied quand on a chèrement payé le prix du divorce entre corps et raison, maternité rêvée et maternité réelle ? Dans ce court récit fait de fragments aussi justes que puissants, où l’humour noir côtoie le poignant, Émilie Choquet rend compte avec une grande acuité de l’expérience d’une pensée en déroute. C’est toute la violence des exigences imposées aux mères qui est dévoilée du même souffle.» – Les libraires

 

Shrapnels – Alice Rivard – L’écrou

Un livre qui était dans ma bibliothèque depuis plusieurs semaines, voire mois. Ça m’arrive toujours, j’en achète tellement que j’en laisse de côté. C’était une erreur. Ce livre doit être ouvert, doit être lu, c’est vraiment un essentiel.

«Shrapnels, c’est une femme qui glisse, avec peu de choses pour s’accrocher, qui voudrait en finir parfois mais qui n’a d’autre choix que de se blinder, pour voir un peu de lumière passer par l’écoutille et déposer une autre cenne noire dans le pool d’espoir.» – L’écrou

Les entailles – Marie-Élaine Guay – Poètes de brousse

Mon livre préféré de l’année. J’ai encore de la difficulté à mettre les bons mots pour bien faire ressortir tout ce que j’ai éprouvé durant cette lecture. C’est un livre plein d’épreuves douloureuses, l’une à la suite de l’autre, si ce n’est pas l’une par-dessus l’autre. C’est certainement une lecture bouleversante, percutante, qui met à nu des pensées, des sentiments que l’on garde au plus profond de nous, parce que c’est laid.

«J’aurais aimé qu’une autre femme écrive ce livre. J’aurais préféré le lire, qu’il s’agisse du récit de quelqu’un d’autre. Je ne sens pas que j’ai un choix, je ressens plutôt là une nécessité, une courbe qui arrive trop vite et à laquelle je dois me plier pour éviter un terrible fracas. Il vient un moment où il faut cesser de raconter des conneries. Je crois qu’il faut dire la vérité lorsqu’on écrit des livres, même si celle-ci est coulante, risque de nous humilier. Même si nous préférerions que ces vérités soient des mensonges, il faut pourtant raconter, décrire dans le plus grand détail les envies de mourir, de tuer, ou les deux à la fois. C’est l’accumulation des mensonges que l’on se raconte et que l’on raconte aux autres qui raidit nos corps, éradique nos âmes et nous prédispose à ce que certains nomment la folie.» – Marie-Élaine Guay, Les libraires

 

C’est quoi l’amour? – Lucile de Pesloüan & Geneviève Darling – L’Isatis

J’ai pleuré tellement ce livre est beau. Beau dans les messages et beau à regarder. C’est un livre sur l’amour, la liberté d’aimer de la manière qui nous convient, mais surtout la personne que l’on choisit. C’est un livre sur l’amour de l’autre et de ce qui nous entoure.

«L’amour est un sentiment plus grand que nature. Dans ce livre, vous ne trouverez ni la recette du grand amour, ni des cœurs à toutes les pages, encore moins une définition de l’amour. Mais vous trouverez des réponses, celles qui vous conviennent, et des déclarations d’amour, celles qui vous ressemblent.» – Les libraires

Je suis une maudite sauvagesse – An Antane Kapesh – Mémoire d’encrier

Deuxième édition du livre de An Antane Kapesh. Un livre écrit avec le cœur, avec la vie. On lit l’autrice qui raconte le colonialisme, le racisme systémique, l’intimidation, l’assimilation pour ne nommer que quelques réalités vécues par les personnes autochtones.

«An Antane Kapesh signe un réquisitoire accablant contre les Blancs : « Quand le Blanc a voulu exploiter et détruire notre territoire, il n’a demandé de permission à personne, il n’a pas demandé aux Indiens s’ils étaient d’accord.» – Les libraires

 

Je crois que mes lectures préférées de cette année reflètent bien les grandes lignes qui ont marqué 2020. J’espère que vous pourrez trouver dans cette liste quelques titres qui vous plairont autant que moi. Je vous souhaite un doux temps des fêtes, du bonheur et de la bienveillance pour les personnes qui vous entourent, de près ou de loin.

Bonne lecture xo

 

 

Alexe.

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Source photo: Unsplash

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