J’ai pas de couilles…


ÉTATS D'ÂME, TEXTES DE G., x / mercredi, mars 1st, 2017

Je me confie à vous aujourd’hui, je vous l’admets : j’ai pas de couilles. Je vous parle pas au sens propre, ça je l’ai remarqué depuis que je suis assez jeune. Je vous parle au sens figuré : je suis pissou. Je vous parlais dans un autre texte de la maudite phobie de l’engagement en déplorant ce phénomène, mais dans le fond, je suis pas mieux. Je suis là à dire que je veux m’engager, que je veux trouver quelqu’un qui va être mon complice, avec qui je vais bâtir de quoi. Bullshit. Je suis pas mieux que les phobiques de l’engagement au fond. Je suis une paresseuse qui a pas de couilles, c’est ça que je suis. De quoi j’ai peur? J’ai peur d’avoir mal, j’ai peur de ressentir. Pis je suis paresseuse parce que j’ai pas envie de faire des efforts. J’ai pas envie de travailler sur une relation, je l’ai trop fait. Je suis épuisée, je suis tannée, pis j’aime mieux m’assumer en tant que « pas de couilles paresseuse » plutôt que d’essayer encore. Du jus, je n’en ai plus.

Je vous l’ai déjà dit, je suis bien seule. Mais pas juste dans le sens que j’aime ça écouter mes téléromans le mardi soir, un verre de vin à la main, dans le confort de mon foyer avec mes chats. Dans le sens que je ressens une paix intérieure et je suis heureuse quand je suis seule, en général. J’ai du fun avec mes amis extraordinaires, je ne dois rien à personne, je suis passionnée par mes entraînements, j’ai un emploi que j’adore et une famille exceptionnelle… Bref, j’aime ma vie! Le seul moment où j’en doute, c’est quand le monde me demande comment ça se fait que je suis célibataire… Parce que je suis bien! C’est si difficile à comprendre par notre société? Quand je suis seule, je me dis même parfois : « Eh que j’ai pas hâte de rencontrer quelqu’un, qui va venir compliquer tout ça et m’enlever mon sentiment de bonheur paisible! ». Pourquoi je me dis ça? Parce que chaque fois que je suis en relation ou que je fréquente quelqu’un, c’est toujours compliqué.

Premièrement, je tombe TOUJOURS sur un phobique de l’engagement (j’ai un pattern que ça s’appelle, mais je vous ferai pas un cours de psychologie 101). Sans joke, on dirait que je les attire comme un cadavre d’animal attire les mouches. Faque là, ça me rend insécure, parce que le gars a l’air ben down au début, mais sa peur de l’engagement fait rapidement surface. Pis là, je me ramasse à courir toute seule et à faire des efforts unilatéraux pour que la « relation » fonctionne et à me demander pourquoi. Ça m’épuise, ça me fait me poser mille et une questions et ça me rend malheureuse.

Deuxièmement, je pense que je suis trop exigeante. Dans ma tête, je demande juste la base, genre : un bon gars loyal, fidèle, avec qui j’ai une complicité, qui me fait passer en priorité et me fait sentir importante. Ça a l’air que c’est pas si basic que ça. Quand tu pognes un phobique de l’engagement en tout cas, c’est comme demander la lune (surtout les deux derniers points). Donc, je ne suis jamais satisfaite. Je finis par me dire : « Ben voyons! Pourquoi je me suis imposée ça? J’étais bien toute seule avant que ce gars-là arrive dans ma vie et vienne tout chambouler… Pourquoi je l’ai laissé faire? ». Il me semble qu’une relation, ça devrait apporter une plus-value à ma vie et non l’inverse… non?!

Donc, souvent, ce qui finit par se passer, c’est que c’est moi qui mets un terme à tout ça, par peur de me faire blesser et parce que j’en ai marre de pédaler tout seule. Alors voilà pourquoi je vous annonce aujourd’hui que j’ai pas de couilles et que je suis paresseuse. Parce que ça me semble beaucoup plus simple et sécurisant d’être heureuse toute seule avec mes chats que de dealer avec ces émotions-là. Dans le fond, c’est peut-être moi qui fuis l’engagement? Je suis mêlée… Mais je vous l’ai déjà dit : je me pose trop de questions. Je vous laisse, je m’en vais me faire pousser une paire de couilles. Cette fois-ci, je ne veux pas m’enfuir.

 

 

 

G.

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