ÉTATS D'ÂME DÉVELOPPEMENT Maman Personnel STYLE DE VIE TEXTES DE A.

Mon petit mou de maman

Ça ne m’était jamais arrivé avant. Ça s’est installé sournoisement. Sans même que je n’aie le temps d’y mettre fin. Sans pouvoir arrêter ce délire mental. Je ne sais pas si c’est venu avec la trentaine ou la quarantaine (celle du virus, pas du chiffre), mais ça s’est glissé petit à petit dans ma tête et c’est vite devenu très gros. Obsédant et envahissant. Cette pensée néfaste que mon corps n’était pas assez. Pas trop. Juste pas assez.

J’ai toujours eu un rapport positif avec mon apparence physique. Je me suis toujours trouvée plutôt jolie et la nature m’a dotée d’un physique qui répond bien aux standards de beauté. Mais dernièrement, j’ai réalisé qu’en matière de beauté corporelle, j’avais encore bien de la place à l’amélioration. Que je n’avais rien en trop, mais rien d’assez non plus. Pas assez mince, pas assez ferme, pas assez juvénile, pas assez lisse et parfaite.

Évidement l’abondance de temps m’a permis de passer des heures entières à me comparer avec les instagrammeuses fit qui s’entrainent jour et nuit. Qui ont à peine 20 ans et qui n’ont pas eu deux enfants. J’ai eu le temps de me magasiner des complexes plus malsains les uns que les autres. De développer une obsession sur les injections dans le gras de coup du Facetime. De magasiner l’entraînement le plus destructeur possible pour mes petits mous.

Passer des heures à me demander ce que je peux manger sans que ça ne laisse de traces. Pour finalement jeuner parce que c’est plus simple que de gérer ma culpabilité d’avoir mal choisi ma collation. Enfiler mes souliers de course et aller défouler ma rage de ne pas manger à ma faim. Me battre contre la nausée et les étourdissements qui me prennent parce que maudit que je vais être belle avec 10 livres en moins. Moi aussi je vais mettre des photos de mes abs sur Instagram. Rentrer et m’entraîner jusqu’à ce que je m’effondre en larmes devant cette stupide ex-ballerine au corps parfait qui me dit de rentrer mes fesses et d’«embrace the burn». Passer 20 minutes à m’observer et à me critiquer dès que j’ai le malheur de croiser un miroir.

Cette nouvelle lubie est en train de me pourrir la vie. Elle prend toute la place et m’empêche de jouir du plaisir de manger ce qui m’était, il n’y a pas si longtemps, tellement agréable. Je n’avais jamais eu ce genre de problème avant. Jamais eu à me priver de quoi que ce soit ou à me forcer à bouger, même malade comme un chien. Jamais eu cette culpabilité ou cette voix intérieure qui me dis que je n’en fais pas assez. Que ça pourrait être mieux. Que ça doit l’être. Logiquement, je le sais bien que ça n’a aucun sens. Que je suis très bien comme je suis. Que le travail à faire est sur mon amour propre et non sur la quantité de glucides que j’ingère.

C’est nouveau pour moi. Je ne sais pas comment gérer ce dégoût pour mon propre corps qui était autrefois mon meilleur allié. J’attends que ça passe. Je me souhaite que ça ne dure pas. J’évite Instagram et toutes ces filles plus minces les unes que les autres. Quand tu mesure 5pi7 et pèse 120lbs, tu n’es pas censée arrêter de manger et te surentraîner. Tu rentres dans le standard de ce qui est supposément un beau corps. Alors tes plaintes sonnent comme du chialage d’enfant gâtée aux yeux des autres. Mais la détresse elle est bien réelle. Je voudrais vraiment que ça cesse. Je voudrais l’aimer mon petit mou parce qu’après tout, il a donné la vie.

 

 

 

A.

Source photo: Unsplash

Champagne & Confetti

Blogue mode, beauté, style de vie et développement.

À lire aussi...

Laisser un commentaire