ÉTATS D'ÂME DÉVELOPPEMENT Personnel TEXTES DE PM. Voyages x

Un an après le grand départ, la vérité.

Il y a un an pile, le 13 novembre 2019, j’étais dans un petit café dans ma nouvelle ville: Lyon, en France. J’écrivais mon premier article pour ce blogue, qui deviendra aussi le mien moins d’un an plus tard.

Je me sentais nouvelle femme dans ce petit café, je respirais la fierté. Tout cela vous semblera romancé, mais aujourd’hui, je vous écris la vérité. La vraie vérité du pourquoi j’ai tout vendu pour quitter le Canada.

Été 2018. J’habite seule dans mon petit appartement à Montréal. Je suis entourée de sacs de poubelles. Je me sens envahie et je n’ai plus de point de repère. Mon bloc appartement a été victime de punaises de lits. Tous mes meubles, mon confort. Moi qui suis la personne la plus dédaigneuse, je vis un mal-être tous les jours depuis plusieurs semaines.

J’ai honte, je ne dis rien au travail et j’encaisse. Je suis épuisée de dormir sur des sacs de poubelle, épuisée de dormir les lumières ouvertes. Surtout, je suis tellement épuisée de pleurer chaque soir que c’est ce sentiment qui m’aide à tomber dans les bras de Morphée.

Automne 2018. Je crois que mon inconfort se termine après un déménagement qui me coûtera tous mes meubles. Et un épuisement mental suivi de plusieurs séances psychologiques de près. Je déménage vers mon nouvel appartement en taxi, tellement j’ai dû tout laisser derrière moi.

Sur les réseaux sociaux, je suis des femmes inspirantes qui se départissent de tout pour voyager. Elles n’ont rien d’autre qu’un sac à dos et cela me fait rêver. Je les envie, je vois ma malchance comme une porte de sortie pour vivre ce désir, mais l’évite en me disant que ce n’est pas réaliste.

Mon compte bancaire qui ne me permettra pas de repartir en solo en appartement, je crois que la colocation me semble l’idéal.

« Me semble ».

Été 2019. Cela fait presqu’un an que je pense à répétition à cette porte que je n’ai pas prise. À ce rêve de tout me départir pour explorer, et surtout, sortir de ma zone de confort. Un an que la vie m’envoie tous les signes pour que je le fasse, mais que je les nie.

Les échecs amoureux, la déception au boulot et surtout, l’anxiété à la maison. La colocation n’était pas l’idéal, finalement.

Je pleure en silence le soir dans la baignoire. Je pleure, car j’ai l’impression de n’avoir pas pris cette chance de vivre hors de ma zone de confort. Le fond de la baignoire n’a jamais été si profond. Je ressens cette profondeur. Je m’y conforme. Je veux y rester.

Exactement au même moment, j’ai eu cette lumière sombre devant les yeux. Je suis tentée de m’y accrocher lorsque je me demande: « Si cet instant est ma dernière fois, quel sera mon plus grand regret? ». Cette image de tout vendre et de partir me revient en tête.

Automne 2019. J’ai quitté mon emploi, ma chambre d’appartement est vide (sans l’avoir voulu). Il ne reste que moi et ma valise à l’aéroport YUL. Ma mère pleure de l’autre côté de la barrière. Nous pleurons de ne pas savoir lorsque sera notre prochaine rencontre. Je pleure de fierté, je pleure surtout de bonheur.

Je suis cette femme qui m’inspire, je suis cette femme qui ose plonger dans le vide. Je célèbre seule au bar en attendant mon vol vers Lyon. Je suis remplie de confiance et je ne sais pas encore à quel point j’y ferai des rencontres plus qu’incroyables.

Je ne sais surtout pas que j’irai retrouver la personne que j’avais mise de côté. Moi. Celle qui est souriante, fonceuse, indépendante et surtout, amoureuse.

Automne 2020. Un an plus tard et réellement heureuse. Je pense encore à cette expérience plus qu’enrichissante que je me suis permise.

Depuis mon départ, tout s’aligne enfin et surtout, tout va mieux. Je travaille maintenant dans le domaine de mes rêves. Je suis en couple et complètement amoureuse de mon nouveau copain.

Mais surtout, j’aime enfin la femme que je vois chaque matin dans mon reflet. Tout ça, parce que j’ai écouté mon désir de sortir de ma zone de confort. Parce que parfois, nous avons besoin de vivre des petits malheurs pour enfin l’écouter.

 

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PM.

Source photo: Pascale Messervier

Champagne & Confetti

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