Lorsque «colocation» rime avec «enfer»

Dans la vie, il y a 2 types de personnes; les gens qui font confiance aux autres dès le premier instant et ceux pour qui la confiance se gagne et se bâtit avec le temps. Moi, j’ai une confiance aveugle que je donne à toutes les nouvelles personnes qui entrent dans ma vie. Vous me trouvez naïve peut-être et vous avez probablement raison. Je me considère aussi comme une personne facile à vivre. Je ne cherche pas le trouble, je fais mes petites choses sans déranger, je me ramasse ou plutôt je fais de gros efforts pour ne pas trop me laisser traîner. Malgré tout ça, je ne veux plus jamais habiter en colocation. Plus jamais!

Ça avait pourtant quand même bien commencé; je devais me trouver un coloc rapidement, parce que je venais de mettre fin à ma relation. Désespérée, j’ai commencé à regarder les recherches et demandes sur Internet. Je suis alors déménagée avec un jeune homme qui avait mis une annonce sur Kijiji. Il était très sympathique. La seule chose qui dérangeait était qu’on n’avait pas du tout le même mode de vie. Il travaillait de soir, il rentrait donc aux petites heures du matin, se préparait à manger et s’installait au salon juste à côté de ma chambre et de mon sommeil très léger et fragile. Somme toute, c’était une belle et courte histoire à laquelle j’ai voulu mettre fin simplement parce que je voulais me rapprocher de mon travail et de ma famille.

J’ai donc retenté le même scénario. Un autre jeune homme qui cherchait à s’établir dans un coin tranquille, en banlieue; exactement ce que je désirais. Je l’ai rencontré plusieurs fois et tout semblait normal. Nous avons même fait des visites d’appartements ensemble pour trouver quelque chose qui convenait aux deux. Jamais, pendant tout le processus de recherche, je n’aurais pensé que quelque chose clochait. Je vous l’ai dit; je fais légitimement confiance. J’aurais dû me douter de quelque chose lorsqu’il m’a demandé de faire l’enquête de crédit à mon nom uniquement. Mais, je voulais tellement retrouver ma petite vie tranquille, j’étais tellement emballée par mes nouveaux projets, que j’ai fermé les yeux et je n’ai pas plus investigué.

Quelques semaines plus tard, nous emménagions ensemble. Puis, à peine une semaine après, tout à commencé à dégénérer. Je ne comprends toujours pas ce qui s’est passé à 100%. Est-ce une maladie mentale qu’il avait réussi à contrôler lorsqu’on apprenait à se connaître? Est-ce la prise de drogues fortes que j’ai appris plus tard qu’il prenait? Je ne sais toujours pas. Je sais avec certitude par contre qu’il était paranoïaque, qu’il s’imaginait que tout le monde lui voulait du mal. Qu’il buvait et consommait à tous les soirs. Qu’il était impatient, agressif verbalement et psychologiquement à mon égard et qu’il s’arrangeait très bien pour me faire savoir que c’était SON logement. Je vivais dans ma chambre, je faisais tout pour éviter de le croiser.

Heureusement, je ne suis pas le genre à me laisser marcher sur les pieds, parce que cette horreur aurait pu durer longtemps. Je me suis sortie de cet endroit qui n’était aucunement mon chez-moi, mais tout ça avec d’énormes conséquences. Monsieur est demeuré à cette adresse, qui était bien évidemment à nos deux noms, en cessant tout paiement. J’ai dû faire appel à la Régie du logement afin de faire cesser le bail (tout ça prend énormément de temps et d’énergie). Et puis, les mois précédents devaient être remboursés au propriétaire. Ayant le plus gros salaire et un emploi stable contrairement à lui, les huissiers se sont jetés sur moi. J’ai finalement payé la totalité des 5 mois de loyer dont je n’ai même pas pu profiter… Je les paye toujours d’ailleurs… #vivelesintérêts

Bref, la confiance est une bien belle chose, mais il ne faut pas se laisser berner par la beauté des choses. Vous savez, la fameuse phrase : « C’est trop beau pour être vrai », je me la répète souvent maintenant et je mets un frein à cette confiance aveugle et naïve que j’ai. Après tout ça, maintenant, j’habite seule et même si mon loyer me coûte le double du prix par mois, la tranquillité d’esprit que ça me procure en vaut clairement la peine.

 

 

L.

laura

Source photo : Pinterest

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