Mini capsule sur l’anxiété


DÉVELOPPEMENT, Personnel, TEXTES DE S-M., Trucs et astuces, x / vendredi, mai 11th, 2018

Tout d’abord, je tiens à préciser que je ne suis pas docteur et que je ne prétends pas avoir fait 9 thèses sur l’anxiété. Je travaille cependant tous les jours, et ce depuis plusieurs années, avec une clientèle souffrant de trouble anxieux.

Si tu lis ce texte pour guérir ton anxiété avec des moyens magiques, tu peux aller écouter des vidéos de personnes qui se plantent, tu trouveras pas la solution dans mes écrits. Que tu l’aimes ou pas, ton anxiété ne partira jamais complètement, elle est comme le poil de chien sur le linge, tu apprends à vivre avec. Tu peux la gérer par contre, prendre le dessus et la mettre en laisse. Imagine-toi, te pavanant dans la rue avec ton trophée de chasse au bout de la laisse, tu l’as eue la mautadine, tu l’as domptée!

J’entends souvent «Un verre de vin ça me relaxe». Je trouve ça super, à chacun ses moyens. Mais quand l’anxiété monte, que tu te noies dans tes pensées et tes scénarios catastrophiques, est-ce qu’un seul verre de vino va tout changer? Est-ce qu’en plein crash d’avion, tu commanderais un petit verre et tu «chillerais» ta vie en voyant ta mort défiler devant tes yeux? La réponse est NON. En fait, j’espère que c’est non. Je te conseille de consulter rapidement un spécialiste si un petit rosé de la France t’enlève toute crainte de finir écrapouti sur l’asphalte en tombant du ciel.

Les moyens de relaxation sont effectivement très importants pour gérer son anxiété, mais avant cela, il faut reprendre le contrôle, reprendre les commandes. Je t’entends déjà me dire «Mais j’essaye tab%**&**, c’est facile à dire et difficile à faire». Tu as raison, c’est dur, mais tu peux y arriver.

Tout d’abord, trouve un endroit calme si cela est possible parce que c’est encore plus difficile de se concentrer à aller mieux avec plein de stimuli autour. Par la suite, calcule approximativement le pourcentage de chances que le scénario catastrophique qui se déroule dans ta tête se produise réellement (tu peux traîner dans ta sacoche une calculette scientifique si tu es pas bon en maths). Exemple: j’ai aucun souvenir si j’ai fermé mon fer plat et mes 3 chats sont à la maison. C’est ÉVIDENT que la maison va être calcinée à mon retour et mes minous seront morts dans d’atroces souffrances.

Question 1: Combien de fois ai-je oublié de fermer le fer plat?

Question 2: Qu’est-il arrivé lorsque je l’ai oublié?

Si tu l’as oublié souvent et qu’il n’est rien arrivé, ça te donne une bonne idée que tu n’auras pas à organiser des funérailles félines.

Si tu as besoin de plus, tu peux faire une liste des solutions possibles qui n’inclut jamais l’option «paniquer». Je te propose de l’écrire, ça rend les choses plus concrètes:

  • Retourner chez moi pour aller sauver les chats;
  • Regarder sur internet mon modèle de fer pour savoir s’il y a un dispositif de sécurité en cas de chauffage prolongé;
  • Appeler ma mère qui habite à deux maisons pour qu’elle aille vérifier;
  • Commander des Kleenex parce que je vais être ben triste s’ils sont morts;

 

Ensuite, tu les relis en te mettant dans la peau de quelqu’un d’autre de ben rationnel avec un calme incroyable, genre le gars des nouvelles à TVA. Tu choisis ce qui semble le plus logique et tu réfléchis aussi aux conséquences de ce geste-là. Parce que des fois, on se sent assez loser d’avoir pris une décision sur le coup de l’émotion, donc avant de caller la gendarmerie royale pour aller voir si ton fer est éteint, fais d’autres démarches.

Si ça ne marche pas, tu peux demander conseil à quelqu’un qui va t’aimer pour la vie peu importe ce qui t’envahit. Ne choisis pas ton patron, ton nouveau chum de v’la 2 jours ou une collègue mémère, ça va juste te nuire. Ne tombe pas non plus dans un des pièges de l’anxiété qui est de vouloir se faire rassurer exagérément par les autres, d’en parler à tous et de faire un sondage planétaire sur ce que tu dois faire. Il faut lentement et sûrement apprendre à se faire confiance, à s’autoréguler et à diminuer notre besoin des autres pour se sentir mieux.

Le deuxième piège est l’évitement. Je l’avoue, c’est vraiment tentant d’éviter les situations qui nous rendent anxieux. Mais lorsqu’on fait ça, on dit à notre cerveau qu’il a raison de stresser, que c’est vraiment très dangereux la situation. On évite de croiser un tigre en liberté qui n’a pas mangé depuis 6 mois, car on peut clairement mourir sous une molaire, mais un entretien d’embauche se termine rarement aussi mal.

Bref, le petit verre de vino, le spa, l’activité physique et la musique peuvent être des moyens super pour se relaxer, mais lorsque vous êtes dans le tsunami de l’anxiété, il vaut mieux reprendre le contrôle avant de se noyer complètement.

 

 

 

S-M.

sarah maude

Source photo: Unsplash

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